Drame de Crans Montana
Une seconde enquête devrait porter sur l'organisation des secours. Des défaillances auraient aggravé l'état de santé de victimes, selon des avocats.
Dès les heures qui ont suivi le drame de Crans-Montana, les secouristes ont été considérés comme des héros, salués et remerciés à de multiples reprises, par les autorités comme par nombre de victimes ou de leurs proches. La justice valaisanne, pourtant, va certainement ouvrir une nouvelle instruction pénale portant sur la gestion des secours.
La révélation est venue de la « Stampa », en Italie.
Et si elle n’a pour l’heure pas été confirmée officiellement par la justice, plusieurs médias dont la RTS affirment désormais que cette enquête va bel et bien être ouverte. Elle sera distincte de la principale, car pour les secours il n'est évidemment pas question d'une quelconque responsabilité qui aurait pu mener à l’incendie meurtrier de Nouvel An.
Mais pourquoi? Que reproche-t-on aux intervenants de la première heure ou à ceux qui ont organisé les secours?
Deux plaintes pénales ont été déposées par des avocats de victimes. L’une vient de l’avocat italien Fabrizio Ventimiglia, qui représente une adolescente de 15 ans grièvement brûlée dans la station valaisanne.
Pour lui, a rapporté la «Stampa», des victimes se seraient retrouvées laissées à terre devant le Constellation, brûlées, à moitié nues. Il n'y avait pas assez de brancards, pas assez de couvertures, pas assez de bouteilles d'oxygène, plaide-t-il, disant se baser sur les témoignages de survivants.
«On parle de Crans-Montana. C'est une destination renommée qui accueille des milliers de touristes chaque hiver. Il est inconcevable qu'à quelques minutes de la ville, il n'y ait pas un entrepôt contenant tout le matériel nécessaire pour intervenir efficacement en cas d'accident», a-t-il argumenté dans le quotidien italien.
« Complications considérables »
Selon lui, à cause d'une «coordination insuffisante», une partie du matériel nécessaire est arrivée tard à Crans-Montana. Et, souligne-t-il avant tout, il estime que l’indisponibilité initiale d’une bouteille d’oxygène pour sa jeune cliente «a probablement aggravé son état de santé».
L’autre plainte ? Elle vient de l’avocat et conseiller national valaisan Philippe Nantermod, qui représente également une victime, un jeune de 16 ans. Selon des révélations de la RTS, il affirme que la gravité des blessures de l'adolescent a été largement sous-évaluée» et qu'il a subi «des complications considérables auxquelles il aurait échappé au moins partiellement en cas d'une meilleure prise en charge».
Mise en cause, l'Organisation cantonale de secours valaisanne (OCVS) a réagi par écrit. «Les équipes engagées sur le terrain sont toujours composées de professionnels qualifiés spécifiquement formés à la gestion de situations d'urgence en contexte de victimes multiples», a indiqué l'OCVS à la RTS. Et d'ajouter que «l'évaluation, qui repose sur des protocoles éprouvés, vise à prioriser les prises en charge en fonction de l'état clinique observable à un instant donné et en fonction de la gravité de la situation sur place».
Par «respect pour les victimes et leurs proches», l'Organisation cantonale de secours valaisanne indique qu'elle ne commentera pas davantage «les allégations portées» contre son dispositif.
Le Livre Noir