Près de quatre mois après son hospitalisation, l’humoriste a accordé un entretien d’une heure au média Sirènes sur YouTube. L’occasion pour lui de donner de ses nouvelles.

«Une chose est sûre, ça ne va pas aller de mieux en mieux», a fait remarquer Jean-Marie Bigard au média Sirènes sur YouTube, ce jeudi 16 juillet. C’est la première fois que l’humoriste s’exprime publiquement depuis son hospitalisation en mars dernier. Il avait été victime de trois accidents vasculaires cérébraux, coup sur coup. Son épouse, Lola Marois, avait donné des nouvelles peu rassurantes de son mari pendant sa convalescence. Heureusement, il semble aujourd’hui aller un peu mieux.
«Je vais très bien. Je digère tranquillement mes AVC. J’en ai fait en tout trois. Un il y a deux ans et puis deux assez rapidement. Ça affecte ma vie parce qu’évidemment, j’ai des problèmes d’équilibre. Je suis évidemment très correctement suivi. Ma femme y tient beaucoup, mes enfants aussi. Ils n’arrêtent pas de me dire : “Papa, ne meurs pas, on a besoin de toi”», a-t-il témoigné.
Pour tenter de dédramatiser la situation avec ses enfants, dont les plus jeunes ont 13 et 15 ans, Jean-Marie Bigard évoque régulièrement le sujet de la mort avec eux. «J’en parle très souvent et le plus souvent possible et en rigolant, en leur disant : “Faites attention quand vous m’engueulez ou que vous me trouvez un défaut. Quand je ne serai plus là, je n’aurai plus de défaut”. Je les ai prévenus d’une chose, c’est que, comme disait je ne sais plus quel philosophe, on meurt en réalité deux fois. On meurt la première fois où on ne respire plus, on est froid comme la tombe. Et puis on meurt une deuxième fois, c’est quand on ne prononce plus ton nom. Ça, c’est la deuxième mort qui, elle, est définitive», a-t-il affirmé.
L’humoriste, se sentant prendre de l’âge, espère une seule chose : que son public se souvienne de lui après sa disparition. «Je n’ai pas fait attention ni à la longueur ni à ma longévité sur scène. Ce qui est sûr, c’est que je crois et je serai fier quand on continuera à dire que c’est du Bigard. Bigard, c’est un mec qui dit ce qu’il pense, même si une énorme majorité de gens sont contre lui, il ne peut pas s’empêcher», a-t-il déclaré.
S’il semble avoir longuement réfléchi au sujet de son décès, l’humoriste a encore du mal à l’accepter. «En ce moment, je suis d’autant plus affaibli qu’évidemment, il me manque beaucoup de ressorts, de répondant. Ça, ça me fait chier. En fait, la mort me fait chier. Oui, me sentir vieillir, ça me fait chier, a-t-il avoué avant de conclure : Je constate, comme sur un abaque, ma décrépitude. Je la constate avec mon kiné qui tente de me dire ce que tous les kinés te disent : “Bougez, marchez, faites du sport”. Je dis : “C’est une blague ? Je ne peux plus faire de sport”. Et donc je sais très bien que l’entonnoir dans lequel je suis parti fait que moins je pourrai en faire. Et donc je n’attends pas, comme un con, de mourir pendant mon sommeil ou à force de ne plus pouvoir faire quoi que ce soit».
Marine Cassan