
En août 1968, une main anonyme a écrit à la peinture sur un mur à Prague : « Lénine réveille-toi ! Ils sont devenus fous ». Par transposition une main anonyme pourrait parfaitement écrire ces jours-ci sur un mur à Paris, Marseille, Lyon ou Bordeaux : « Marianne , réveille-toi ! Ils sont devenus fous ». Cela fait des mois que que j’écris des articles dans lesquels j’indique en substance « si ça continue comme ça, nous allons nous retrouver en dictature ». Eh bien nous y sommes ! La France de Macron est maintenant réellement une dictature. Aucun observateur simplement objectif ne peut le nier. Bien sûr il n’y a pas de barbelés (pas encore), il n’y a pas de camps de rééducation (pas encore), ils n’y a pas de tribunaux d’exception (pas encore). Mais si cela devait se mettre en place, ce ne serait qu’une suite parfaitement logique. Mais alors, si ces horreurs n’existent pas encore, pourquoi dire que nous sommes en dictature ? Parce que de multiples décisions prises récemment se succèdent à un rythme élevé ces derniers temps, toutes plus liberticides les unes que les autres.
Ainsi en est-il du contrôle des réseaux sociaux que Macron et son régime ont décidé d’instaurer à partir de septembre, d’abord pour les jeunes, mais tout le monde a compris que très vite tout le monde va être concerné. Ainsi en est-il aussi de la nouvelle Loi Bergé qui va instrumentaliser des associations, payées avec nos impôts, acceptant de devenir de méprisables auxiliaires de police pour scruter les réseaux sociaux et dénoncer les déviants qui seront poursuivis et condamnés. Au motif de la lutte contre l’antisémitisme et la haine en ligne. Par contre l’antisémitisme et la haine de LFI coulent des jours paisibles sans être le moins du monde inquiétés. Ainsi en est-il également des actions de l’ARCOM qui se contrefout de ce qui se passe sur les médias de services publics où les discours wokistes et bien-pensants règnent en maître, avec un vrai discours raciste et de haine, et en bloquant toute opinion différente pour qu’elle ne puisse s’entendre. Et sans aucune sanction de l’ARCOM bien sûr. Par contre l’ARCOM harcèle le groupe Bolloré, tout particulièrement CNews, qui vient encore d’être frappé d’une amende record de 200.000€ pour des délits imaginaires ou plus exactement pour avoir osé dire que les émeutes après la victoire du PSG avait à voir avec l’immigration. Ce qui n’est que la stricte vérité. Ou encore pour un reportage montrant une femme voilée dans un conseil municipal en Belgique avec un commentaire évoquant « le grand remplacement ». Ainsi en est-il aussi des tribunaux où l’injustice est le lot commun de quiconque n’est pas un adorateur de l’invasion migratoire ou qui défend l’identité de la France. Il suffit comme Jean-Eudes Gannat de photographier des Afghans assis par terre devant un supermarché à Angers et de publier la photo avec un commentaire tout simple : « Marre de vivre avec les cousins des talibans au fin fond de nos campagnes »… allez hop : 3 mois de prison avec sursis et des amendes. On pourrait continuer longtemps comme cela, mais ça n’ajouterait rien de plus. Reste que tout cela était déjà trop, beaucoup trop.
Mais voilà, une goutte d’eau vient de faire déborder le vase, qui était déjà plein à ras bord : le pouvoir macronien vient de prendre un arrêté d’expulsion immédiate contre la journaliste russe, Xenia Fedorova, ex-directrice de la radio RT-France (russe) avant que ce média ne soit interdit pour cause de guerre entre la Russie et l’Ukraine. Plus exactement Macron a chargé le ministre de l’Intérieur de cette base besogne. Donc l’abject et odieux ministre de l’Intérieur, le sieur Nunez, a promptement pris cet arrêté qui pourrait prêter à s’étouffer de rire si le problème n’était pas si grave. Car quoi : qu’est-il reproché à Xenia Fedorova ?
Selon les termes de l’arrêté, « son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État », et sa présence sur le territoire français « constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public » de plus « en déployant ses narratifs », la chroniqueuse de plusieurs radios et chaînes de télévision dans le giron de Vincent Bolloré « s’inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » dans le but « de déstabiliser l’ordre public » en France. Fermez le ban ! Sincèrement on croit rêver. Ces incroyables accusations n’auraient nullement fait tache en URSS du temps de Staline. Et c’est d’ailleurs frappant de voir à quel point on peut relever une similitude s’agissant la manière de dire et d’agir du régime de Macron totalement soutenu par les bien-pensants, c’est-à-dire les macronistes, la gauche et l’extrême gauche, avec ce que disait et faisait Staline.
Mais prenons les éléments de l’arrêté : l’action de la journaliste sur CNews, Europe 1 et dans une chronique hebdomadaire du JDNews « porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État » et « constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public ». Sérieusement, Fedorova porte atteinte aux intérêts de l’État ? Et en plus cela menace l’ordre public ? Ceux qui ont écrit cela sont complètement frappés. Raides dingues les gars. Le lecteur aura relevé bien sûr qu’hormis ces accusations gratuites, aucun fait précis ne vient étayer et confirmer ces affirmations totalement folles.
