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LA FRANCE LIBÉRÉE 2027

MONTREUX JAZZ - RAYE a fait tourner la tête du Stravinski

Raye affole les charts avec son viral « Where is My Husband! »

Vendredi soir, RAYE a ouvert la 60e édition du Montreux Jazz Festival. Elle a chanté depuis une scène à 360 degrés, avec Alicia Keys et Mark Ronson en invités surprise.

Il est 21 heures passées quand RAYE entre enfin en scène, après un retard d’une trentaine de minutes, le temps que le public trouve sa place. C’est que le 2m2c, tout juste rénové, doit encore trouver ses marques. Ce soir-là, l’Auditorium Stravinski a changé de visage. La salle s’est transformée autour d’une scène à 360 degrés imaginée avec Audemars Piguet.

RAYE entre par la porte douce avec «Who Knows Where the Time Goes», en évoquant son admiration pour Nina Simone et en rappelant son passage de 1976. Le concept est clair: pour cette soirée d’ouverture, il ne s’agira pas seulement de jouer ses chansons, mais d’entrer dans la mémoire du lieu. Robe en dentelle ajourée, deux choristes, cordes, cuivres, clavier et batterie autour d’elle, l’artiste déroule une fresque soul, jazz et pop, telle une maîtresse de cérémonie venue prendre son temps. Et elle le dit presque aussitôt: ce soir, elle a beaucoup à raconter.

Une première secousse arrive avec Mark Ronson. Le producteur britannique rejoint la scène, basse en main, pour une décharge de «Uptown Funk», avant de retrouver RAYE sur «Suzanne». La salle commence alors à vraiment bouger. Il fait chaud au Stravinski, et pas seulement à cause de juillet ou d’une clim dont on a rêvé presque trois heures durant.

Toujours sur cette scène qui tourne par moments, RAYE prend aussi Montreux par son histoire. Elle convoque James Brown, Ray Charles, Ella Fitzgerald, Prince et Al Green. Chaque reprise arrive précédée d’un récit, d’une date, d’une révérence. 1991 pour James Brown, 1997 pour Ray Charles, son année de naissance à elle, puis Ella Fitzgerald, qu’elle présente comme l’une de ses artistes préférées de tous les temps. «Sex Machine», «Georgia on My Mind», «Summertime», «Purple Rain», «Let’s Stay Together»: le concert prend des airs de traversée du patrimoine.

Entre deux chansons, elle bavarde, plaisante, se met au piano, semble hésiter sur une tonalité, puis recommence avec grâce et ce délicieux humour britannique. Elle raconte les amours cabossées derrière «Worth It», puis la douleur plus grave de «I Know You're Hurting». Elle revient aussi à la famille, à sa mère, à la santé mentale, aux femmes, à cette idée simple et très juste que la musique soigne parfois ce que les mots n’arrivent pas à tenir.

Vers 22h25, le sommet de la soirée surgit avec Alicia Keys. La star américaine s’assied au piano, lance «If I Ain’t Got You» et le Stravinski explose. Avec RAYE, elle enchaîne sur «Oscar Winning Tears», toutes deux assises à même la scène, à grands renforts de regards complices.

En fin de parcours, RAYE chante pour son grand-papa, remercie sa famille suisse, ses proches, son équipe et l’équipe d’Audemars Piguet, qui l’accompagne depuis ses débuts avant que le monde entier ne se mette à la regarder. Puis elle demande au public de repartir avec un mot: «Joy». Ses sœurs la rejoignent, avant que RAYE ne revienne en rappel avec «Where Is My Husband!», tube rétro soul qui transforme le Stravinski en piste de danse.

Vendredi soir, RAYE n’a pas seulement ouvert le Montreux Jazz Festival. Elle a ouvert une boîte à souvenirs, où Nina Simone croisait Prince, où Mark Ronson faisait danser le funk, où Alicia Keys surgissait comme une étincelle, et où une artiste de 28 ans affirmait, sans arrogance, sa place dans une histoire plus grande qu’elle.

Floriane Simon (Le Matin.ch)

Date de dernière mise à jour : 10/07/2026

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