Bienvenue dans ce septième billet de blog de stage chez Marsactu. Comme hier, découvrez le point météo ainsi que le conseil et l'activité douce du jour. L'article du jour portera sur le procès du Marché du Soleil qui se tient toute cette semaine.

Aujourd’hui encore, le département était en vigilance orange et le restera demain. Comme conseil aujourd’hui, je vous recommande de mouiller vos pieds régulièrement dans la journée. Cela permettra d’abaisser votre température corporelle.
Bien entendu, il faut continuer de boire de l’eau toute la journée. L’activité de la journée est le scrapbooking. Qu’est-ce que le scrapbooking ? C’est de la peinture, du découpage/collage, de l’origami… Cette activité à faire en famille vous permettra de rester au frais dans votre domicile.
Premier prévenu
Ce mardi 23 juin, se tenait une journée de l’audience du procès du Marché du soleil. Ce matin à neuf heures, devant le tribunal judiciaire de Marseille et sous une climatisation glaçante, commençait l’audience d’un premier policier municipal. Le premier prévenu est un homme marié qui exerce sa fonction depuis huit ans après avoir fait six ans en gendarmerie.
Il est, comme les trois autres prévenus évoqués dans cet article, propriétaire d’un logement avec un crédit immobilier. Une perquisition a été réalisée chez lui et c’est ainsi qu’une paire de TN de contrefaçon a été retrouvée à son domicile. Sa ligne téléphonique a quant à elle été mise sur écoute et son téléphone exploité. Il a été constaté qu’il avait donné son numéro personnel à madame Hireche, manageuse sur le Marché du Soleil. Pour sa défense, il dit ne l’avoir fait pour qu’elle puisse l’appeler, mais uniquement en cas d’urgence. Pourtant, de nombreux appels WhatsApp avec cette dame ont été interceptés lorsqu’il était sur écoute. Par exemple, il discutait des saisies réalisées sur le Marché du Soleil avec la manageuse. Cette fois-ci, pour se défendre, le prévenu déclare que c’était pour tenter de récolter des informations et “faire une grosse prise”.
Il avoue en revanche avoir acheté auprès de madame Hireche des vêtements et des TN à plusieurs reprises. Selon lui, il n’a jamais accepté aucun cadeau de la manageuse. Un jour sur le Marché du Soleil, elle lui envoie le message : “Derrière toi, c’est mon ami, fais-le s’il te plaît” pour parler de quelqu’un qu’elle n’aime pas. Ce à quoi il aurait répondu “ironiquement” : “C’est prévu.”
Pendant l’audience, il dit qu’il n’aurait jamais rien fait qui puisse mettre sa carrière en danger et qu’à aucun moment, il n’avait prévu de lui faire du mal. Apparemment, il devait retrouver la manageuse peu de temps après. Ce qui sème la confusion chez les magistrats qui ne comprennent pas l’intérêt de mentir à madame Hireche s’il avait rendez-vous avec elle juste après. Là, la procureure réplique avec la question rhétorique : “Est-ce qu’acheter de la contrefaçon, ce n’est pas déjà mettre sa carrière en danger ?” Pour son client, l’avocat lui pose quelques questions, par exemple s’il a des problèmes médicaux. Il répond par l’affirmative en disant qu’il est suivi psychologiquement et qu’il lui est prescrit des anti-stress, des calmants et des somnifères.
Prévenu n° 2
Ce deuxième prévenu est également un policier municipal. Il a 45 ans, est marié et père de deux enfants. Il a travaillé dans la brigade de Nice pendant trois ans puis est passé à celle de Marseille en 2018, où il a été en brigade de nuit puis de jour. Il a été placé en garde à vue en mars 2025. Comme pour le premier prévenu, sa ligne téléphonique était sur écoute et son téléphone exploité. La perquisition dans son domicile a permis de trouver des paires de TN, des sacs à main Louis Vuitton et Yves Saint-Laurent et une vingtaine de parfums, tous de contrefaçon. Lui aussi a donné son numéro de téléphone personnel à madame Hireche. Dans une de ses discussions, il parle avec le premier prévenu.
Voici un des messages de la discussion : “Il faudra attendre le PV (le procès-verbal) de destruction pour aller se servir.” Autrement dit, la méthode des accusés est simple, ils attendent que le PV de destruction soit établi pour se servir et faire passer les objets pour détruits. Ce deuxième prévenu est également accusé de vendre des cartouches de cigarettes en passant par une autre personne. Ces accusations sont fondées sur des messages envoyés à la personne chargée de vendre les cartouches. De plus, il aurait, auprès des commerçants du Marché du Soleil, une réputation de “policier corrompu”, ce qu’il assume tout en maintenant fermement que ce n’était pas le cas auprès de ses collègues de travail.
Prévenu n° 3
Nous arrivons à la dernière des auditions auxquelles j’ai assisté avant de rentrer à la rédaction. La ligne de ce dernier policier municipal n’était pas mise sur écoute et aucune perquisition n’a été effectuée chez lui. Il précise avant de commencer qu’avec le stress, il est possible qu’il demande parfois de faire répéter les questions. Le prévenu est policier municipal depuis 2021, il est marié avec deux enfants. Il a donné son numéro de portable personnel à madame Hireche, mais aussi à dix autres personnes comme au chef de la sécurité du centre commercial Grand Littoral. Ce policier a donné des informations confidentielles à la manageuse. En effet, il lui aurait dévoilé où était placés en garde à vue certains marchands arrêtés dans le Marché du Soleil.
Dans un appel enregistré sur le téléphone de madame Hireche, il lui dit qu’il a arrêté un homme transportant des parfums de contrefaçon, mais que si “c’est un homme à elle”, il le laisse tranquille. Elle répondra finalement “C’est mon ennemi n°1”, avant d’ajouter : “Tu peux en faire ce que tu veux.” Il répondra à son tour “OK ça va, ça marche”, ce à quoi elle répondra finalement : “Fais-toi plaisir.”
L’homme qu’elle désigne ici comme son ennemi numéro un et le même que celui qu’elle désigne plus haut comme son “ami“. Si cette madame Hireche n’aime pas cet homme, c’est parce qu’il l’aurait menacée de mort après l’augmentation du loyer de son box. Le procès a finalement été suspendu car la greffière s’est rendu compte que madame Hireche ne se sentait pas bien. Elle était effectivement allongée sur un banc et avait l’air fatiguée.
Aujourd’hui encore, j’ai pu faire de belles rencontres comme la journaliste du Figaro que je retrouverai a priori dans les prochains jours. C’est la fin de ce septième jour de stage, on se retrouve demain dans le prochain billet de blog.
eliemallet.khouildi (Marsactua)