Notre société est devenue complètement folle. On le voit par de très nombreux aspects mais d’autres restent largement plus discrets et donc méconnus des Français. C’est notamment le cas des problèmes de santé et des frais qui en découlent. Pour que le lecteur s’y retrouve, il nous faut faire un petit voyage dans le passé qui va nous aider à comprendre le présent.

À l’origine, il n’y avait que des mutuelles. Les premières apparaissent en France en 1790. Elles ne concernent que la part de la population capable de payer pour sa santé. En 1850 et 1898, les premières lois apparaissent pour les encadrer. Le grand tournant aura lieu en France en 1945 avec la création de la Sécurité Sociale. À sa mise en place, le taux de remboursement de la Sécurité Sociale pour les frais de santé était de 80 %. Les mutuelles s’occupant des 20 % restant. La première grande conséquence de ce tournant, c’est que les mutuelles perdent leur rôle principal pour n’être plus que des « complémentaires ». Les cotisants du régime général étaient à cette époque essentiellement les salariés. En effet de nombreuses branches refusèrent d’intégrer le régime général de la Sécu afin de garder leur indépendance. Terrible erreur commise à l’époque, qui verra des années plus tard des branches rejoindre le régime général de la Sécu afin de sauver leurs membres ou sinon vivoter en étant constamment à la limite de la faillite à cause du faible nombre de cotisants et du coût toujours plus élevé des soins. À cette époque, la Sécurité Sociale était vue comme une entité unique et si une branche battait de l’aile, les autres compensaient le déficit. Retenons aussi qu’à cette époque, nous étions au début des Trente Glorieuses, le chômage était très bas, la France se reconstruisait et se développait de manière intensive. Donc il n’y avait aucun problème de déficit car les cotisations pleuvaient de partout. Enfin nous rappellerons au lecteur que le principe mis en œuvre par la Sécurité Sociale était : les biens portants payent pour les malades, les actifs payent pour les retraités, enfin la collectivité paye pour la famille.
Le 21 août 1967 est la seconde date fondamentale pour la Sécurité Sociale. C’est à cette date que sont mises en œuvre les ordonnances Jeanneney, du nom du ministre des Affaires sociales de l’époque. Il va notamment diviser en 3 branches la Sécurité Sociale. La branche maladie, la branche vieillesse et la branche famille, avec chacune à sa tête une caisse nationale chargée de piloter l’ensemble de sa branche. Un autre principe va être introduit : il n’y a plus d’équilibre financier global avec versements pour compenser le déficit d’une branche par une autre. Maintenant chaque branche devra être équilibrée. La concomitance entre ces impératifs et la fin des Trente Glorieuses avec une situation économique de plus en plus dégradée, caractérisée par une montée inexorable du chômage – donc moins de cotisations – ont fortement mis à mal les comptes de la Sécurité Sociale qui ont commencé à afficher un déficit qui n’a cessé de se creuser au fil des ans. Pour lutter contre cela, plusieurs mesures ont été mises en place : une baisse de la part Sécurité Sociale dans les remboursements des soins de santé et donc une augmentation de la part mutuelle avec évidemment un alourdissement du reste à charge pour les ménages. Mais comme cela ne suffisait pas, d’autres mesures ont été prises afin de trouver de nouvelles sources de financement. Ce fut notamment le cas avec l’instauration de la CSG par Michel Rocard (socialiste) en 1990, dont le montant était de 1,1 % à l’époque. Il est aujourd’hui de 9,2 % des revenus. En 1996, ce sera l’ordonnance du 24 janvier créant la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) dont le produit est affecté à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) chargée de la gestion des déficits des régimes de sécurité sociale. Enfin la loi du 22 février 1996 réforma notre Constitution de la Ve République afin de créer une nouvelle catégorie de lois, les lois de financement de la sécurité sociale (LFSS). C’est pour cela que chaque année à l’automne les parlementaires débattent d’abord du PLF (Projet de Loi de Finances) c’est-à-dire du budget général de la France puis du PLFSS (Projet de Loi de Finance de la Sécurité Sociale) c’est-à-dire le budget de la Sécurité Sociale.
Que doit-on retenir de tout cela ?
Tout d’abord qu’à l’origine, la Sécurité Sociale a été un formidable outil de justice sociale car le système faisait en sorte que la maladie ne puisse plus jeter dans la misère tout ou partie de la population. Par ailleurs, le système instaurait une solidarité entre les générations. Malheureusement, sous les coups de la crise économique, couplée à une évolution dramatique de notre démographie, des déficits ont commencé à apparaître et à se creuser. Pour compenser ces déficits, une baisse constante des remboursements de la Sécurité Sociale ainsi que des remboursements des médicaments ont été observés. Enfin de nombreuses mesures comme le forfait hospitalier, ou de nouveaux impôts et taxes CSG et CRDS ont été instaurés. Tout cela a œuvré en sens inverse de ce qui a été fait en 1945, et maintenant à nouveau des gens ne se soignent plus car les frais nécessaires sont trop élevés. Ainsi moult personnes ne vont plus chez le dentiste ou chez l’ophtalmologiste… trop cher. Sans oublier les déserts médicaux qui font que nombre de gens humbles ne peuvent parfois plus accéder à des soins médicaux car trop éloignés de chez eux. Le pire étant que cette tendance ne fait que s’accélérer.
