
Depuis des années, en particulier lors des canicules estivales et des douceurs hivernales, les médias officiels tiennent un discours alarmiste sur le réchauffement climatique, nous accusent d’en être les responsables et répandent la peur. Les dirigeants politiques se déchargent de toute responsabilité et recommandent aux gens de s’adapter à la modification du climat, de s’habituer à vivre avec des canicules.
De même avec les virus et les maladies, avec les attentats terroristes et l’insécurité. Sans relâche, les médias diffusent la frayeur, sèment l’épouvante, suscitent la panique. Les politiques se délestent de toute charge, et préconisent de s’accoutumer aux crises, de se familiariser, de se conformer aux mises en garde et aux conseils de prudence.
Or, des scientifiques et des analystes contestent cette communication anxiogène. Le réchauffement climatique n’est pas catastrophique et n’est pas dû à l’action de l’homme. La terre a toujours connu des périodes chaudes et des périodes froides. Le carbone est indispensable à la vie. L’histoire du Covid fut une immense arnaque qui a soumis l’humanité à la caste dirigeante. Le terrorisme islamique sous forme d’attentats, d’agressions, de crimes, d’outrages serait orchestré par d’autres, dans le but d’alimenter la haine et de préparer une guerre civile.
Les politiques gouvernent par la peur : la stratégie du choc et l’ingénierie sociale dirigent le peuple vers les croyances et les comportements que ces politiques souhaitent mettre en place.
Depuis les années 1980, le néolibéralisme, ultra-libéralisme tout-puissant, organise des opérations concertées pour contrôler la planète. Il provoque régulièrement crises et désastres, dans le but de spéculer et d’en tirer profit financièrement. Naomie Klein, essayiste canadienne née en 1970, explique : « J’appelle capitalisme du désastre ce type d’opérations consistant à lancer des raids systématiques contre la sphère publique au lendemain de cataclysmes et à traiter ces derniers comme des occasions d’engranger des profits ». Ces crises transforment les sociétés locales selon les intérêts des ultra-libéraux qui fonctionnent avec cynisme et opportunisme.
En 1971, dans son livre Capitalisme et liberté, Milton Friedman, économiste américain (1912-2006), écrivait : « Seule une crise, réelle ou supposée, peut produire des changements. Lorsqu’elle se produit, les mesures à prendre dépendent des idées en vigueur dans le contexte.
Telle est, me semble-t-il, notre véritable fonction : trouver des solutions de rechange aux politiques existantes et les entretenir jusqu’à ce que le politiquement impossible devienne politiquement inévitable ».
Autrement dit, les théoriciens du capitalisme ultra-libéral pensent le monde tel que ce monde les arrange, en termes de profit pour le secteur privé qu’ils représentent. Ensuite, ils utilisent la moindre occasion, ou provoquent cette occasion pour mettre en œuvre leurs politiques sans considération aucune pour l’intérêt des populations.
Naomie Klein précise : « Les crises sont d’une certaine façon les zones franches de la démocratie, des moments vacants au cours desquels les règles habituelles touchant le consentement et le consensus ne semblent pas s’appliquer ».
Le but de ce capitalisme agressif est de détruire les économies locales, nationales, voire internationales, de manière contrôlée, afin de reconstruire selon un nouveau plan, à son avantage. On exploite une crise existante, on manigance, on organise une crise afin de modifier les règles économiques, politiques, environnementales, sanitaires, voire les institutions, voire les façons de penser de la population, à l’avantage du secteur privé. On crée des problèmes de toutes pièces afin d’y apporter des solutions qui implémentent la nouvelle organisation voulue.
La crise, réelle ou provoquée, accompagne les politiques de destruction contrôlée. Elle permet d’accélérer le mouvement dans le sens de transformations que les populations n’auraient pas acceptées sans cette crise.
John Kotter, professeur de management à Harvard, né en 1947, a théorisé des étapes de conduite du changement, à l’origine des crises créées de toutes pièces.
1- « Créer un sentiment d’urgence dans la population cible pour la déstabiliser ».
2- Faire adhérer la population cible au discours : l’émotion la plus facile à manipuler est la peur. L’anxiété évolue à terme vers l’angoisse, la dépression, la perte de sens et d’élan pour la vie.
3- Fédérer la plus large part de la population autour du « narratif » proposé.
