
30 novembre 2024, lors d’une réunion publique, Jean-Louis Touraine, membre du Grand Orient de France, macroniste, progressiste médical, explique que la loi sur la fin de vie n’est qu’un cheval de Troie.
« Il faut obtenir le plus possible dans la première loi, et surtout, une fois qu’on aura mis le pied dans la porte, il faudra revenir tous les ans et dire on veut étendre ça. Dans la première loi, il n’y aura pas les mineurs, les maladies psychiatriques, les maladies d’Alzheimer. Tout ça ne viendra pas tout de suite. Dès qu’on aura obtenu une loi pour ceux qui ont une maladie de Charcot, pour certaines formes de tumeurs généralisées, pour ceci, pour cela, après on pourra étendre les choses en disant : c’est quand même pas normal qu’il y ait des malades, des Français qui ont telles formes de maladies qui y ont droit et les autres qui n’ont pas droit. Donc il faudra introduire cette égalité. Mais je pense que ce combat sera important et que nous devrons continuer aussi au moment de l’application de la loi, parce que comme pour l’IVG, vous allez voir que des endroits vont dire : ici circulez, il est interdit de faire des euthanasies ou des suicides assistés, parce qu’ils disent, on a la clause de conscience. Des cliniques disent on a la clause de conscience. Demain, des services de soins palliatifs vont dire ici on ne le fait pas. Est-ce que vous croyez que des murs ont une conscience et qu’ils puissent invoquer la clause de conscience ? »
Jean-Louis Touraine expose un plan, méthodique, évolutif, mécanique. Une stratégie d’infiltration dans la loi. L’euthanasie, une option à normaliser, à étendre, à démocratiser, à légiférer. Une vision froide, technocratique de la fin de vie. Un glissement du droit à mourir vers un devoir de disparaître discrètement.
L’élite au pouvoir, dite éclairée et supérieure, largement issue des loges maçonniques, guide les « avancées » sociétales au nom du progrès, de la modernité, sans consulter le peuple par référendum. Elle procède toujours par étapes pour arriver à ses fins, des fins soigneusement dissimulées.
Les résistances morales et culturelles finiront par céder, devant le droit, devant l’émotion et devant la propagande.
28 juin 2026. Après le rejet du Sénat, la proposition de loi sur l’aide à mourir revient en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. Le vote doit avoir lieu le 30 juin.
Des amendements visant à exclure certaines personnes du dispositif ont tous été rejetés : déficients intellectuels, malades psychiatriques, malades atteints de troubles neurodégénératifs, majeurs sous tutelle ou sous curatelle, personnes incarcérées, à condition d’exprimer un consentement libre et éclairé.
« Les personnes qui ont des déficiences intellectuelles ou les personnes majeures protégées sont concernées et ne sont pas exclues de ce droit de l’aide à mourir, c’est un droit universel qui permet aujourd’hui à toute personne de pouvoir avoir accès à l’aide à mourir ».
Ainsi, les personnes considérées comme ne pouvant pas accomplir certains actes de la vie civile deviennent autonomes face à la décision de mourir. Les personnes vulnérables sont les premières victimes.
Celui qui demande des garanties devient suspect. Celui qui ouvre la porte à l’irréversible est un humaniste.
Les soins palliatifs, l’accompagnement humain, le soutien aux familles, la dignité des personnes handicapées demandent du temps, du sentiment, de la compassion et de l’argent, et s’effacent devant l’accès à la mort. Car le temps, le sentiment, la compassion, les dépenses inutiles sont incompatibles avec notre société de la vitesse, de la froideur, et de la rentabilité.
Dans son ouvrage « Non à la légalisation de l’euthanasie », le docteur Nicole Délépine, 40 ans d’expérience dans ce milieu médical, explique sa position par des arguments incontestables et établit un parallèle entre « Aide à mourir et crise de la civilisation ». Tout est dit dans ce livre, par une personne qui connaît et maîtrise parfaitement le sujet.
Je m’attarderai ici sur deux points, l’un d’ordre philosophique, l’autre d’ordre historique.
À de rares exceptions près, les philosophes ont été initiés dans des sociétés secrètes Rose-Croix au XVIIe siècle, puis dans les loges maçonniques au XVIIIe siècle. Par conséquent, leur philosophie est à double lecture, une pour les profanes, une réservée aux initiés.
