
Annoncé comme imminent, aucun accord n'a pourtant été officialisé entre les États-Unis et l'Iran dimanche. Donald Trump assure avoir demandé à ses négociateurs "de ne pas se précipiter". Son secrétaire d'État, Marco Rubio, estime qu'un deal est toujours possible lundi.
Le président américain va-t-il choisir la voie du compromis avec l'Iran ? Malgré l'apparente prudence de ses déclarations de dimanche 24 mai où il évoque la nécessité de "négociations ordonnées et constructives" pour "bien faire les choses et ne pas faire d'erreurs", Donald Trump paraît plus déterminé que jamais à trouver un début d'issue au guêpier dans lequel il s'est engagé fin février.
Pressé par tout le monde, à l'exception notable d'Israël de mettre un terme à la crise, le président américain envisage donc une sortie prévoyant, dans un premier temps, la réouverture du détroit d'Ormuz et la prolongation du cessez-le-feu. Il ne s'agirait que d'un protocole d'accord destiné à faire baisser les tensions sur les marchés et notamment à stabiliser les cours du pétrole.
La question du nucléaire discutée plus tard
Les questions essentielles seraient discutées plus tard, et en particulier le sujet le plus sensible du programme nucléaire iranien. "On ne peut pas signer un traité sur le nucléaire en 72 heures sur un coin de table", a d'ailleurs admis le secrétaire d'État américain, Marco Rubio. L'idée serait donc de se donner un délai de 60 jours pour aller dans le fond des discussions sur le nucléaire, avec plusieurs questions brûlantes sur la table : le sort des quelque 400 kg d'uranium hautement enrichi dont disposerait l'Iran, les capacités d'enrichissement de Téhéran et l'avenir de son programme nucléaire, avec tout ce qui concerne les centrifugeuses, les installations et le contrôle de ses activités.
Tout l'enjeu pour Trump est d'obtenir plus que l'accord signé en 2015 par Obama, dont il est sorti lors de son premier mandat. Ce qui inquiète les Israéliens et un certain nombre d'élus américains, particulièrement dans le camp républicain, celui de Trump, où les partisans d'une ligne dure avec l'Iran se sont désolés dimanche de l'hypothèse d'un accord sans engagement ferme de Téhéran. "L'accord proposé semble tout droit sorti du manuel d'Obama", a cinglé l'ancien chef de la diplomatie de Trump, Mike Pompeo sur les réseaux sociaux, ajoutant qu'on "est loin de 'l'Amérique d'abord'" chère à Donald Trump.
Benjamin Netanyahou a lui aussi partagé son inquiétude à la Maison Blanche lors d'un coup de fil samedi. Le Premier ministre israélien a insisté sur l'importance de la question nucléaire et redoute un accord qui l'empêcherait de poursuivre ses opérations contre le Hezbollah libanais. "Tout accord avec l'Iran garantira à Israël le droit de se défendre", a tenté de rassurer Marco Rubio lundi matin. La question nucléaire ne sera pas oubliée, a promis Trump au téléphone, mais la voix d'Israël semble clairement moins porter qu'elle ne le faisait fin février quand la guerre a débuté.
La Rédaction service International