_______________________________________________________________________________________________________g

« La démocratie, c'est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave »  Charles de Gaulle

_______________________________________________________________________________________________________g

LA FRANCE LIBÉRÉE 2027

SOCIÉTÉ - La gauche bourgeoise et son mépris de classe

DIANE DE BOURGUESDON

Il était autrefois, en France, une gauche qui parlait aux ouvriers, aux paysans, aux employés. Une gauche qui défendait les travailleurs et leurs droits. Cette gauche-là semble aujourd’hui appartenir à un autre siècle. Elle a été remplacée par une gauche des salons, une gauche des cadres supérieurs parisiens, des médias, du monde de la culture et des « intellectuels militants » infectés d’idéologie woke. Une gauche qui, du haut de ses certitudes morales, méprise le peuple français de souche.

C’est ce grand abandon que Diane de Bourguesdon dissèque dans Les Indésirables, Prolophopie, publié aux éditions Fayard en 2026. Son essai n’est pas seulement un constat, c’est une accusation : une accusation contre une gauche qui a troqué le marxisme contre le moralisme, la lutte des classes contre la guerre culturelle, et la défense des travailleurs contre le mépris de classe.

Quand la gauche a oublié d’où elle venait

Le basculement électoral est indéniable. Autrefois, les ouvriers votaient massivement pour la gauche. Aujourd’hui, leur soutien s’est effrité, au profit d’un électorat aisé, plus urbain, plus diplômé. Les cadres supérieurs, les journalistes, les producteurs de culture subventionnée et les intellectuels militants sont devenus les nouveaux visages de la gauche, loin des réalités des quartiers populaires et des campagnes.

Que s’est-il passé ? Comment la gauche a-t-elle pu abandonner ceux qui l’avaient portée au pouvoir 1? La réponse tient en un mot : désertion. Elle a quitté les usines pour les open spaces, les mines pour les start-up, les quartiers populaires pour les beaux quartiers des grandes villes.

L’écologie punitive : ou comment taxer les pauvres au nom de la planète

Prenons l’exemple de la taxe carbone. Son instauration a contribué à alourdir le coût de l’essence, frappant de plein fouet les ménages ruraux, dépendants de leur voiture pour se rendre au travail. Pendant ce temps, les Parisiens, bien desservis par les transports en commun, ont subi un impact bien moindre.

Et que dire de la fin des voitures thermiques en 2035 ? Une mesure soutenue par les élites urbaines, mais qui suscite une forte opposition chez les ouvriers et les employés. Pourquoi ? Parce qu’un véhicule électrique reste inaccessible pour la majorité des ménages modestes, avec un prix moyen se situant entre 25 000 € et 45 000 €. Parce que, dans les campagnes et les petites villes, les bornes de recharge sont encore rares, voire inexistantes. Parce que, une fois de plus, on demande aux plus pauvres de payer pour les erreurs des plus riches.

La guerre culturelle : ou comment remplacer la lutte des classes par le moralisme

Autrefois, la gauche parlait de révolution sociale. Aujourd’hui, elle parle de révolution culturelle. Autrefois, elle dénonçait l’exploitation économique. Aujourd’hui, elle dénonce les « privilèges » des Français de souche. Autrefois, elle défendait les ouvriers. Aujourd’hui, elle défend les minorités… mais seulement celles qui correspondent à son idéologie.

Prenons l’exemple des Gilets jaunes. En 2018, ce mouvement, né d’une colère fiscale et sociale, a été immédiatement diabolisé par une partie de la gauche et des médias. On les a traités de « populistes », de « beaufs », de « racistes », de      « casseurs ». Pourtant, les Gilets jaunes étaient avant tout des travailleurs précaires, des retraités modestes, des mères célibataires, des ruraux oubliés. Des gens qui, simplement, en avaient assez de payer toujours plus pour vivre toujours moins bien.

L’art de haïr le peuple

La gauche bourgeoise a développé un langage codé, un jargon conçu pour exclure les classes populaires tout en donnant l’illusion de les défendre. Ce langage est une arme de domination, une arme qui permet de discréditer, de mépriser, de stigmatiser ceux qui n’en maîtrisent pas les codes.

Les médias : la machine à mépriser le peuple

Les médias dominants – Le Monde, Libération, BFM TV, France Inter – sont tenus par des cadres supérieurs parisiens qui, pour la plupart, n’ont jamais mis les pieds dans une usine, une ferme ou un quartier populaire. Et ça, ça se voit.

La représentation des classes populaires à la télévision est marginale. Les invités des émissions politiques sont majoritairement des journalistes, des politiques, des intellectuels, des artistes subventionnés : des gens qui parlent comme eux, pensent comme eux, vivent comme eux.

Pendant la crise des Gilets jaunes, certains médias ont consacré une part disproportionnée de leur temps d’antenne aux violences, alors que la grande majorité des manifestants étaient pacifiques. Pourquoi un tel déséquilibre ? Parce que cela correspondait à leur narratif : les classes populaires sont violentes, incultes, dangereuses. Des termes comme « horde de casseurs » ou « beaufs » ont été utilisés pour décrire les Gilets jaunes, révélant un mépris de classe à peine voilé.