Nous vivons les Temps modernes, civilisation du mensonge, mensonge politique, mensonge culturel et philosophique, mensonge religieux.
Le vocabulaire employé de nos jours est erroné, parce que l’histoire officielle a fait table rase du vocabulaire traditionnel. Les contemporains ont perdu toute connaissance critique puisque les forces occultes leur ont fait croire à la Démocratie et au rationalisme de la philosophie moderne.
« L’aide à mourir » remplace l’euthanasie, terme exact, mais trop expressif, trop suggestif, trop parlant. Alors, la douceur et l’humanité du premier se substituent à la violence et la brutalité du deuxième. C’est une tromperie lexicale et philosophique. Et le peuple se laisse berner.
Le rationalisme de la philosophie moderne est une imposture. Dès lors, il ne faut pas s’étonner du sang versé par la Révolution, puis de l’amoncellement de cadavres dû aux idéologies athées du XXe siècle, et de l’absurdité intellectuelle du monde contemporain.
À cause des philosophes, les athéismes ont perpétré leurs crimes. À cause des philosophes, et puisque la philosophie moderne a conclu à l’absurde, le monde contemporain est irrationnel et particulièrement violent, sous couvert d’humanitarisme. Comme en témoignent « l’aide à mourir dans la dignité », ou plutôt l’euthanasie, les injections d’ARN messager, les déversements de produits chimiques par chemtrails, les guerres incessantes. Il faut tuer, éliminer le maximum de personnes, en particulier les faibles, les inutiles, mais nous sommes tous concernés.
Le monde moderne est fou. À cause de la philosophie moderne, l’homme moderne a perdu le sens. Il est enfermé dans son psychique, un ignorant du réel, incapable de maîtriser la nature.
Nous vivons une inversion de sens généralisée, la cause est interne à la philosophie. Friedrich Hegel (1770-1831), a écrit : « La philosophie est le monde à l’envers ».
Le langage moderne est une inversion. Le monde est à l’envers. Depuis que la philosophie a conclu à l’absurde, tout est dérèglement, tout est course à l’abîme.
La philosophie moderne a mis fin au rationalisme scolastique, qui avait offert la Raison à l’humanité, une Raison divine pour les croyants, une Raison transcendantale, inaccessible, mais suprême et souveraine pour les autres. Le rationalisme moderne est une inversion du rationalisme scolastique.
Donc la philosophie moderne ne peut pas être rationnelle. C’est la faute à Descartes (1596-1630), dont la source n’est ni l’Antiquité païenne, ni la science, mais l’ésotérisme des gnostiques et autres kabbalistes. D’où l’inversion de langage.
Sur un plan historique, le 8 mai 1945, une bataille souterraine s’est achevée. Elle opposait des médecins nazis à une foule d’innocents jugés « indignes de vivre » et promis à l’euthanasie : 200 000 morts depuis le début de la Deuxième Guerre mondiale. Les racines idéologiques de cette élimination précèdent l’avènement d’Adolf Hitler en 1933.
L’historien Johann Chapoutot, spécialiste du nazisme, explique : « La fin du XIXe siècle en Occident se caractérise par la diffusion du darwinisme social et de l’eugénisme, en union très harmonique avec le racisme ».
« Le darwinisme social transpose à la culture les catégories naturelles de la survie des espèces, permettant de justifier la domination des possédants. L’eugénisme fournit quant à lui les pratiques médicales pour « améliorer la race » – blanche – par la croissance des « meilleurs » et l’entrave des « faibles » ». L’amélioration de la race blanche aryenne a laissé la place à l’amélioration de la race des seigneurs.
En Allemagne, l’eugénisme rencontre la revendication du « droit à la mort », réclamé en 1895 par le psychologue Adolf Jost pour les malades incurables. Le darwiniste Roland Gerkan souhaite inclure les personnes âgées et propose une loi au Parlement de Saxe.
Le débat devient public avec la Libéralisation de la destruction des vies qui ne valent pas la peine d’être vécues en 1920, publié par le professeur de droit Karl Binding et le psychiatre Alfred Hoche. Binding précise : « Il ne faut pas comprendre par là un droit à la mort ; il s’agit d’être délivré d’une vie insupportable » … « Il existe des êtres humains vivants pour qui la mort est une délivrance, comme elle l’est d’ailleurs pour la société et l’État, ainsi libérés d’une charge inutile ».