Autre point de cet incroyable arrêté : « En déployant ses narratifs », Xenia Fedorova « s’inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » et cela dans le but « de déstabiliser l’ordre public » en France. Bon faut le dire sans détours, les rédacteurs devaient avoir fumé la moquette ou forcé sur l’apéritif. En parlant à la télévision ou la radio, Xenia Fedorova va « déstabiliser l’ordre public ». Sérieux ? Ben si c’est le cas, c’est que l’ordre public est déjà très mal en point. Par ailleurs, la France n’est pas en guerre avec la Russie, jusqu’à plus ample informé. Donc on ne peut pas accuser Fedorova d’intelligence avec l’ennemi.
Non la vérité est toute simple : Xenia Fedorova est une chroniqueuse qui ne cache pas que son opinion va au soutien à la Russie et pas à l’Ukraine… et cela menacerait l’ordre public ? C’est une mauvaise blague qui vise simplement à cacher que le but de l’arrêté est de donner un habillage pseudo-légal à ce qui n’est qu’un procès en sorcellerie, un vrai procès pour délit d’opinion.
J’avoue être stupéfait devant des arguments aussi stupides de la part de ses accusateurs. Car n’oublions pas que les mêmes s’acharnent contre CNews au motif qu’il n’y aurait pas assez de points de vue contradictoires sur cette chaîne. Et que fait CNews ? Il donne la parole a quelqu’un qui ne dit pas « soutien à l’Ukraine et à bas Poutine » en sautant comme un cabri. Donc le contradictoire est mis en œuvre. Il y a des gens qui ne soutiennent pas l’Ukraine qui s’expriment sur CNews… oui mais dans ce cas le contradictoire n’est pas le bon et ça prouve que Fedorova et Bolloré sont complices dans leurs soutien à Poutine. Donc il faut virer Fedorova et fermer CNews ! En vérité, tout cela se résume à une sinistre et minable petite machination pour faire taire toutes les voix qui ne sont pas un soutien à Macron et aux bien-pensants.
Si nous reprenons, on constate que c’est une véritable machine de guerre qui se met en place afin qu’à partir de la rentrée, la plus sévère censure s’applique. Vous êtes contre l’immigration… c’est un discours de haine. Allez zou au tribunal. Vous avez une chaîne TV ou une radio ?… untel a dit cela… Allez zou, l’ARCOM vous tombe dessus et vous impose une ou des amendes faramineuses. Vous allez sur les réseaux sociaux et vous faites un commentaire pour condamner quelque chose ? Oh là, c’est que vous êtes un islamophobe ou un LGBTistophobe… allez zou signalé et donc poursuite, amende et si vous recommencez ce sera le tribunal.
Vous le voyez arriver le train, lancé à toute vapeur ? Un conseil sautez vite sur le ballast sinon vous serez percuté de plein fouet et ça va faire mal.
Voilà pourquoi, je dis que nous sommes maintenant en dictature, sans soldats aux coins des rues, sans barbelés et sans camps de rééducation. Mais en dictature quand même. L’objectif est simple EMPÊCHER TOUT DÉBAT JUSQU’À LA PRÉSIDENTIELLE en criminalisant toute opinion qui n’est pas celle du pouvoir actuel ! Et si c’est RN qui est quand même élu, je vous mets mon billet que l’élu ne rentrera pas tout de suite à l’Élysée. Il y aura d’abord le Conseil constitutionnel qui fera tout pour ne pas valider l’élection en inventant une ingérence extérieure, ensuite il y aura toute la gauche qui appellera à la mobilisation dans les rues pour empêcher que le nouvel élu entre à l’Élysée, et puis il y aura aussi l’action de l’Union européenne qui agira pour faire ce qu’elle a réussi en Roumanie dès la fin du 1er tour et sans même attendre le résultat du second. Enfin, si d’aventure tous ces obstacles étaient infructueux, il resterait toutes les institutions dont il ne vous a pas échappé que de nombreuses nominations ont eu lieu récemment sur des postes inamovibles, comme par exemple Amélie de Montchalin à la Cour des comptes qui, si elle le veut, pourra rester à ce poste jusqu’à ses 68 ans. Et tous ces gens à des postes clés se feront un plaisir de tout faire pour couler l’action d’un gouvernement RN. Pour conclure, j’attire l’attention du lecteur sur un dernier élément : l’article 7 de la Constitution prévoit que si le processus électoral se trouve reporté au-delà du terme normal du mandat du président en exercice — pour quelque cause que ce soit — celui-ci « demeure en fonctions jusqu’à la proclamation de son successeur ». Et donc Macron resterait en fonction encore un certain nombre de mois.
C’est pour tout cela qu’il faut aujourd’hui reconnaître que nous sommes bel et bien dans une vraie dictature. L’expulsion de Xenia Fedorova que veut le pouvoir macronien n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein, c’est une brique de plus ajoutée à l’édifice dictatorial dont la construction est en train de s’achever.
Avis de gros temps devant nous !
Bernard GERMAIN
