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« La démocratie, c'est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave »  Charles de Gaulle

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LA FRANCE LIBÉRÉE 2025 - 2026

SORTIR DE L'EUROPE - Plutôt que mourir avec l’euro, sortir de l’Europe !

SORTIR DE L'EUROPE

Le 26 mai 2026, le journal France-Soir a publié un article informant que la Pologne maintenait son refus de passer à l’€ et gardait sa monnaie nationale le Zloty. Il est intéressant de savoir qu’il y a 7 pays qui ont fait comme la Pologne : devenir membre de l’Union européenne c’est d’accord, mais renoncer à leur monnaie nationale en adoptant l’€, c’est non. On rappellera d’ailleurs au lecteur que tout État qui adhère, a le droit de ne pas adopter l’€ tout en étant dans la zone euro et membre de l’UE, mais s’il rentre en acceptant l’€ comme monnaie, il s’engage dans un voyage avec un billet qui est un aller simple. Impossible par la suite de rester membre de l’UE et d’abandonner l’€ pour reprendre sa monnaie nationale. La seule solution, c’est d’activer l’article 50 du traité de Lisbonne qui engage la procédure de sortie de l’UE qui doit devenir effective dans les deux ans qui suivent la mise en œuvre de cet article 50. Pour prendre une image, l’Union européenne c’est comme le ruban collant pour attraper les mouches. Vous mettez un pied dessus et c’est fini, impossible de vous en défaire. Exactement comme le sparadrap du capitaine Haddock. C’est pourquoi sur les 27 pays membres, 7 ont prudemment décidé de faire partie du club mais en gardant toutefois un pied à l’extérieur. Rappelons que ces pays sont : République tchèque, Danemark, Hongrie, Pologne, Roumanie, Suède et Bulgarie (devenue membre de la zone euro en janvier 2026).

Mais au fait, pourquoi cette méfiance vis-à-vis de l’€ ? Même si le sujet peut paraître austère dans une première approche, c’est un sujet d’une importance absolument majeure et c’est surtout le tendon d’Achille de l’Union européenne qui pourrait causer sa perte. Arrêtons-nous quelques minutes pour mieux comprendre ce problème et son importance.

Commençons par jeter un œil sur ce que dit la Pologne pour justifier son refus de l’€ et le maintien du Zloty. D’abord, on observe que la Pologne a un taux de croissance de 3,2 % qui fait pâlir d’envie notre Mozart de la finance. En France pour le 1er trimestre 2026, notre PIB est négatif et les chiffres indiquent que cela va être le cas au 2e trimestre. Donc la France est entrée en récession. En clair, contrairement à la France, l’économie polonaise se porte à merveille. L’une des raisons qui permet cela, c’est la possibilité pour ce pays, en faisant varier son taux de change par l’action de la banque centrale polonaise, de faire face aux aléas de la situation économique mondiale. Ainsi en 2008, la Pologne a beaucoup mieux résisté à la crise économique grâce à cette indépendance. Par ailleurs, près de 3 Polonais sur 4 (75 %) redoutent la hausse des prix constatée pour chaque pays qui adopte l’€. Si nous prenons le cas de la France, un petit noir pris sur le zinc, c’est 2 à 3€. Disons 3 pour la simplicité du calcul. Sachant que l’€ valait 6,55957 F à son départ en France, si l’on devait faire le chemin en sens inverse il faudrait débourser 19,67 F aujourd’hui. C’est là qu’on mesure l’incroyable envolée des prix due au passage à l’€. Donc comme les Polonais savent cela, il sont très réticents à mettre un pied là-dedans. Et ils ont bien raison. La République tchèque, la Hongrie ou la Suède ont les mêmes craintes. Quant au Danemark, lui, il bénéficie d’une exemption permanente qui était sa condition non négociable pour rentrer dans l’UE.

Si l’on comprend aisément l’extrême prudence de ces pays vis à vis de l’€, ce qui motive leur refus de l’adopter comme monnaie, pour ceux qui ont franchi le pas, il existe des problèmes infiniment plus graves qui méritent d’être observés avec une grande attention.

