
« Le véritable obscurantisme ne consiste pas à s’opposer à la propagation des idées vraies, claires et utiles, mais à en répandre de fausses. » (Johann Wolfgang Goethe).
«… Si la franc-maçonnerie était jadis un esprit, d’ailleurs absurde, une pensée, d’ailleurs erronée, une propagande, d’ailleurs funeste, pour un corps d’idées désintéressées ; elle n’est aujourd’hui plus animée ni soutenue que par la communauté des ambitions grégaires et des appétits individuels… » (Charles Maurras).
Le 8 mai, jour de la fête de Jeanne d’Arc, j’étais en vadrouille avec mon Van dans le sud de la France et, sur je ne sais quelle radio, j’ai entendu un imbécile qui condamnait la fête de Jeanne d’Arc. Pour lui, cette célébration serait « une atteinte à la laïcité » qui ne devrait pas s’immiscer dans les célébrations de l’armistice du 8 mai 1945. Ceci me laisse perplexe : quand des dirigeants politiques, des ministres, des élus ou l’ineffable Jack Lang se rendent au dîner annuel du CRIF ou fêtent la fin du Ramadan, n’est-ce pas une atteinte à la laïcité ? Je suis estomaqué par l’inculture crasse des gens qui pérorent sur les chaines radiophoniques ou télévisuelles car cette date du 8 mai n’a pas été choisie par hasard ; elle symbolise une belle victoire française, la libération d’Orléans, le 8 mai 1429, par une armée commandée par Jeanne la pucelle. Et puis, disons-le, j’en ai marre de cette laïcité à géométrie variable qu’on nous sert à toutes les sauces. Elle cache une volonté de tuer nos racines chrétiennes.
En 1922, Maurice Barrès écrivait : « Je sens, depuis des mois, que je glisse du nationalisme au catholicisme. C’est que le nationalisme manque d’infini… ». C’est ce même Maurice Barrès, écrivain, (académicien français) et député, qui proposa, le 10 juillet 1920, une loi faisant de la fête de Jeanne d’Arc une fête nationale. Cette loi fut adoptée à l’unanimité par la Chambre des députés et le Sénat. Nous étions pourtant dans un état laïc mais la grande saignée de 14-18 avait contribué à réveiller les consciences. De nos jours, Maurice Barrès est devenu un auteur sulfureux, surtout auprès de gens qui n’ont jamais rien lu de lui. La médiocrité de notre époque ne connaît aucune limite !
Depuis toujours, les courants nationalistes – à quelques exceptions près – ont été défenseurs de la religion catholique. Soit parce qu’elle incarnait leur croyance et leur foi, soit parce que le pays devait sa structuration – intellectuelle, morale et mentale – au strict respect du décalogue chrétien.
Pour ma part, né dans la religion catholique romaine, j’ai toujours évité de me poser trop de questions : si ma religion n’est pas la bonne, c’est une escroquerie bien montée puisqu’elle perdure depuis plus de 2000 ans. Certes, j’aimerais bien avoir la foi du charbonnier. Hélas, Je suis catholique par… confort. Un drôle de paroissien, souvent en bisbille avec la hiérarchie catholique que j’avoue humblement ne plus comprendre depuis les errements progressistes de Vatican II.
Depuis 1789, le catholicisme a été très malmené en France. Il le doit à la haine des francs-maçons, imprégnés de l’esprit « des Lumières » et qui ont tout fait pour le chasser d’une nation qui se veut « La fille aînée de l’Église » (1). Ce n’est pas un hasard si notre pays a choisi pour devise celle de la franc-maçonnerie – « Liberté. Égalité. Fraternité. » – avant d’imposer la constitution civile du clergé, de confisquer les biens de l’Église et d’adorer la « déesse Raison ». (Et, accessoirement – car personne n’en parle – de massacrer les prêtres réfractaires.)
Mais la France doit aussi sa déchristianisation à la démission voire la trahison de ses clercs. Le peuple de Dieu, les fidèles, la base, a souvent suivi de façon moutonnière, bêtement obéissante, un clergé « progressiste » prêt à faire allégeance aux Loges (quand il n’en faisait pas lui-même partie).
Que les « saucissonneurs du vendredi saint » et adorateurs du GADLU (Grand Architecte De L’Univers) s’attaquent à l’Église est, somme toute, de bonne guerre. Ce qui l’est moins c’est cette propension d’une partie de l’épiscopat français à scier la branche sur laquelle elle était assise.
Citons, juste pour mémoire (car la liste n’est pas exhaustive !) :
– « L’affaire des fiches » (1900-1904) initiée par des Loges maçonniques du « Grand Orient de France » à l’initiative du général Louis André, ministre de la Guerre (2).
– Puis, l’hystérie laïcarde d’Émile Combes, « le petit père Combes », ex-séminariste devenu un franc-maçon athée. Dès son investiture, il ne cache pas son désir d’ « assurer définitivement la victoire du laïcisme anticlérical sur le catholicisme ». Ainsi, en juillet 1902, des établissements scolaires catholiques – environ 3000 – et des congrégations sont fermés : cette mesure inique instaure dans le pays un climat de guerre civile. Religieux et religieuses sont expulsés manu militari de France. Des milliers d’entre eux trouveront refuge dans des terres plus hospitalières : Belgique, Espagne, Royaume-Uni… La fameuse loi de 1905 viendra apaiser les esprits.
