
Mesdames, messieurs, et toutes les nuances de l’arc-en-ciel qui transpirent déjà comme des fontaines à Barbès, c’est officiel : la « marche des fiertés » 2026 est annulée. Toutes les « tafioles de merde » (voir explication plus loin) vont devoir rentrer à la maison la queue basse. Et pas à cause des fachos. Le responsable de cette cata cul-turelle à nom canicule. La vraie, celle qui te fait fondre le maquillage avant même d’avoir enfilé ton string à paillettes. Avec 40 degrés à l’ombre et des hôpitaux saturés, les organisateurs ont préféré reporter le défilé en septembre plutôt que de ramasser des drag queens déshydratées comme méduses au soleil.
D’abord, précisons un truc pour les incultes : « canicule » ne veut pas dire « cul de chien ». Même si, avouons-le, l’image d’un derrière canin en pleine canicule colle parfaitement à l’ambiance moite de ce samedi. Non, l’étymologie est plus classieuse. Ça vient du latin canicula, « petite chienne », qui désigne Sirius, l’étoile la plus brillante de la constellation du Grand Chien. Quand Sirius se lève avec le Soleil en juillet-août, les Romains disaient (en latin dans le texte) : « Putain, c’est le petit chien qui nous grille ! ». Aujourd’hui, rebelote : le ciel nous envoie son petit toutou stellaire pour nous rappeler que l’univers est un comique sadique. Sirius, le brûlant gay-friendly de l’Antiquité, aurait sûrement ajouté : « Mais pas trop près des fesses, hein. »
Et là, coup de théâtre cosmique : la canicule est homophobe. Oui, vous avez bien lu. Elle discrimine les corps qui osent s’exposer en short arc-en-ciel, en cuir, en plumes, en rien du tout. Les hétéros bien au frais dans leur pavillon avec clim’ ? Nickel. Les fiertés qui veulent danser place de la République en hurlant « Love is love » pendant que leur fond de teint coule comme un Niagara ? Carbonisés. C’est du racisme anti-paillettes, ni plus ni moins. Météo France, complice des forces réactionnaires. Bolloré est évidemment à la manœuvre. Il faut saisir l’Arcom et demander une nouvelle fois la fermeture de CNews. Il faut également demander des comptes à RuPaul elle-même : qu’elle nous explique comment ses perruques monumentales, bigoudis géants, mèches fluo, volumes impossibles, ne résistent pas dès que les températures dépassent les 40° chrono : ça fond, ça glisse, ça devient une serpillière ! On a dit que c’était une marche des fiertés, pas un défilé de drag queens fondues façon camembert au micro-ondes, avec perruques naufragées et fond de teint en mode coulées de lave.
Mais attention, la canicule, même homophobe, reste une gentille dilettante comparée à certaines « forces de gauche »
Prenez LFI. Par exemple. La canicule annule une Pride ? Dommage. Mais au moins elle ne soutient pas des imams qui rappellent, comme Iquioussen, que « l’homosexualité est condamnée par le Coran ». Le nouveau maire LFI de La Courneuve a défendu ce prédicateur pas très gay friendly. Chaleur ou pas, certains camarades préfèrent les alliances électorales aux principes. Priorité : les voix de la Nouvelle France. Ça passe largement avant les droits des tafioles.
Ah oui, au fait, les tafioles ! Précisons : tafioles « de merde ». On rappelle le contexte : en 2018, des journalistes/rédacteurs du Média, torchon extrême que Chikirou dirigeait à l’époque, avaient diffusé une fausse information (concernant la mort d’un étudiant à Tolbiac pendant des manifestations). Lorsque des salariés dudit torchon ont demandé à publier un communiqué rectificatif pour corriger le tir, Dame Sophia, très énervée, leur a répondu par SMS : « Ils le font, le signent et se le mettent dans le cul profond. Cette bande de tafioles de merde. » Second degré, évidemment. Comme quand on traite les Juifs de sionistes. Par humour talmudique, bien sûr. LFI, le parti où l’inclusivité s’arrête là où commencent les calculs électoraux. Et les qweers sont peut-être sympas, mais ils ne font pas le poids face aux bataillons de l’iman Iquioussen. Alors rentrez chez vous gentiment, les tafioles. De merde, of course. Et estimez-vous heureuses qu’on ne vous tranche pas le zizi et tout le reste comme en Arabie saoudite, pour vous apprendre à vivre.
Résultat : pendant que la canicule, cette chienne stellaire, annule la Pride par pure méchanceté thermique, LFI continue son numéro d’équilibriste. D’un côté, drapeau arc-en-ciel en manif. De l’autre, soutien discret (et plus si aff.) à des courants qui considèrent la tafiolitude merdique comme un péché et le glaive comme la juste sentence d’Allah le miséricordieux. C’est beau, la dialectique : on défile contre l’homophobie le matin, on pactise avec elle l’après-midi pour les municipales, les législatives et les présidentielles.
Alors mes chers fiertés, profitez de ce report en septembre. Restez au frais. Hydratez-vous, bien sûr. Quittez vos pulls et anoraks. Baissez le chauffage. Et surtout, n’oubliez pas : la vraie canicule, celle qui brûle les droits, n’a pas besoin de 40 degrés. Elle a besoin d’alliés qui ferment les yeux. Sirius vous grille tous équitablement. LFI, sélectivement. Mais plus efficacement.
Henri Dubost