
On ne le répétera jamais assez, si toute l’Europe ne marche pas au pas de l’oie, c’est parce que le peuple russe a payé le plus lourd tribut de cette guerre pour vaincre le nazisme, resté jusque là victorieux sur le front de l’Ouest.
Depuis la Perestroïka engagée par Gorbatchev et la fin de l’URSS, les archives russes ont permis d’actualiser les chiffres des pertes de la Grande Guerre patriotique. Près de 11 millions de soldats russes tués et 16 millions de civils. Chaque année, le 22 juin, une minute de silence est observée dans toute la Russie à l’occasion de la Journée de mémoire et de deuil, marquant le déclenchement des hostilités qui ont duré jusqu’en mai 1945.

C’est donc le 22 juin 1941 à 4 heures du matin, qu’Hitler déchirait le pacte germano-soviétique et lançait la plus vaste offensive de la Seconde Guerre mondiale contre l’Union soviétique, engageant des centaines de divisions de l’Axe. Nom de code de l’opération Barbarossa.
Ce jour là, le IIIe Reich signait son arrêt de mort sans le savoir et allait connaitre les plus sanglantes batailles de sa courte histoire. Une guerre totale, sans pitié, où Slaves, Juifs et Tziganes allaient connaitre les pires atrocités en marge des combats.
Les raisons et motivations d’Hitler sont multiples :
– ivresse des victoires rapides obtenues à l’Ouest, notamment contre le France
– haine viscérale du bolchevisme
– conquête de « l’espace vital »
– prise des ressources et des champs pétrolifères soviétiques
– certitude d’écraser rapidement l’Armée rouge avec ses généraux expérimentés
– espoir qu’une victoire sur la Russie ferait plier l’Angleterre
Mais les guerres ne se passent jamais selon les plans élaborés par les états-majors
Sur les 4,9 millions de soldats allemands tués au cours de la Seconde Guerre mondiale, 4,3 millions le furent sur le front russe et 600 000 sur le front de l’Ouest.
Hitler a donc englouti 88 % de son armée en Russie.
C’est pourquoi j’ai toujours considéré que le fait de ne jamais inviter les Russes aux commémorations du Débarquement, après la chute de l’URSS, était une ignominie sans pareille. On n’honore pas la mémoire des 180 000 GI’s, ainsi que les Alliés qui sont tombés sur nos plages de Normandie, en oubliant le sacrifice des 10,6 millions de soldats russes qui ont anéanti les légions hitlériennes et par conséquent permis le D-Day.
Sans eux, la barbarie nazie aurait triomphé, avec ses immondes théories raciales imposant la suprématie germanique sur les Slaves et les Juifs (théories qui renaissent en Ukraine, soit dit en passant, avec le silence complice de l’UE). Hélas, la russophobie ensauvage nos élites.
https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-24261/guerre-germano-sovietique/
Sur le front, les brillants généraux allemands se sont heurtés à une résistance inattendue, à un climat hivernal qui avait décimé l’invincible Grande Armée et à des problèmes logistiques colossaux vu l’immensité du théâtre d’opérations. Peuple et armée russes ont relevé le défi avec un courage et une volonté que les Occidentaux, hormis le général de Gaulle, n’ont jamais mis en avant. Les Russes n’ont malheureusement pas eu Hollywood pour faire rayonner leur victoire salvatrice.
Ce qui devait être une simple promenade de santé pour la meilleure armée du monde a finalement tourné au désastre, pour se terminer par la chute de Berlin en mai 1945.
« La plus grande armée jamais rassemblée dans l’histoire était expérimentée, bien organisée et très confiante. La force d’invasion était divisée en trois groupes d’armées : Nord, Centre et Sud, de la Baltique à la mer Noire. »
Les principales batailles de la guerre germano-soviétique :
Bataille de Białystok-Minsk de 1941
Bataille de Smolensk de 1941
Bataille de Kiev de 1941
Batailles de Kharkov de 1941, 42 et 43
Siège de Leningrad de 1941-44
Bataille de Moscou de 1941-2
Siège de Sébastopol de 1941-2
Bataille de Stalingrad de 1942-3
Bataille de Koursk de 1943
Bataille de Smolensk de 1943
Bataille de Berlin de 1945
À ses débuts, face à une armée soviétique mal préparée et désorganisée, l’offensive surprise est menée tambour battant, les Allemands faisant 2 millions de prisonniers. Une guerre éclair semblant donner raison à Hitler, sûr de la victoire finale.