– La scandaleuse condamnation de l’ « Action Française » par Pie XI, le 25 décembre 1926 ou, plus exactement, l’interdiction faite, en 1927, aux adhérents de l’AF, de recevoir les sacrements de l’Église. Ce drame va déchirer des familles et troubler les consciences mais il était bien orchestré puisque, en dissociant le Trône de l’Autel, il interdisait toute possibilité d’un retour de la monarchie « de droit divin » en France. Cette condamnation sera levée par SS. Pie XII en 1939, mais le mal était fait et la blessure profonde ; elle ne cicatrisera jamais totalement.
– Ou encore, le concile Vatican II, commencé sous Jean XXIII en 1962 et clôturé sous Paul VI en 1965, qui va prôner l’œcuménisme et abandonner le rite tridentin. Les catholiques progressistes le considèrent comme « une ouverture au monde moderne et à la culture contemporaine, prenant en compte les progrès technologiques, l’émancipation des peuples et la sécularisation croissante ». Il mettait également en valeur, parait-il, « l’originalité des églises locales et la diversité des cultures que le monolithisme romain avait fait perdre de vue ». Dont acte ! Le résultat tangible de Vatican II aura été… la déchristianisation de la France (et de l’Europe). L’abandon du latin, langue universelle de l’Église, de la soutane pour les prêtres, et du faste liturgique ont contribué à vider les séminaires et les églises, et à faire de la religion catholique une sorte de protestantisme soft avec ses prêtres en clergyman, voire carrément en civil. Quand les curés ont laissé tomber la soutane, feu mon père, qui était un sage, avait coutume de dire « un soldat qui abandonne son uniforme est déjà un déserteur ». Il avait raison : depuis Vatican II, c’est par milliers qu’on compte les prêtres défroqués (pour se marier la plupart du temps). Les cathos de gauche, adeptes d’une religion plus permissive et d’une liturgie simpliste, suggèrent qu’on ordonne des femmes et/ou des hommes mariés pour pallier le manque de vocations. Je leur fais remarquer que cela se pratique depuis cinq siècles, depuis Calvin et Luther : ça s’appelle le protestantisme. C’est respectable mais le protestantisme, pourtant plus permissif que le catholicisme d’antan, ne se porte pas beaucoup mieux que lui…
Quand l’ordre moral n’a plus été chrétien, quand la tolérance et la permissivité ont supplanté les contraintes imposées par le décalogue, les idéaux maçonniques débattus en Loges sont arrivés à l’Assemblée nationale : ainsi de la funeste « Loi Veil », en 1975, autorisant l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG). On s’autorisait à tuer l’ « infans conceptus » ; cet « enfant à naître » qui a des droits depuis la plus haute Antiquité mais que les harpies féministes, au cri de « notre ventre nous appartient », condamnaient à mort. Depuis la Loi Veil, à raison de 220.000 IVG par an, on a tué 10 millions de petits Français. Je devrais d’ailleurs parler de « petits Blancs » car au sein de la diversité on n’avorte pas ; on se reproduit comme des lapins. Cette loi criminogène aura tué plus d’innocents que la Shoah (3) ! On me dit qu’au soir de sa vie Simone Veil aurait eu des regrets en voyant les dérapages de sa loi. Hélas, le mal était fait ! D’autant plus qu’à la même époque, Giscard d’Estaing autorisait le regroupement familial, le grand remplacement était en bonne voie.
Notre pays arrive à s’émouvoir du sort des bébés phoques, des baleines, des veaux, des porcs ou des volailles élevés en batterie mais pas du massacre légalisé de SES propres enfants. En 1981, la France abolissait la peine de mort sur pression de Robert Badinter, le garde des Sceaux de l’époque, et nous arrivions à cette aberration : en France, on n’a plus le droit de tuer que… des innocents. Le PACS, le « mariage gay », la PMA n’ont pas suscité beaucoup d’émoi dans l’épiscopat français qui aura été, au mieux, suiveur… mais de loin.
Le massacre des chrétiens d’Orient par l’islam intégriste ne provoque pas ou peu de prises de position courageuses de nos évêques. On peut en dire autant des actes blasphématoires imputables à une gauche haineuse : la « christianophobie » (même si je n’aime pas ce mot !) est à la mode et elle indigne rarement la hiérarchie catholique.
Chaque semaine, une église est vandalisée en France. Qui s’en émeut ? Personne !
Par veulerie, les prélats de l’Église ne dénoncent pas les attaques contre la religion catholique mais sont toujours prêts à monter au créneau contre les « discriminations », à l’égard de l’islam, des Roms, des clandestins, des minorités… Mais il est vrai que, quand l’islam est attaqué, ses imams déclenchent une fatwa contre le profanateur, toutes les ligues antiracistes le poursuivent devant les tribunaux et les politicards – de tous bords – s’offusquent qu’on ose « stigmatiser une communauté ».
La fin, ou la lente agonie, de l’Église catholique a d’abord profité aux sectes – dans les années 1970 – puis à l’islam intégriste car, aussi vrai qu’un clou chasse l’autre, une religion forte en chasse une autre. « Détruisez le catholicisme et vous aurez l’islam » disait déjà Chateaubriand.
Nous y sommes, enfin presque !
Eric de Verdelhan
1) L’expression « France, fille aînée de l’Église » apparaît plus tardivement : lors du « Discours sur la vocation de la nation française » prononcé le 14 février 1841 par le père dominicain Henri-Dominique Lacordaire. Elle sera reprise ensuite par SS Pie XII et par SS Jean-Paul II.
2) Cette affaire consistait à ficher les officiers catholiques au sein de l’armée pour, entre autres, freiner leur avancement. Fichage politique ET religieux réalisé par le Grand Orient de France à l’initiative du général André, ministre de la Guerre.
3) Or Simone Veil, née Jacob, a été déportée à Auschwitz à l’âge de 16 ans.