LA FRANCE LIBÉRÉE

FINANCES - Les 6 milliards de Lecornu n’ont rien à voir avec la guerre

Lecornu : 6 milliards d'austérité en plus, des miettes pour calmer la  colère sur les carburants

C’est ce que l’on appelle une information qui tue le narratif officiel. Au moment même où le gouvernement macroniste cherche à faire porter à la guerre au Moyen-Orient la responsabilité de la dérive des comptes publics de 6 milliards d’euros.

Six milliards. C’est le chiffre qui fâche. Celui que Bercy n’a cessé de minimiser, de noyer dans le flot des explications géopolitiques et des menaces extérieures. Pourtant ces 6 milliards ne sont que partiellement le fruit d’une frappe israélienne en Iran ou d’une tension dans le détroit d’Ormuz mais de l’instabilité politique liée au maintien d’un régime minoritaire et d’une fuite en avant budgétaire dont Macron porte l’entière responsabilité. En effet sur ces 6 milliards, 3,6 provienne de l’alourdissement de la charge de la dette.

La hausse des taux : une conséquence de la gabegie macronienne, pas de la guerre

L’analyse recoupée par plusieurs sources budgétaires met en lumière un mécanisme simple mais implacable. Le gouvernement a bâti son budget 2026 sur des hypothèses de croissance et de taux d’intérêt qui se sont révélées, en quelques mois seulement, totalement obsolètes. Mais contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, ce n’est pas la guerre qui a changé la donne.

La cause principale de ce dérapage de 6 milliards, c’est l’explosion de la charge de la dette. Et qui est responsable de l’alourdissement de cette charge ? Les agences de notation, la presse étrangère et les marchés financiers sont unanimes : c’est l’instabilité politique et la mauvaise gestion des finances françaises.

Rappelons les faits. Sous l’effet de la dissolution calamiteuse de 2024 et de l’incapacité chronique du macronisme à dégager une majorité stable, du fait de sa détestation par les Français, la France a vu sa prime de risque s’envoler. L’écart de taux avec l’Allemagne a atteint des niveaux inédits depuis la crise grecque. Résultat : l’État français emprunte désormais à des taux bien plus élevés que prévu. Chaque point de base supplémentaire se traduit par des centaines de millions d’euros d’intérêts supplémentaires à verser. Cumulés sur l’année, ces « surcoûts » liés à la défiance des marchés représentent précisément 3,6 milliards d’euros sur les 6 milliards que Bercy cherche désespérément à économiser.

La véritable cause du mal : ce n’est pas la géopolitique, c’est la dégradation de la signature France.

Jean Lamolie

Date de dernière mise à jour : 30/04/2026

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