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« La démocratie, c'est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave »  Charles de Gaulle

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LA FRANCE LIBÉRÉE 2027

ASSASSINATS - Louis et Lyhanna, assassinés parce qu’abandonnés par l’État profond

Mort de Louis : un millier de personnes pour lui rendre hommage, un  rassemblement à l'appel de militants d'extrême droite

Louis avait dix-sept ans. Il est mort le 23 juin, après une agonie d’une nuit entière, abandonné sur un chantier près du canal de la Robine à Narbonne, battu jusqu’à l’inconscience par cinq jeunes qui ont filmé la scène en riant. Trois d’entre eux sont mineurs. Plusieurs étaient déjà fichés par l’Aide sociale à l’enfance. Ce pays vient d’ajouter un nom à la longue liste des enfants que ses institutions ont sacrifiés sur l’autel de leur propre impuissance.

Car ce drame n’a rien d’un accident de parcours. C’est l’aboutissement méthodique d’une série d’abandons. Le père de Louis l’a dit avec une rage froide : il avait demandé de l’aide, à tout le monde, partout. Un « gentil garçon, poli, bien élevé », traversant des difficultés que le système a réglées en quinze minutes chrono d’évaluation psychiatrique avant de l’expédier dans un foyer d’urgence où, selon les mots mêmes de son père, « il n’avait rien à faire ». Le 11 mai, Louis porte plainte pour violences. Le 12 juin, en fugue, il subit une nouvelle agression et termine à l’hôpital. Des signalements remontent jusqu’à un éducateur de l’ASE. Et puis rien. Le 19 juin, le piège se referme. Le 23, Louis meurt.

À chaque étape de cette mécanique, quelqu’un savait. Quelqu’un était payé pour savoir, pour agir, pour protéger. L’Aide sociale à l’enfance dispose de milliards d’euros à l’échelle nationale et d’une armée de fonctionnaires dont la mission unique est de mettre les enfants vulnérables à l’abri de ceux dont ils doivent être tenus éloignés. Elle a fait l’inverse : elle a placé Louis au contact direct du danger, puis elle a regardé ailleurs pendant que ce danger faisait son œuvre, plainte après plainte, alerte après alerte, hôpital après hôpital.

Ce nom, Louis, rejoint désormais celui de Lyhanna dans ce mémorial qui ne devrait jamais exister : celui des enfants morts non pas malgré le système, mais à cause de lui. Même schéma, mêmes signalements ignorés, même empilement de sigles et de procédures où, à la fin, plus personne ne répond de rien. On nous expliquera, comme toujours, qu’il s’agit d’un « dysfonctionnement isolé », d’un « manque de moyens », d’une « surcharge des services ». Mais quand l’isolé se répète à l’identique d’un dossier à l’autre, ce n’est plus un accident. C’est un système.

Et pendant que la famille de Louis hurlait dans le vide, qu’a fait le sommet de l’État ? Rien. Pas d’hommage officiel, pas de mot du gouvernement, pas de condoléances d’Emmanuel Macron. Comparez ce silence à l’empressement habituel des éléments de langage présidentiels dès qu’un fait divers se prête à la moindre récupération politique. Là, silence radio. Comme si un adolescent de dix-sept ans lynché par cinq jeunes ne méritait ni une phrase ni une pensée, du moment que l’affaire ne sert aucun récit utile à la macronie.

Et ce système a un nom : ceux qui le dirigent, ceux qui le votent, ceux qui le couvrent. Les élus qui votent des budgets sans jamais exiger de comptes sur leur usage réel. Les juges qui découvrent, après coup, des faits qu’ils qualifient gravement de « prémédités », comme si la prémonition judiciaire n’arrivait jamais qu’après les cadavres. Les policiers qui enregistrent des plaintes classées dans des tiroirs administratifs pendant que les prédateurs, eux, continuent de circuler librement, parfois jusque dans les mêmes foyers que leurs victimes. Tout ce monde est rémunéré par l’argent des Français pour une seule mission : protéger les enfants de ce pays. Tout ce monde a failli.

La tante de Louis, Marie-Julie, a eu cette phrase qui restera : « La peur doit changer de camp ». Elle ne brandissait aucune menace. Elle dressait un constat. Car jusqu’ici, la peur a toujours été du même côté : celui des familles qui suppliaient qu’on les écoute, celui des adolescents fragiles livrés à eux-mêmes dans des foyers censés les protéger, celui des parents qui frappent à toutes les portes sans qu’aucune ne s’ouvre. Pendant ce temps, les agresseurs, eux, avançaient avec cette tranquillité particulière de ceux qui savent que le système les accompagnera toujours plus volontiers qu’il ne les arrêtera.

C’est la famille de Louis qui a dû porter seule la charge de l’électrochoc, en rendant publiques des images insoutenables, parce qu’aucune institution n’avait jugé utile de le faire avant elle. Ce sont les proches d’une victime, encore une fois, qui font le travail que l’État est censé accomplir : regarder la vérité en face et l’imposer au pays.
Combien d’enfants encore devront mourir pour que ce système, qui se gargarise de mots comme « protection », « prévention » et « accompagnement », accepte enfin de regarder ce qu’il produit réellement : des dossiers, des sigles, des évaluations expédiées, et des cercueils d’adolescents de dix-sept ans. La peur doit changer de camp, a dit Marie-Julie. Il serait temps que ceux qui sont payés pour protéger nos enfants commencent enfin, eux aussi, à avoir peur de ce qu’ils laissent faire. Et il serait temps, surtout, que ce silence du sommet de l’État cesse d’être la réponse par défaut chaque fois qu’un enfant de ce pays meurt sous les coups de ceux que le système était censé surveiller.

Jérôme Viguès

Date de dernière mise à jour : 01/07/2026

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