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« La démocratie, c'est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave »  Charles de Gaulle

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LA FRANCE LIBÉRÉE 2027

POLITIQUE - Le crépuscule de Renaud Muselier

Pari raté ou réussi ? Que reste-t-il de la marque "Région Sud", portée par Renaud  Muselier après son départ ?

Il est des carrières politiques qui, à force de durer, finissent par se confondre avec le paysage lui-même. Renaud Muselier appartient à cette catégorie d’hommes publics qui semblent avoir traversé les décennies moins par la force d’une vision que par l’art consommé de la permanence. Héritier successif des diverses métamorphoses de la droite gouvernementale – du RPR à l’UMP, puis aux Républicains –, il a su, lorsque les vents politiques ont tourné, rejoindre sans hésitation le camp du pouvoir naissant, apportant son soutien au président Emmanuel Macron au moment où cette conversion apparaissait comme la plus opportune.

Durant plus de trente années, il aura occupé, alternativement ou simultanément, des responsabilités nationales et régionales. Cette longévité, qui pourrait inspirer le respect si elle s’accompagnait d’une œuvre politique marquante, semble aujourd’hui surtout révéler les limites d’une génération politique dont les références, les réflexes et les discours paraissent appartenir à un autre temps. Les mêmes formules reviennent, les mêmes anathèmes sont répétés, les mêmes mises en garde sont ressassées jusqu’à l’épuisement : le fascisme, l’extrême droite, les périls supposés et les indignations convenues.

Cela paraît être un comble quand l’impétrant lui même a connu en 2015 les affres de la déchéance politique pour des malversations que la justice a condamnées (sans excès toutefois). En cette circonstance, Renaud Muselier avait annoncé de manière tellement emphatique la fin de sa vie politique que nul n’y avait cru évidemment. On sait ce qu’il advint de ce serment d’hypocrite.

Mais lorsque l’âge politique avance et que l’inspiration se retire, il ne reste parfois que la mécanique du discours. Encore faudrait-il que celui-ci conserve quelque élévation, quelque mesure, quelque respect pour l’adversaire et pour les institutions qu’il prétend servir. La controverse démocratique exige la fermeté des convictions ; elle n’autorise ni l’injure ni l’avilissement du débat public.

Or c’est précisément à cette dégradation du langage politique que l’on assiste aujourd’hui. Face à Éric Ciotti, désormais maire de Nice et engagé dans une nouvelle orientation politique, Renaud Muselier n’a pas cru devoir opposer un projet, une analyse ou une critique argumentée. Il a préféré la formule blessante, la caricature et l’invective. En qualifiant l’aigle niçois, symbole historique et affectif de toute une ville, de « poulet plumé pourri », il n’a pas seulement attaqué une majorité municipale qu’il combat : il a heurté un emblème auquel des générations de Niçois demeurent attachées.

Une telle sortie révèle moins la vigueur d’une opposition que l’épuisement d’un discours. Lorsque les idées manquent, l’outrance devient un refuge ; lorsque les arguments s’épuisent, l’injure prend la place du raisonnement. Mais l’injure, en politique comme ailleurs, n’a jamais constitué un programme.

Les Niçois peuvent légitimement considérer que leur ville mérite mieux que ces saillies désobligeantes. Le débat public mérite mieux que les invectives. Et la vie politique elle-même mérite sans doute que ceux qui l’ont servie pendant des décennies sachent reconnaître le moment où l’expérience cesse d’éclairer pour ne plus produire que répétitions et amertume.

Il est des sorties de scène qui grandissent ceux qui les accomplissent. Encore faut-il avoir la sagesse de reconnaître que toute carrière, même la plus longue, connaît inévitablement son crépuscule. Cela vaut naturellement pour Muselier mais aussi pour Bayrou et tout un quarteron d’hommes et de femmes qui ont fait leur temps et l’on de surcroît, mal fait !

Jean-Jacques Fifre

Date de dernière mise à jour : 05/07/2026

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