
Monsieur le Député,
Je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre.
Cet empressement de l’État à réhabiliter l’euthanasie sous des horipeaux humanistes, l’appellation « aide à mourir » qui lui a été donnée lors de longues délibérations, en dit assez long sur sa motivation. Elle n’est bien sûr pas compassionnelle mais économique.
Le corps médical et infirmier en son immense majorité ne souhaite pas donner la mort à ses patients. Ils ne sont pas demandeurs. C’est du niveau étatique qu’émane la demande.
Les soins palliatifs qui accompagnent les personnes en fin de vie sont la seule solution humaine et l’on sait depuis longtemps qu’il faudrait les développer sur tout le territoire. Mais ce n’est jamais fait.
Or vous savez que nombre d’hôpitaux ferment, des services entiers ferment et les lits ferment chaque année par milliers…
La réhabilitation de l’euthanasie va de pair avec cette réduction du service public. Et il est de haute probabilité que l’euthanasie se substituera aux soins palliatifs. La compassion, l’accompagnement humain de la fin de vie n’étant pas compétitif avec le dispositif létal.
Il est très facile de le vérifier dans les trois pays qui l’appliquent déjà.
La Belgique, les Pays-Bas et le Canada où les conditions d’application de l’euthanasie se sont tant allégées et l’éligibilité des « bénéficiaires » tellement élargie que l’euthanasie est devenue la 5e cause de mortalité au Canada.
Ce vote en urgence de la réhabilitation de l’euthanasie pour cause économique se vérifie dans les conditions scandaleuses de son application.
48 heures de délai entre la décision et son application. Sans possibilité ultérieure de changer d’avis.
L’interdiction à quiconque – famille, psychologues, etc. – sous peine de 2 ans de prison et 30.000€ d’amende – d’interférer auprès du malade pour le détourner de cette décision ou auprès du médecin qui s’en déclare témoin ou conseil décisionnaire de cette décision.
C’est la peine de mort appliquée de façon confidentielle et expéditive à des innocents, aux plus vulnérables.
Les pires criminels sont traités avec plus de considération sur le plan du Droit.
Alors que dire de l’application concrète de l’euthanasie sachant que ce n’est pas la confiance qui doit guider le Droit mais son contrôle.
Or là, il est évident que si une chose a été étudiée avec soin pour cette application de la peine de mort en milieu médical, c’est l’élimination de toute possibilité d’empêchement de l’exécution par le contrôle.
C’est la porte ouverte à tous les abus, toutes les corruptions, tous les trafics (d’organes). La porte grande ouverte à la déshumanisation, la programmation de la mort selon les besoins d’organes, au marché de l’humain.
L’inhumanité pour le moment sous-jacente à ce passage à l’acte qu’est la réhabilitation de l’euthanasie se révélera avec l’horreur de son application.
J’espère vivement que nos députés se rallieront à ce point de vue avant que cette réalité ne se déploie au grand jour.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, mes respectueuses salutations.
Victor Hallidée