
La dernière évaluation du régime est que l’économie iranienne pourrait ne pas résister à plus de six à huit semaines de blocus maritime des forces armées des États-Unis.
Les officiels de la sécurité nationale considèrent qu’à la fin du printemps, jusqu’à deux millions de civils supplémentaires risquent de perdre leur emploi dans le secteur privé. Selon le rapport, les autorités sécuritaires d’Iran ont conclu que des manifestations publiques sont inévitables, la seule inconnue n’est pas s’il y aura des émeutes, mais quand. Le moment de leur déclenchement sera soudain. Boum comme en Syrie ? Probablement pas. Comme le Printemps arabe ? Peut-être…
Les sources indiquent que les services de sécurité iranienne estiment que l’économie ne tiendra pas plus de six à huit semaines sous le blocus naval américain imposé depuis le 13 avril et que jusqu’à deux millions d’emplois supplémentaires dans le secteur privé pourraient disparaître d’ici fin du printemps,
Que vont faire les États-Unis et Israël ?
Les États-Unis et Israël ont déjà démontré qu’ils ne veulent pas risquer de tuer des civils iraniens ni d’apparaître comme des occupants ou des fauteurs de guerre. Leur stratégie : frappes ciblées sur les centres de commandement sécuritaires et appels rhétoriques à la révolte.
Le plus sage : maintenir et exploiter le blocus naval comme levier principal.
Préparer l’après-crise (négociations ou transition)
Si les manifestations affaiblissent le régime au point de le forcer à la table des négociations ou de le faire vaciller, Washington ferait bien de ne pas répéter les erreurs et de s’appuyer sur de mauvais acteurs pour verrouiller un accord nucléaire durable.
Le marché de dupes
L’Iran vient de faire une nouvelle proposition :
La réouverture du détroit d’Ormuz
La fin de la guerre
La levée du blocus naval américain sur les ports iraniens
En échange, les discussions sur le programme nucléaire seraient reportées à plus tard (pas de suspension immédiate de l’enrichissement, pas de remise du stock d’uranium enrichi). C’est une offre « étape par étape » classique de Téhéran pour soulager la pression économique tout en gardant ses atouts stratégiques. En clair, leur objectif reste le même depuis février : aucune concession. Zéro. Nicht. Nada.
Trump a déclaré qu’il n’a pas très confiance dans ces nouvelles propositions du régime.
Il a dit qu’il « n’est pas satisfait », qu’il « doute de la bonne foi iranienne » et qu’il « refuse un accord qui ne règle pas le nucléaire en priorité ».
Le secrétaire d’État Marco Rubio a publiquement écarté tout deal qui exclurait le volet nucléaire.
Ce mardi matin 28 avril, Trump maintient donc le blocus naval comme levier principal.
L’administration Trump ne change donc pas de cap : elle exige un changement du comportement du régime ; le renoncement au nucléaire, l’envoi du stock d’uranium à l’étranger, la fin du programme de missiles balistiques longue portée, l’ouverture totale et la liberté totale de circulation dans le détroit d’Ormuz, et la fin du financement du Hezbollah, du Hamas, des Houthis et autres milices d’Irak. Par des pressions internes et externes maximales plutôt que par la guerre totale, pourquoi pas ?
Jean-Patrick Grumberg
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