Dans ce domaine, la première chose à souligner est que l’€ est une incroyable arnaque. Oui, je dis bien une arnaque et le monde de la finance l’a découvert après le lancement de cette monnaie. Une arnaque ? De quoi s’agit-il ? Tout le monde a entendu parler de l’€ comme étant la monnaie « unique ». Or c’est totalement faux ! Ce n’est pas une monnaie unique c’est une monnaie « COMMUNE ». Et c’est très différent. Si c’était une monnaie unique, il n’y aurait qu’une seule banque centrale européenne et les banques centrales nationales auraient été supprimées. Or ce n’est nullement le cas. La France a bien gardé sa banque centrale. Comme les autres pays membres. Alors même s’il y a bien une banque centrale européenne (BCE), elle n’a nullement remplacé la banque centrale de chaque pays. Donc la monnaie dénommée € n’est pas une monnaie unique, mais une monnaie commune. Vous me direz, c’est très bien tout cela mais ce ne sont que des détails sans importance. Ce serait une très grosse erreur de penser cela. Et les conséquences de ce système, c’est justement le tendon d’Achille de l’Union européenne. Tendon d’Achille qui pourrait rompre beaucoup plus facilement qu’on ne le pense et de ce fait amènerait l’Europe à exploser en vol. Ce n’est pas du catastrophisme de dire cela, c’est même très sérieux. Prenons une minute pour mesurer la gravité de la chose.

Lorsqu’on s’endette, on paye des intérêts à ceux qui vous prêtent. Et tous les pays sont endettés. En 2022, la France avait une inflation inférieure à celle de l’Allemagne. On relevait 5,2 % en France contre 7,9 % en Allemagne. On était donc en droit de penser que la France était dans une situation plus favorable. Pourtant l’Allemagne empruntait à un taux qui était 1,7 % plus bas que celui de la France. Comment cela peut-il être possible si nous avons une monnaie unique ? La raison en était tout simplement que les milieux financiers avaient moins confiance en la France qu’en l’Allemagne, si l’euro disparaissait et qu’on en revenait à des monnaies nationales. Et c’est là que la finance internationale a découvert le pot aux roses. Au départ de l’€, le taux était à 4 %, pour tous les pays membres. Mais les économies nationales dans chaque pays on continué d’évoluer, bien sûr pas de manière identique. Donc le taux d’intérêts s’est mis à évoluer en fonction de la situation de chaque pays. La monnaie est bien commune mais pas unique car 1€ portugais n’est pas égal à 1€ allemand ou à 1€ grec. En conséquence n’y a pas plus de monnaie unique que de beurre en broche. Et les choses ne se sont pas arrangées depuis 2022 sur le plan de la dette. Ainsi, actuellement l’Allemagne est endettée à un niveau qui correspond à 65 % de son PIB. La France est endettée à hauteur de 117 % de son PIB. Et cela se traduit par 61 milliards d’€ à payer chaque année, juste en intérêts. C’est le plus gros poste budgétaire de notre pays. Dramatique.

Autre grosse difficulté pour l’€ : le taux de change € – $. Fixé par les marchés internationaux, il se situe à un niveau inférieur à ce qu’il serait s’il ne prenait en compte que l’Allemagne mais à un niveau supérieur à ce qu’il serait s’il ne prenait en compte que des pays comme la France, l’Espagne ou la Grèce. Le résultat est que cela booste les ventes à l’exportation de l’Allemagne, mais défavorise des pays comme la France. L’Allemagne et les Pays-Bas sont largement favorisés par ce système. La France, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et le Portugal sont largement défavorisés. Donc ces pays accumulent les déficits commerciaux et bien sûr leurs économies en pâtissent. Afin de faire face à cette situation défavorable d’un € trop cher provoquant des déficits, les pays du sud de l’Europe se sont endettés, tout spécialement durant et après la crise du covid. Mais pourquoi ces pays ont-ils laissé filer la dette à cette période ? La réponse est simple : en 2012 Mario Draghi qui était le patron de la BCE avait déclaré que « quoi qu’il en coûte, on assurera la viabilité de l’euro ». Les pays du sud ont compris ces paroles de la manière suivante : « Ne vous inquiétez pas, si vous êtes trop endettés, la BCE rachètera votre dette afin de ne pas faire exploser les taux d’intérêts qui vous sont appliqués par les marchés financiers ». En clair les paroles de Draghi ont été comprises comme l’assurance d’une certaine mutualisation des dettes. Ce qui fut fait à l’époque. Avec une conséquence terrible : le « bilan consolidé » de la BCE a plus que doublé entre 2020 et 2022 et représentent 81,8 % du PIB européen. Ce qui est absolument colossal.

