LA FRANCE LIBÉRÉE

SOCIÉTÉ- Mon couteau c’est tout simplement le prolongement de mon bras

Couteau de Cuisine Professionnel Fait Main - Précision & Ergonomie – Mon  espace cuisine

«Le couteau de poche, le plus sûr artisan de la culture populaire »
(Henri Vincenot ; « La Billebaude »).

Depuis quelques jours, les médias font beaucoup de battage pour le film « L’abandon » sorti cette semaine, qui relate les onze derniers jours avant l’assassinat de Samuel Paty. Ne l’ayant pas vu, je ne saurais donc émettre un avis sur ce film. En revanche, les réactions lors de sa sortie illustrent bien le pourrissement moral et mental d’une partie de la population de notre pays.

Sur CNews, j’ai entendu un youtubeur (ou influenceur ?) déclarer qu’il s’attendait « à un truc pas terrible, mais à quelque chose qui n’allait pas diaboliser encore plus les musulmans ». Il ajoutait « … Je savais que ça allait être mauvais. On savait que le film allait être bourbier… Faisons un film pour l’extrême droite, pour le Rassemblement national… ». Et il concluait en appelant à voter Mélenchon en 2027 et à « enculer » le RN. On voit que nous sommes dans la nuance, la critique honnête et la distinction. Ce genre de propos ne semble choquer personne au pays du « privilège rouge ». On imagine la levée de boucliers et les cris d’orfraie si un individu classé à l’extrême-droite avait fait l’apologie de ce film, appelé à voter Marine, Bardella ou Zemmour et à sodomiser LFI.

Arnaud Beltrame, Samuel Paty, Dominique Bernard et quelques autres sont morts à la suite de « blessure au cou » – doux euphémisme pour éviter de parler d’égorgement – perpétrée par des suppôts de Mahomet, dans un pays qui subit, et semble s’y habituer, 120 agressions au couteau par jour. Ce chiffre de 120 surinages remonte à 2017. Depuis, pour ne pas traumatiser l’opinion, on a arrêté de compter. On a préféré casser le thermomètre plutôt que de voir monter la fièvre. Çà et là, quelques imbéciles ont suggéré…d’interdire la vente des couteaux. Mais de qui se moque-t-on ?

Le couteau – poignard, dague, ou vulgaire surin – fait partie de notre culture. Tantôt un outil, un couvert de table ou une arme, il est partout. Il fut même un temps, pas si lointain – au tout début du XXe siècle – ou les « apaches » des fortifications de Paris réglaient leurs litiges ou leurs rivalités amoureuses au couteau, mais ce phénomène, marginal, ne concernait que quelques bandes rivales, dans les faubourgs populaires de la capitale. En un temps plus lointain, quand le courage et l’honneur étaient des vertus chevaleresques, le chevalier Bayard faisait pendre « tout goujat trouvé porteur d’une arquebuse » car il n’admettait pas que « par ce lâche procédé on puisse tuer un brave et preux chevalier à trente pas ». À cette époque, l’arme dite « blanche » avait ses lettres de noblesse et on lavait un affront en duel. Le port de l’épée était l’apanage de la noblesse. Certes, dans les bas-fonds des bourgades et cités on maniait aussi le couteau, mais quiconque surinait un quidam pour le voler était prestement embastillé, soumis à la question, et pendu ou écartelé selon le rang de sa victime.

Pendant fort longtemps, le couteau sera considéré comme un ustensile utile et noble, que ce soit pour larder un gigot d’agneau ou pour se défendre. La France possédait, et possède encore, une belle industrie coutelière. Les lames de Thiers, de Laguiole, de Chambéry n’ont rien à envier à celles de Solingen, en Allemagne, de Tolède, en Espagne, ou de Sheffield outre-Manche.
À l’heure actuelle, le marché français de la coutellerie est de 113 entreprises et 1200 artisans. Ces 113 entreprises emploient 1600 salariés et ce marché pèse 660 millions d’euros. C’est un de rares secteurs d’activité qui tient encore debout dans notre pays, et ce malgré l’importation massive de lames bon marché venues principalement de Chine, d’Inde ou d’ailleurs.