Les attaques combinées très mécanisées – chars, artillerie, aviation et infanterie – font merveille en rase campagne et tout se déroule comme espéré. Mais c’est devant les villes que tout se complique et que l’assaillant s’enlise. Et l’hiver 1941, ennemi non prévu dans cette guerre éclair, ramène les généraux allemands aux dures réalités du climat russe. La guerre avec une température de – 35°, ce n’est plus la même musique qu’en juin. Les carburants gèlent, le sol est dur comme la roche. Les soldats de l’Axe connaissent le sort des grognards de Napoléon. Quant aux Russes, équipés de matériels adaptés au froid sibérien, ils sont dans leur élément.
De plus, l’élan civil pour défendre la patrie est total.
« À Leningrad, 40 000 civils, hommes et femmes, formèrent des unités de milice pour aider à défendre la ville, et à Moscou, 600 000 civils aidèrent à construire les défenses de la capitale. »
« La logistique se complique. « Hitler n’avait pas prévu une longue campagne, mais Staline, lui, si. Une grande partie de l’industrie lourde avait déjà été déplacée vers la sécurité de la Russie centrale et orientale, ce qui permit à Staline de mieux réapprovisionner ses armées. »
Dès 1942, l’armement russe prend le dessus.
« Les chars moyens T34 de 26 tonnes, par exemple, furent produits en plus grand nombre. Ces chars avaient une puissance de feu, un blindage et une mobilité supérieurs à ceux des armées de l’Axe, et ils pouvaient résister à la plupart des canons antichars. Une autre arme soviétique très efficace était le lance-roquettes Katioucha BM-13, connu sous le nom d’“orgue de Staline”. Montée sur un camion, cette arme pouvait tirer rapidement 16 roquettes de 132 mm à combustible solide. Le problème était de fabriquer suffisamment de ces armes et de les livrer là où elles étaient le plus nécessaires. »
Si Napoléon a pu s’emparer de Moscou, les Allemands se sont brisés les dents sur les défenses du général Joukov.
La puissance industrielle soviétique s’impose.
« En 1942, l’Allemagne produisit 15 409 avions et 9 200 chars, contre respectivement 25 436 et 24 446 pour l’URSS. »
Stalingrad, bataille emblématique et grand tournant de la guerre (juillet 42 et février 43)
« La défaite de Stalingrad entraîna la destruction de toute la sixième armée allemande et la reddition de 91 000 soldats, dont le maréchal Friedrich Paulus (1890-1957). »
Les victoires soviétiques s’enchaînèrent, tandis qu’Hitler devait faire face à un nouveau front à l’Ouest dès juin 1944.
Bataille de Berlin et la fin du rêve hitlérien d’un Reich de 1000 ans
En janvier 1945, les Soviétiques lancèrent la plus grande offensive de toute la guerre. L’objectif était Berlin. L’Armée rouge disposait d’un avantage d’environ 10 contre 1 en termes de soldats pour cette poussée finale. Au total 2,5 millions de soldats, 6 250 véhicules blindés, 10 400 canons et 7 500 avions – pour écraser le cœur du Troisième Reich.
L’Allemagne capitula officiellement le 7 mai 1945
Le général de Gaulle disait que la Russie était invincible. Il avait évidemment raison.
On ne peut donc que déplorer que les Occidentaux aient oublié les leçons du passé.
Les deux plus puissantes armées de leur temps, la Grande Armée et la Wehrmacht, se sont brisées en croyant ne faire qu’une bouchée de la Russie. Ce ne sont donc ni les États-Unis, ni les armées squelettiques européennes qui pourront venir à bout d’un peuple qui a conservé intacte la fibre patriotique de Stalingrad.
Merz, le revanchard, ne peut que mener le peuple allemand au désastre, pour la troisième fois. Quant aux autres va-t-en-guerre, ils ne savent pas ce qu’ils font.
Jacques Guillemain