Les thèmes abordés dans les journaux télévisés reflètent cette priorité : les sujets sociétaux (« genre », écologie, immigration) y occupent une place bien plus importante que les inégalités économiques (pouvoir d’achat, chômage, précarité). Pourquoi une telle disproportion ? Parce que les inégalités économiques dérangent. Parce qu’elles remettent en cause leur monde, leur vision de la société.

Résultat : les classes populaires se sentent traitées comme des sous-citoyens par des médias qui, au lieu de les représenter, les méprisent. Des médias qui, au lieu de donner la parole au peuple, parlent pour le peuple. Et qui, le plus souvent, parlent contre le peuple.

L’absence des classes populaires dans la culture, notamment au cinéma français

Le cinéma français, autrefois célébré pour son audace et son engagement social, reflète pourtant une réalité troublante : l’invisibilisation des classes populaires. Les héros des écrans sont majoritairement des cadres urbains, des intellectuels, des artistes ou des membres de la bourgeoisie parisienne. Les ouvriers, les employés, les paysans, les chômeurs ou les précaires y apparaissent rarement, et lorsqu’ils le font, c’est souvent à travers des stéréotypes réducteurs : le « beauf » de banlieue, le « plouc » de province. Les films qui osent donner la parole aux classes populaires restent des exceptions.

Les réalisateurs, scénaristes et producteurs viennent eux-mêmes majoritairement de milieux favorisés, formés dans les mêmes écoles (Fémis, Louis-Lumière, Sciences Po), issus des mêmes familles et évoluant dans les mêmes cercles parisiens. Résultat : le cinéma français parle rarement des classes populaires, et encore moins pour elles. Les histoires des travailleurs, des ruraux, des précaires sont soit ignorées, soit folklorisées, soit réduites à des clichés misérabilistes. Pourtant, ces vies mériterait la même complexité, la même profondeur que celles des personnages aisés qui peuplent nos écrans. L’absence de diversité sociale dans la culture n’est pas un hasard : c’est le symptôme d’un système qui exclut, consciemment ou non, ceux qui ne partagent pas ses codes. Et quand la gauche bourgeoise célèbre ce cinéma, elle célèbre aussi, sans le savoir, son propre mépris de classe.

La haine de classe déguisée en progressisme

Le mépris des « ploucs », des « beaufs » et des « racistes »

La gauche bourgeoise a un lexique bien à elle pour parler des classes populaires. Un lexique qui révèle son mépris, son dégoût, sa haine de classe. Pourquoi un tel mépris ? Parce que la gauche bourgeoise a peur du peuple. Elle a peur de son bon sens, de son réalisme, de son refus des idéologies. Elle a peur que le peuple ne vote pas comme elle, ne pense pas comme elle, ne parle pas comme elle.

L’hypocrisie « intersectionnelle » : quand la gauche défend tout le monde… sauf les classes populaires

La gauche bourgeoise adore se présenter comme les « alliés » des minorités. Elle défend les femmes misandres, les LGBT+, les minorités ethniques, surtout les musulmans. Mais elle oublie toujours les classes populaires.

Les articles sur les inégalités dans les grands médias concernent bien plus souvent les minorités ethniques ou de genre que les inégalités de classe. Pourquoi une telle disproportion ? Parce que les inégalités de classe dérangent. Parce qu’elles remettent en cause leur propre position sociale.

Les reportages sur les manifestations paysannes les présentent souvent comme des mouvements « conservateurs » ou      « égoïstes ». Pourquoi une telle diabolisation ? Parce que les paysans dérangent. Parce qu’ils défendent leur mode de vie, leur travail, leur terre. Parce qu’ils refusent de se soumettre à l’idéologie dominante.

Le progressisme contre les « prolos »

La gauche bourgeoise a remplacé la lutte des classes par la lutte des identités. Elle a remplacé la défense des travailleurs par la défense des minorités. Elle a remplacé la justice sociale par le moralisme.

Pourquoi ? Parce que c’est plus facile. Parce que défendre les minorités, ça ne coûte rien. Ça ne remet pas en cause l’ordre économique. Ça ne dérange pas les élites. Au contraire, ça les conforte dans leur sentiment de supériorité morale.

Mais défendre les classes populaires, c’est plus compliqué. Parce que ça remet en cause les privilèges de ceux qui, aujourd’hui, dirigent la gauche. Parce que ça exige des sacrifices : augmenter les salaires, relocaliser les usines, protéger les services publics, taxer les riches.

Alors la gauche bourgeoise a choisi la facilité. Elle a choisi de défendre les minorités plutôt que les classes populaires. Elle a choisi de parler de genre plutôt que de pouvoir d’achat. Elle a choisi de lutter contre le racisme plutôt que contre la précarité.

C‘est une volonté radicale d’effacer le peuple français, d’abord symboliquement, puis, dans un second temps, physiquement.

Et le résultat, c’est que le peuple, lui, a choisi de se tourner vers d’autres. Vers l’abstention, vers des partis qui, au moins, donnent l’impression de les écouter. Parce que, au moins, ils ont l’impression que quelqu’un défend leurs intérêts.

Jean Lamolie

1Il convient de rappeler toutefois les réticences historiques de la bourgeoisie de gauche vis-à-vis du peuple : refus du suffrage universel au profit du suffrage censitaire, refus du vote des femmes, hostilité au référendum.

 

 

Date de dernière mise à jour : 09/06/2026

1 vote. Moyenne 4 sur 5.