
À peine deux mois que Bally PagailleAndCo a été porté à la mairie par ses potes narcos, et c’est déjà un souk pas possible à Saint-Denis. Le magazine Frontières lui a consacré un numéro spécial, intitulé « Bally Bagayoko : la victoire des dealers », sorti en kiosque ce 29 avril. Ce numéro de 160 pages présente une enquête approfondie sur l’ascension politique de celui qui pourrait bientôt faire beaucoup d’ombre au dealer maximo Mélenchon, et met en lumière ses liens entre sa victoire électorale et les réseaux de trafiquants de stupéfiants locaux.
Les réseaux narcos à l’œuvre
Des individus connus pour leurs liens avec le trafic de stupéfiants, comme Sidi Badara, ont soutenu sa candidature et cherchent désormais à exercer leur influence au sein de la mairie, ce qui ne devrait pas leur être particulièrement difficile.
L’article évoque un environnement municipal où les tensions avec les forces de l’ordre s’intensifient, avec des témoignages de policiers inquiets de la montée en puissance de ces réseaux et de leur impunité totale. De très nombreux policiers municipaux ont demandé l’asile politique vers des tropiques plus sereins, entre autres Nice où le nouveau maire Éric Ciotti les a chaleureusement accueillis.
L’enquête révèle que les milieux criminels de la ville ont joué un rôle clé dans la victoire de « Baloo », et que les « choufs » (terme désignant des figures du trafic) s’installent ouvertement dans la ville, avec l’effondrement du nombre d’interventions policières pour démanteler les points de vente de drogue.
Le magazine souligne par ailleurs que cette élection symbolise la « Nouvelle France » chère à Mélenchon, où des dynamiques communautaires et idéologiques redéfinissent le paysage politique local. L’enquête s’appuie sur des témoignages de policiers, des sources internes et des documents pour étayer ses révélations.
Quel rapport avec Jacques Doriot, allez-vous me dire ?
Jacques Doriot, à l’époque membre du Parti communiste « français », a été maire de Saint-Denis de 1931 à 1937. Il n’est pas inutile de rappeler quelques-uns de ses faits d’arme.
Ouvrier métallurgiste à Saint-Denis, il s’engage très jeune dans le mouvement socialiste, puis adhère au PC « F » en 1920. Il en devient une figure importante, accédant au Comité central.
Ses désaccords avec la ligne du PC « F », notamment sur l’influence soviétique et la stratégie d’alliance avec les socialistes, entraînent son exclusion en 1934. Il fonde alors le Parti populaire français (PPF) en 1936. En 1937, il est démis de ses fonctions de maire de Saint-Denis par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Marx Dormoy, pour irrégularités dans la gestion des affaires municipales. Baloo a donc de qui tenir…
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Doriot s’engage dans la collaboration totale avec l’Allemagne nazie, créant la Légion des volontaires français contre le bolchévisme (LVF) en 1941. Il meurt en février 1945 en Allemagne, alors qu’il fuyait l’avancée alliée.
Pendant la période du pacte germano-soviétique (23 août 1939-22 juin 1941, soit pendant les plus sombres des heures les plus sombres de notre histoire), le Parti communiste « français », aligné sur la position de l’URSS, a mené des actions de sabotage dans les usines d’armement françaises. Dès l’automne 1939, des archives militaires confirment des actes de sabotage commis par des communistes dans des usines de la région parisienne, comme la Société d’Application Générale d’Électricité et de Mécanique, l’usine de bougies BG, ou encore Renault à Boulogne-Billancourt, où des chars ont été ciblés.
Ces actions s’inscrivaient dans une campagne de « défaitisme révolutionnaire », encouragée par des dirigeants communistes comme Jacques Duclos, qui a explicitement demandé, dans une lettre du 5 janvier 1940, d’« orienter les ouvriers vers le sabotage des fabrications de guerre destinées à la Finlande » (alors en guerre contre l’URSS). Jacques Doriot est à cette époque aussi pro-nazi que l’est son ancien parti.
Ces sabotages visaient à affaiblir l’effort de guerre français, en accord avec la ligne du Komintern, qui considérait la guerre comme un conflit « impérialiste » entre capitalistes.