Mais cela a eu également une autre conséquence : le rachat de toutes ces dettes a augmenté la masse monétaire de la zone euro. Milton Friedman (prix Nobel d’économie 1976) a démontré que l’inflation ne peut pas exister s’il y a une maîtrise de la masse monétaire. Les pays du Nord qui étaient beaucoup plus « sérieux » voyaient déjà d’un mauvais œil la gestion de ces pays du Sud. Avec cette explosion de dettes et le rachat d’une bonne partie par la BCE pour protéger les taux d’intérêts, ils sont devenus fous furieux contre les pays du Sud qui menacent de faire s’écrouler le système de l’euro en imposant aux pays riches de l’UE de payer la note, ce qui menace l’existence du système entier. Et si tout le système s’écroule, celui qui payera la note à la sortie sera le pays le plus riche, donc l’Allemagne.

Dès lors la BCE fut confrontée à une équation impossible à résoudre. D’un côté, pour sauver l’euro, elle était obligée de racheter une partie significative des dettes des pays dépensiers, ce qui crée de l’inflation. Mais d’un autre côté et en même temps, elle était obligée de respecter le seul objectif chiffré qui lui est imposé par les traités : ne pas avoir une inflation dépassant 2 %. Les taux d’inflation en Europe dans la zone euro sont très au-dessus de cette barre des 2 %. Et justement, comment fait-on de manière classique pour contrer l’inflation ? On augmente les taux d’intérêts. Finalement la BCE augmentera ses taux d’intérêts de 0,50 % en juillet 2022. C’était une « cote mal taillée », mais comment pouvait-elle faire autrement ? Depuis, ces taux ont explosé montant à 4,5 % en octobre 2023 pour redescendre 2,15 % en juin 2025. Et nous sommes loin d’être sortis d’affaire car si l’explosion des taux d’intérêts a fait chuter l’inflation à 1,9 % en février 2026, elle a atteint 3 % en avril. Ce qui a amené la BCE a planifier une nouvelle augmentation des taux (on parle de 2,7 %) dès le 11 juin prochain. Et encore Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a calmé les ardeurs de plusieurs pays de l’UE (les « vertueux ») qui voulaient que cette augmentation ait lieu dès avril.

On voit donc qu’au final avec ce système monétaire on n’a qu’une monnaie commune et que chaque pays défend ses intérêts en fonction de sa situation. Par ailleurs, le système global marie des pays « sérieux » et riches (Allemagne, Finlande, Pays-Bas…) et des pays plus pauvres et surtout très endettés (France, Espagne, Portugal, Grèce…). Dans ce système, de manière de plus en plus violente, les riches ne veulent plus payer pour les pauvres. Au final, le système de l’€, sur lequel est basée l’Union européenne, est un colosse aux pieds d’argile. Colosse qui pourrait s’effondrer beaucoup plus facilement que certains ne le pensent. Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie (2021), a déclaré : « Ce sont les premiers qui quitteront l’euro qui s’en sortiront le mieux ».

Manifestement, la folie, ce n’est nullement de sortir de l’euro (et de l’UE)… c’est d’y rester.

Bernard GERMAIN

Date de dernière mise à jour : 31/05/2026

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