Tout le monde a entendu parler du « couteau sans lame auquel manque le manche » de Georg Christoph Lichtenberg. Ce vieux cinglé de Sigmund Freud a même utilisé cette formule pour critiquer Carl Gustav Jung dans son rapport à la psychanalyse. Ceux qui ont quelques réminiscences de leurs études se souviennent d’« Iphigénie » de Racine : « C’est peu que de vouloir, sous un couteau mortel / Me montrer votre cœur fumant sur un autel. »
Le couteau est rentré dans le vocabulaire courant ; les exemples sont nombreux, citons en quelques uns : « Avoir un couteau entre les dents » : c’est se montrer pugnace, déterminé, ambitieux.

« Passer sous le couteau » : c’est subir une intervention chirurgicale. « Être à couteaux tirés avec quelqu’un » : être en mauvais termes. « Avoir le couteau sous la gorge » : être acculé, être au pied du mur. « Être un second couteau » : tenir le second rôle, le premier étant valorisant, le second péjoratif. « Un visage en lame de couteau » : un visage de carême, long et anguleux. « Un brouillard à fendre au couteau » : un brouillard très épais. « Être un couteau suisse » : savoir tout faire, faire preuve de créativité. « Remuer le couteau dans la plaie » : raviver un chagrin, rappeler un ennui. « Un accent à couper au couteau » : un accent régional très marqué. « Telle une poule qui a trouvé un couteau » : être incapable de se décider. « Planter un couteau dans le dos » : trahir. « Ce n’est pas le couteau le plus aiguisé du tiroir » : en clair, c’est le plus c.. de la bande ! Et pour finir, une expression que les militaires connaissent tous. « Se débrouiller avec sa b… et son couteau : se sortir d’affaire avec les moyens du bord, avec presque rien… Je pourrais continuer longtemps.

Le tout premier couteau qu’on m’a offert était un canif, un petit couteau suisse, alors que j’étais louveteau. Ensuite, j’ai eu mon Opinel, comme tout le monde. Puis mon père m’a donné un poignard para rapporté d’Indochine. Plus tard, un de mes frères m’a offert un Laguiole, le vrai Laguiole, celui avec un poinçon qui servait jadis de trocart au berger en cas de météorisation d’une des bêtes de son cheptel. Par la suite, on m’a offert, ou j’ai acheté sur mes deniers, divers couteaux : une dague commando, un « camarguais », un couteau de berger corse (1) ; mon épouse m’a offert un autre Laguiole, etc. Je suis resté un gamin, j’ai toujours besoin de mon canif. Pour moi, le couteau c’est tout simplement un prolongement du bras, un outil indispensable dans la vie de tous les jours. Je ne saurais m’en passer quand je vadrouille dans quelque contrée perdue, surtout s’il fait aussi office de tire-bouchon. De plus, certains couteaux sont des œuvres d’art et témoignent d’un savoir-faire ancestral. Un couteau ça peut aussi être beau !

Alors, avant de vouloir interdire le couteau, peut-être faudrait-il éviter de laisser entrer sur notre sol des gens pour qui le surinage criminel pour un simple regard, l’égorgement rituel, et autre « sourire kabyle » (2) sont comme une seconde nature. Le danger, ce n’est pas le couteau, c’est celui qui le tient ! Mais, de la part de nos dirigeants (et de leurs idiots utiles écolos), vouloir interdire les couteaux est assez logique. Pour limiter les risques de morts par arme à feu, Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, a demandé aux Français d’aller déposer leurs armes dans les commissariats et les gendarmeries, et beaucoup l’ont fait. Je doute que les racailles de banlieue soient allées rendre leurs Kalachnikov (AK 47 pour les puristes) mais j’ai sans doute mauvais esprit.

Éric de Verdelhan

1) Un « curniccicolu » pour ceux qui parlent corse.
2) Ce terme est utilisé, depuis la conquête de l’Algérie, pour désigner un égorgement d’une oreille à l’autre. Je ne saurais vous dire pourquoi on l’attribue aux Kabyles.

Date de dernière mise à jour : 20/05/2026

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