De nombreux socialistes et communistes ont été des figures-clé du régime de Vichy. Outre Doriot, petit florilège :
Pierre Laval : Socialiste (SFIO), vice-président du Conseil sous Pétain, chef du gouvernement en 1942-1944, symbole de la collaboration
Marcel Déat : Socialiste (SFIO), puis fondateur du Rassemblement national populaire (RNP), parti collaborationniste. Il a été ministre du Travail et de la Solidarité nationale dans le gouvernement Laval en 1944
René Belin : Syndicaliste de la Confédération générale du travail (CGT), proche des socialistes, il a été ministre du Travail et de la Production industrielle dans le gouvernement Pétain (1940-1942). Il a joué un rôle clé dans la charte du travail de Vichy. Sous son impulsion, le gouvernement de Vichy a officiellement reconnu le 1er mai comme « Fête du Travail et de la Concorde sociale » par la loi du 30 avril 1941.
Adrien Marquet : Socialiste, maire de Bordeaux, ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Pétain (1940)
Charles Spinasse : Socialiste, a rejoint Pétain en 1940 et a participé à la collaboration
Gaston Bergery : Radical de gauche, a rallié Pétain et la collaboration dès 1940
François Mitterrand mérite un bel arrêt sur image :
Dans les années 1930, Mitterrand s’engage en politique au sein de la Jeunesse socialiste et adhère à la Ligue d’action universitaire républicaine et socialiste (LAURS), un mouvement proche de la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière, parti socialiste). Il participe également à des manifestations contre les ligues d’extrême droite. En 1937, il rejoint le Front populaire et travaille brièvement au cabinet du ministre socialiste Vincent Auriol. Son parcours politique de cette époque est marqué par des idées socialistes et antifascistes.
Mobilisé en septembre 1939, il est blessé et fait prisonnier en juin 1940. Il reste captif en Allemagne jusqu’à son évasion en décembre 1941.
De retour en France, il travaille comme contractuel de l’administration de Vichy, d’abord à la Légion française des combattants (une organisation vichyste), puis, à partir de mai 1942, au Commissariat général aux prisonniers de guerre, dirigé par Maurice Pinot. Pendant cette période, il collabore à des revues de propagande du régime, comme France, revue de l’État nouveau, et exprime une grande admiration pour le maréchal Pétain qui pense lui confier le Commissariat aux questions juives, une institution clé du régime, qui échoira finalement à Louis Darquier « de Pellepoix ».
François Mitterrand a noué des liens d’amitié avec René Bousquet, alors secrétaire général de la police de Vichy et à ce titre responsable de l’organisation de la rafle du Vél’ d’Hiv’ (juillet 1942). Ces liens se sont prolongés bien après la période vichyste de Mitterrand, jusqu’à la mort de Bousquet en juin 1993. En 1974, Bousquet a soutenu financièrement la campagne présidentielle de Mitterrand contre Valéry Giscard d’Estaing. Une photo les montre même réunis lors d’un repas familial dans les années 1970. Fidèle en amitié, Mitterrand a régulièrement fleuri les tombes du Maréchal Pétain et de René Bousquet.
Le 31 janvier 1943, c’est l’épilogue de la très meurtrière bataille de Stalingrad. La 6e armée allemande commandée par le général Friedrich Paulus se rend au général soviétique Konstantin Rokossovski. Pour l’Allemagne nazie, c’est clairement le début de la fin.
Mitterrand sent évidemment le vent tourner. En février 43, il démissionne très opportunément du Commissariat général aux prisonniers de guerre et crée un réseau de résistance fantôme dont il sera à peu près de seul membre. Ce qui ne l’empêche pas de recevoir la Francisque (une décoration créée par le régime de Vichy) en avril 1943, des mains-mêmes du maréchal Pétain, alors qu’il travaillait encore au Commissariat. Cette distinction, beaucoup plus élitiste que la Légion d’honneur, lui a été attribuée pour son « indéfectible engagement aux côtés du Maréchal Pétain, au service de l’Etat français« . Ce n’est qu’à l’été 1943 qu’il passe à la clandestinité complète. Il gagne Londres en novembre 1943 pour rejoindre le camp des futurs vainqueurs.
Pardon pour la longueur de cette digression, mais le personnage en valait le détour.
Conclusion, si Doriot – et beaucoup d’autres avec lui – fut un agent émérite des casques à pointe, Baloo est quant à lui l’un des agents les plus efficaces de l’ennemi mortel de la France, un cartel d’islamos, de gauchos et de narcos. Il est en cela le digne successeur des kollabos des années 40-45.
Henri Dubost