C’est dans ce contexte plus que morose que nous constatons un authentique scandale : la mise en place de l’AME (Aide Médicale d’État). L’aide médicale d’État (AME), créée en 1999 (sous Jospin), est un dispositif de soins gratuits, sans avance de frais et sans reste à charge pour les étrangers en situation irrégulière et leurs ayants droit. Le nombre de bénéficiaires de l’AME « de droit commun » a triplé en moins de vingt ans (2004-2023), passant de 154 971 à 456 000 bénéficiaires. Ce dispositif français est le plus généreux d’Europe. Quant au coût de cette AME, il est pharaonique : 1,4 milliard d’€ en 2024. On peut donc raisonnablement penser que fin 2025, on était à 1,7 milliard d’€. Montant qui ne cesse bien sûr de monter au fur et à mesure que de nouveaux migrants illégaux arrivent sur notre sol. Au rythme où vont les choses, ont est en droit de penser que dans 2 ou 3 ans, l’AME nous coûtera 2 milliards d’€ par an.
Franchement ceux qui ont mis au point tout cela sont vraiment des tordus. Ainsi, après 9 mois à l’AME, un migrant peut sans débourser un centime se faire refaire le nez (rhinoplastie) et se faire opérer pour recoller des oreilles décollées. Un vrai délire et surtout un scandale absolu.
Un aspect des choses est soigneusement caché aux Français : la différence de traitement entre Français et clandestins sur le plan de la maladie. Voilà de quoi réfléchir et… se mettre en colère.
Prenons quelques exemples :
Appareil auditif
Base de remboursement Sécu : 400€ pour assuré social et membre AME
Remboursement assuré social : 60 % → 240€
Membre AME : Pris en charge à 100 % sans avance de frais
Consultation chirurgien- dentiste :
Base de remboursement Sécu : 23€ pour assuré social et membre AME
Remboursement assuré social : 60 % → 13,80€
Membre AME : Pris en charge à 100 % sans avance de frais
Pose d’une couronne
Base de remboursement Sécu : 120€ pour assuré social et membre AME
Remboursement assuré social : 60 % → 72€
Membre AME : Pris en charge à 100 % sans avance de frais
Ophtalmologue – consultation (secteur 1 – conventionné)
Base de remboursement Sécu : 31,50€ pour assuré social et membre AME
Remboursement assuré social : 70 % → 22,50€ mais participation forfaitaire = – 2€
Membre AME : Pris en charge à 100 % sans avance de frais + pas de participation forfaitaire
Monture
Base de remboursement Sécu : 6,25€ / verre pour assuré social et membre AME
Remboursement assuré social : 60 % → 1,70€ mais participation forfaitaire = – 2€
Membre AME : Pris en charge à 100 % sans avance de frais + pas de participation forfaitaire
Verre
Base de remboursement Sécu : 31,50€ pour assuré social et membre AME
Remboursement assuré social : 60 % → 3,75€ / verre
Membre AME : Pris en charge à 100 % sans avance de frais + pas de participation forfaitaire
Achat de médicaments :
Base de remboursement Sécu : 31,50€ pour assuré social et membre AME
Remboursement assuré social : 30 % mais participation forfaitaire = – 1€ de franchise / boite
Membre AME : Pris en charge à 100 % sans avance de frais + pas de franchise
Hospitalisation (1 journée)
Base de remboursement Sécu : selon l’acte pour assuré social et membre AME
Remboursement assuré social : 80 % mais participation forfait hospitalier = 20€ / jour
Membre AME : Pris en charge à 100 % sans avance de frais + pas de forfait hospitalier
On n’oubliera pas de noter que les bénéficiaires de l’AME ont généralement des revenus très faibles, n’ont pas de complémentaire santé et ne sont pas éligibles au dispositif « 100 % santé », à l’inverse des assurés de droit commun en France, qui sont pour la plupart des salariés et disposent donc d’une couverture complémentaire obligatoire.
La République française a comme devise Liberté, Égalité, Fraternité. On peut me présenter la chose comme on veut, mais je n’en démordrai pas : ceux qui ont pensé et appliqué cette horreur non seulement n’en ont rien à faire de l’égalité, mais pire encore ils trouvent très bien de mieux traiter quelqu’un qui n’a jamais cotisé et qui est rentré illégalement sur notre territoire qu’un Français qui est là depuis sa naissance et qui dans l’immense majorité des cas a cotisé toute sa vie. Pour moi, c’est tout simplement pourri et dégueulasse. Sans oublier que cela constitue un formidable appel d’air pour les futurs migrants surtout si on couple l’AME aux prestations sociales très généreuses.
Vraiment la gauche et les bien-pensants, à l’origine de cette mesure et de tant d’autres, sont les ennemis mortels de la France et de son peuple. Il faut les chasser au plus vite.
Bernard GERMAIN
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