ÉCONOMIE - En France, les femmes gagnent 21,8% de moins que les hommes

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Dans le secteur privé en France, les femmes ont gagné en moyenne 21,8% de moins que les hommes et cet écart ne s’est réduit que de 0,4 point en 2024 par rapport à 2023.

Ce gouffre, dans le privé, vient en grande partie des temps partiels. Mais l’écart en équivalent temps plein «à emploi comparable» reste estimé à 3,6%.

Les femmes françaises gagnent en moyenne 21,8% de moins que les hommes hors emplois publics, selon les derniers chiffres datant de 2024 et révélé jeudi par l’institut national de la statistique, à quelques mois de l’échéance pour transposer une directive européenne sur le sujet.

Dans le secteur privé, les femmes ont gagné en moyenne 21,8% de moins que les hommes et cet écart ne s’est réduit que de 0,4 point en 2024, contre 0,9 point par an en moyenne de 2019 à 2023, selon l’Institut national de la statistique (Insee).

À ce rythme, il faudrait 54,5 années avant que cet écart moyen ne soit entièrement résorbé.

Cette inégalité se réduit donc moins vite qu’auparavant, même s’il faut relativiser ce ralentissement sur la longue période. Ainsi entre 1995 et 2001, le revenu salarial des femmes françaises était encore inférieur d’environ 34% à celui des hommes.

Pour 2024, ce revenu s’élève à 22'060 euros pour les femmes, contre 28'220 euros pour les hommes, soit un écart de plus 6000 euros.

Cette différence est due en grande partie aux temps partiels davantage exercés par les femmes et au fait qu’elles exercent des métiers moins rémunérateurs.

L’écart de salaire net en équivalent temps plein «à emploi comparable» est ainsi estimé par l’institut à 3,6%. Un écart qui subsiste en dépit d’une loi de 1972 qui pose le principe de l’égalité de rémunération pour «un travail de valeur égale».

La directive européenne sur la transparence salariale que la France doit en principe transposer au plus tard le 7 juin vise notamment à renforcer ce principe d’égalité.

Avec cette directive, les candidats à un poste devront recevoir des informations sur la rémunération initiale, ou du moins sa fourchette, et ceux en poste pourront accéder à des informations «ventilées par sexe» sur les niveaux moyens de rémunération des personnes accomplissant le même travail qu’eux ou un «travail de même valeur». Les entreprises devront justifier les écarts de rémunération supérieurs à 5% ou y remédier.

En Europe, selon les dernières données disponibles d’Eurostat qui datent de 2023 et procèdent d’un autre calcul que celui de l’Insee, le salaire horaire brut des femmes était inférieur de 12% à celui des hommes.

Ce chiffre, calculé sur d’autres bases – il prend notamment en compte le secteur public – était de 12,2% pour la France. Les quatre pays où cet écart était le plus grands étaient la Lettonie (19%), l’Autriche (18,3%), République tchèque (18%) et la Hongrie (17,6%). L’Allemagne était cinquième.

Louis Laugiéri - La France Libérée

Date de dernière mise à jour : 26/02/2026

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