À 35 ans, cette ancienne présentatrice de télévision est devenue l’une des collaboratrices les plus proches du président américain. On la surnomme « l'imprimante humaine ».

Natalie Harp
Difficile désormais d’apercevoir Donald Trump sans distinguer sa silhouette à quelques mètres. Dans le Bureau ovale, à bord de Marine One ou dans les déplacements présidentiels, Natalie Harp reste dans son sillage. Son titre officiel est «assistante spéciale du président» et «assistante exécutive du président». Mais à Washington, elle est surtout connue sous un surnom plus imagé: «the human printer», l’imprimante humaine.
L’expression est à prendre presque au pied de la lettre. Donald Trump préférant lire sur papier plutôt que sur un écran, Natalie Harp le suit depuis des années avec une imprimante portable et de quoi l’alimenter. Articles flatteurs, informations, messages: elle lui fournit les documents qu’il réclame. Mais son rôle dépasse largement celui d’une assistante. Elle intervient également dans sa communication et dispose notamment d’un accès à son compte Truth Social.
Sa proximité avec Trump vient de prendre une dimension politique. Le sénateur démocrate Jon Ossoff l’a nommément citée dans un discours, accusant le président de préférer construire sa salle de bal et voyager «avec Natalie» plutôt que de faire son travail. La violente réaction de la Maison-Blanche n’a fait qu’accroître l’attention portée à cette femme jusque-là relativement inconnue du grand public.
Elle affirme devoir la vie à Trump
Née en Californie, Natalie Harp est diplômée en 2012 de la Point Loma Nazarene University, une université chrétienne de San Diego, avant d’obtenir un MBA trois ans plus tard à Liberty University, institution évangélique de Virginie. Sa vie bascule en 2015 lorsqu’elle est atteinte d’un cancer des os.
Harp racontera ensuite que Donald Trump lui a, en quelque sorte, sauvé la vie. Elle attribue sa guérison à la possibilité d'accéder à un traitement grâce au Right to Try Act, promulgué par Trump en 2018. Cette version est cependant contestée par des spécialistes, qui mettent en doute le rôle réel de cette loi dans son traitement.
Cela ne l’empêche pas d’en faire le socle de son engagement. En 2019, elle témoigne publiquement de sa reconnaissance envers Trump. L’année suivante, elle intervient à la Convention nationale républicaine. Elle rejoint ensuite la chaîne ultraconservatrice One America News Network (OANN), où elle relaie notamment les accusations infondées selon lesquelles l’élection présidentielle de 2020 aurait été volée à Trump. En 2022, elle quitte la chaîne et entre directement dans son entourage.
Jusque dans le coffre d’une voiture
Sa loyauté prend parfois des formes spectaculaires. En octobre 2023, faute de place dans un convoi qui devait conduire Trump devant un tribunal new-yorkais, elle serait allée jusqu’à s’installer dans l’espace à bagages d’un SUV afin de pouvoir suivre son patron, selon CNN. L’épisode est aujourd’hui régulièrement cité pour illustrer son obstination à rester constamment à ses côtés.
Cette proximité lui confère un accès exceptionnel au président. Lorsqu’une menace iranienne a récemment contraint Trump à changer secrètement d’appareil en Turquie, Harp a fait partie du minuscule groupe autorisé à monter avec lui dans l’avion militaire, tandis que la majorité des collaborateurs et des journalistes poursuivaient leur route dans Air Force One, utilisé comme leurre.
Une autre révélation soulève désormais des questions plus sérieuses: selon le «Guardian», Harp aurait travaillé pendant environ un an à la Maison-Blanche sans disposer de l’habilitation de sécurité requise, alors même que sa proximité avec le président pouvait l’exposer à des informations sensibles.
Une fascination qui ne date pas de Trump
Sa dévotion pour Donald Trump s’inscrirait en réalité dans une fascination plus ancienne pour la présidence. Son frère Preston Harp, dont elle est aujourd’hui éloignée, affirme qu’adolescente déjà elle écrivait des lettres à George W. Bush. Il décrit désormais son attachement à Trump comme une «obsession malsaine». Un témoignage à considérer avec prudence compte tenu du conflit familial, mais qui apporte un éclairage singulier sur son parcours.
Des lettres attribuées à Harp et récemment rendues publiques vont encore plus loin. Elle y aurait qualifié Trump de «Guardian and Protector» et exprimé une dévotion profondément personnelle. Leur authenticité n’a toutefois pas été vérifiée de manière indépendante.
Longtemps cantonnée au rôle pittoresque d’« imprimante humaine », Natalie Harp est ainsi devenue bien davantage: une gardienne de l’accès à Trump, une intermédiaire de sa communication et l’une des rares personnes admises presque en permanence dans son intimité présidentielle. C’est précisément cette proximité exceptionnelle qui, aujourd’hui, la fait sortir de l’ombre.
Le Livre Politique