Johann Chapoutot précise : « Les nazis ne feront que reprendre des arguments qui leur préexistent ».
En 1927, Joseph Mayer, prêtre catholique, consacre une thèse à la stérilisation des malades mentaux : « La spécificité nazie, c’est la radicalisation de ces idées : vous devez être leistungsfähig (performant, productif) pour rendre à l’État ce que vous avez reçu. Si vous ne l’êtes pas, vous perdez le droit de vivre, même si vous êtes de « bonne race ». Le droit à la vie n’est pas absolu, mais relatif à la capacité productive ».
Le 1er septembre 1939, jour de l’invasion de la Pologne, Hitler autorise les médecins choisis pour l’action T4 à « accorder une mort miséricordieuse (Gnadentod) aux malades jugés incurables, selon une appréciation aussi rigoureuse que possible ».
Selon Johann Chapoutot, le terme Gnadentod « révèle la volonté de détourner les idées morales, chrétiennes et kantiennes, d’amour et de compassion, au profit de l’eugénisme. Pour désarmer les opposants à cette politique d’assassinats, on retourne leurs arguments contre eux. On leur assure que, précisément, tuer le malade est un acte d’amour envers lui, délivré de sa souffrance, et envers ses proches, délivrés d’un fardeau. C’est une prise de judo sémantique : le vrai compulsionnel, c’est celui qui tue ».
« Si l’on veut essayer de penser les liens entre nazisme et la modernité contemporaine, il faut bien voir que les raisonnements des nazis ne sont pas exotiques. Ils obéissaient à des logiques qui leur préexistaient et qui leur ont survécu : ce sont celles de l’Occident capitaliste qui considère froidement les êtres et les espaces comme des sources d’énergie à capter. Nous sommes plongés dans les « eaux glacées du calcul égoïste » que dénonçait Marx. Nous assistons même au retour en force d’un social-darwinisme archétypal, promu par les maîtres du monde : Elon Musk qui veut repeupler la Terre, Donald Trump qui vante ses « bons gènes », Peter Thiel qui se rêve en homme immortel… »
Avec l’euthanasie, les parlementaires légifèrent pour la prochaine génération… et pour le projet de Macron.
Dans les années 2020, le souvenir empêche l’Allemagne de dépénaliser l’euthanasie. Le Danemark et la Suède s’y refusent également : ils ont procédé à la stérilisation de handicapés et de marginaux. Ce passé est absent en France. Les partisans de l’euthanasie justifient l’effacement du terme. Olivier Falorni, député instigateur de la loi, répète : « C’est un mot souillé par l’histoire ». Il lui substitue « aide active à mourir ».
La controverse actuelle présente des échos troublants : le changement des mots pour adoucir la réalité de l’acte, la compassion instrumentalisée, la dignité humaine devenant subjective, l’angoisse budgétaire, la relativité du droit à la vie, les règles d’un néo libéralisme débridé…
Hypocrisie totale. Les commanditaires milliardaires de l’euthanasie, comme de toutes les idéologies, et leurs exécutants corrompus et mafieux, usent d’arguments humains alors qu’ils exècrent l’humanité, alors qu’ils cherchent tous les moyens de se débarrasser de l’humanité pour assouvir leurs rêves démesurés.
Jean-Dominique Michel, anthropologue, expert en santé publique, dévoile les mensonges de la rationalité : « Le naufrage que nous vivons est exemplaire. C’est un naufrage qui a cours au motif de la rationalité. C’est un problème épistémologique qui concerne tout le monde, les savants, les experts, l’homme de la rue. La rationalité sans la sensibilité, l’intellect sans l’âme, les pensées sans les émotions, conduisent à quelque chose d’inhumain. C’est mécanique. Et lorsqu’il n’y a plus l’ancrage de la sensibilité et du sacré qui nous tient non dans une verticalité, mais dans une horizontalité les uns avec les autres, la porte est ouverte à toutes les abominations. On le voit avec le projet actuel de fin de vie. Le gouvernement canadien a économisé 156 millions de dollars grâce à l’euthanasie de gens qui coûtent. C’est rationnel. Rationaliser les coûts, c’est rationnel, c’est imparable. Quel être humain, quelle coupure d’avec son âme faut-il avoir subi pour être capable de penser le monde ainsi ? »
Jean Saunier