4- Ostraciser toute critique n’allant pas dans le sens de la nouvelle doxa, en diabolisant cette critique, en jetant l’opprobre sur ceux qui la portent, en les traitant par exemple de complotistes ou de charlatans. Culpabiliser les récalcitrants. « Diviser pour mieux régner ».
5- Aller suffisamment vite dans la mise en place des changements pour que tout le monde soit surpris et que les acteurs les plus sages ne puissent pas se faire entendre.
6- Les habitus transformés deviennent la nouvelle norme. La plupart des gens oublient l’ancienne norme, notamment les couches les plus jeunes de la population.
Ainsi, la stratégie du choc, la banalisation du mal se déploient et se distillent dans une mise en scène de la crise permanente, climat, virus, attentats… Une ambiance désespérante s’ajoute aux difficultés individuelles et aux multiples atteintes de la perversion quotidienne pour mener chacun vers le désespoir, le cynisme ou l’indifférence.
Dans ce cadre, la philanthropie devient un levier pour renforcer les positions de monopoles des grandes entreprises, tout en se soustrayant totalement à l’impôt. Des acteurs transnationaux localisent leurs fondations dans des paradis fiscaux ou dans des zones d’optimisation fiscale. Ils détournent les ressources publiques sous forme de dons déductibles d’impôts, tout en imposant leurs propres idéologies, des solutions technocratiques dans la gestion de l’environnement ou de la santé.
Au lieu de redistribuer la richesse ou de soutenir des causes universelles, ce système fortifie les inégalités et les structures de pouvoir existantes, impose une empreinte idéologique et économique qui échappe au contrôle démocratique. Les élites philanthropiques ne contribuent jamais réellement à l’impôt.
Sous l’influence des grandes fondations, l’accès à la santé, à l’environnement, à l’éducation, à la culture, se transforme en marché où tout est mercantilisé. Les fondations remplacent peu à peu les services vitaux par des solutions privées, uniquement à des fins lucratives. Nos impôts sont spoliés au profit d’acteurs privés.
Ainsi, dans le domaine médical, la fondation Rockefeller a transformé la médecine en un secteur industrialisé, en un marché lucratif. Les patients dépendent des médicaments et des traitements pharmaceutiques, et délaissent des alternatives plus bénéfiques, mais moins rentables. La santé n’est plus un droit, mais un produit commercial au service des intérêts privés.
La fondation Bill et Melinda Gates a soutenu des initiatives en matière de santé publique, notamment en matière de vaccination et de contrôle des maladies, en partenariat avec des entreprises pharmaceutiques. Elle oriente l’agenda mondial en imposant des solutions privées et débauche les fonds publics en faveur de multinationales.
Les réformes climatiques mondiales sont devenues un terrain privilégié pour les grandes fondations philanthropiques comme la fondation Rockefeller, la fondation Ford, fondations qui altèrent la cause environnementale pour en faire un outil de profit privé. Ces fondations soutiennent les marchés de crédits carbone et la capture du CO2. Ces solutions ne s’attaquent pas aux causes du changement climatique, mais profitent aux entreprises polluantes et aux investisseurs privés.
Les politiques publiques servent les intérêts des grandes multinationales et minimisent le rôle de ces entreprises dans la détérioration environnementale par leurs activités polluantes. Et pourquoi des crédits carbone si le carbone est très utile à la vie ?
Ces philanthropes se posent en sauveurs de la planète et promeuvent un modèle où leur propre pollution industrielle reste largement hors de contrôle. 70 milliardaires se rendent chaque année à Davos en jets privés pour prêcher l’austérité écologique et demandent aux citoyens de « rouler à vélo » et de réduire leur consommation, tout en minimisant leur propre empreinte écologique.
Ces oligarques façonnent la gouvernance climatique, capturent les ressources publiques au profit de leurs intérêts économiques, et détruisent l’environnement qu’ils prétendent vouloir sauver.
Dans ce contexte, les fondations transnationales et les philanthropes façonnent activement des politiques publiques, de la santé à l’environnement, de l’éducation à la justice sociale et à la diplomatie internationale. Le peuple n’est plus maître de son destin. Les « démocraties » sont colonisées par des intérêts privés. La peur est bien au service de ces intérêts privés.
Jean Saunier