
Chateau féodal de Fère-en-Tardenois (Aisne)
Un homme de 23 ans a été arrêté mercredi soir, quelques heures après le drame. Il a reconnu avoir été présent au moment des faits et avoir utilisé un couteau à son encontre, mais il nie avoir eu l'intention de la tuer.
Elle se rendait à pied au collège lorsqu'elle a été attaquée. Chloé, 14 ans, est morte mercredi 6 mai, après avoir reçu de "multiples coups portés à l'arme blanche" à Fère-en-Tardenois (Aisne), a déclaré le parquet de Soissons. Un homme de 23 ans, arrêté mercredi soir, a reconnu, jeudi, "avoir été présent au moment des faits et avoir fait usage d'un couteau à son encontre", selon le parquet. Il affirme également avoir eu une relation amoureuse avec l'adolescente. Franceinfo vous résume ce que l'on sait du drame.
L'adolescente frappée par "de multiples coups à l'arme blanche"
Vers 8 heures, mercredi matin, les services de gendarmerie ont été alertés après la découverte d'une adolescente "très grièvement blessée sur la voie publique" à Fère-en-Tardenois, une commune de 2 800 habitants au sud de Soissons, a expliqué le parquet dans un communiqué. A l'arrivée des secours, "la jeune fille était malheureusement décédée, atteinte de multiples coups portés à l'arme blanche".
Selon le parquet de Soissons, les premiers éléments de l'enquête laissent entendre que l'élève de troisième se rendait au collège Anne-de-Montmorency à pied lorsqu'elle a été attaquée. "De nombreuses plaies au niveau du cou" lui ont été infligées.
"Ça aurait pu être moi puisqu'on était proches quand même, on était à dix mètres ou même pas", a témoigné à franceinfo Emma, présente le matin du drame. "Je vois que Chloé, qui habite juste en bas, est partie de chez elle. Elle est derrière moi. Je tourne la tête et je ne la vois plus." Ce n'est qu'une fois arrivée au collège qu'elle a appris la mort de sa camarade.
Interrogée par France 3(Nouvelle fenêtre), l'une des camarades de Chloé a décrit l'adolescente comme quelqu'un de "solaire". "Elle avait toujours le sourire", a confirmé à l'AFP Mélissa, une connaissance du collège qui faisait habituellement le trajet avec elle, mais pas mercredi.
Un homme de 23 ans arrêté
De très importantes opérations de recherches ont été lancées pour retrouver le suspect, en fuite. Un homme de 23 ans a été interpellé mercredi à 18h07 à Soissons, à 25 kilomètres de Fère-en-Tardenois. Il a été ensuite placé en garde à vue.
Selon le parquet, il s'agit d'un majeur, sans profession, vivant chez ses parents. "Les liens avec la jeune victime restent à déterminer avec précision mais il pourrait s'agir d'un ancien petit ami", a ajouté le parquet. Selon les informations de France Télévisions, la jeune fille se sentait menacée ces derniers jours. "Elle m'avait dit que ça faisait deux ans qu'elle était avec lui et qu'ils venaient de se séparer", a assuré l'un de ses camarades.
Cet homme a effectivement précisé avoir eu "une relation amoureuse avec la jeune fille, récemment terminée", a rapporté la procureure de Soissons dans un nouveau communiqué, jeudi après-midi. Il reconnaît "avoir été présent au moment des faits et avoir fait usage d'un couteau à son encontre", mais il nie "l'intention homicide" visant l'adolescente, a ajouté la magistrate, qui appelle à considérer ces informations "avec prudence, compte tenu du stade très précoce de l'enquête". La procureure a également précisé que l'homme arrêté était connu des services de police et de justice pour un fait de port d'arme sans motif légitime, commis en 2023.
Une enquête ouverte pour "assassinat"
Les "investigations se poursuivent", et le parquet a exprimé, dans son communiqué, son "soutien" et sa "détermination" à la famille de la victime. Une enquête de flagrance a été ouverte pour assassinat, sous l'autorité de la procureure de Soissons et confiée à la section de recherches d'Amiens.
Plus de 85 gendarmes ont été mobilisés dans un "dispositif exceptionnel" après "cet événement dramatique" pour rechercher l'auteur des coups, a détaillé la gendarmerie. Les recherches ont également été menées par des dronistes, des équipes cynophiles, une équipe du GIGN et des "militaires spécialisés dans la recherche de personnes".
Une cellule d'écoute et une cellule d'urgence médico-psychologique ont été déployées mercredi matin au sein du collège, a souligné dans un communiqué le recteur de l'académie d'Amiens, Pierre Moya. "Elles resteront accessibles aussi longtemps que nécessaire, afin de permettre à chacun d'être soutenu dans cette épreuve", a-t-il ajouté. La préfète de l'Aisne, Fanny Anor, et Pierre Moya se sont rendus sur place jeudi matin pour apporter leur soutien à la communauté éducative et aux élèves.
L'inquiétude était grande parmi les parents d'élèves rencontrés jeudi devant l'établissement, qui a ouvert ses portes jeudi matin aux élèves souhaitant être accueillis. "C'est très difficile (...). C'est l'horreur absolue", a témoigné une mère de famille à l'AFP. "On regarde partout, affirme une autre à France 3. Mes enfants me demandent de sortir dans la rue, je dis non et c'est un non catégorique." "Tout le monde a peur, abonde une autre habitante de la commune. Moi, j'ai emmené ma fille au bus ce matin parce qu'elle a peur. Mon autre fille n'a pas dormi de la nuit."
Le Livre Noir