L'armée américaine dit avoir mené des attaques "contre des dizaines de cibles", en riposte au lancement la veille de "multiples missiles balistiques" iraniens.

Les Etats-Unis ont annoncé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, jeudi 30 juillet. Le Commandement américain pour le Moyen-Orient dit avoir frappé "des dizaines de cibles des Gardiens de la Révolution", notamment des installations de missiles et de drones, des centres de commandement militaires et des "capacités maritimes".
Les cibles de la nuit étaient situées dans le sud-ouest du pays, à proximité plus ou moins immédiate du détroit d'Ormuz. Voici ce que l'on sait à ce sujet.
Des dizaines de cibles dans les provinces du Sud-Ouest
Des frappes ont été signalées dans les provinces côtières du Khouzistan et dans celle de Bouchehr, a annoncé un responsable local, avec des cibles aux alentours des villes de Bouchehr, Jam et Khormuj. Dans la province voisine de Fars, deux sites ont été frappés dans les districts de Kazerun et Farachband.
Des attaques ont aussi été signalées dans la province d'Hormozogan, toujours sur le littoral, plus à l'est. Une frappe a également été signalée à Qeshm, sur l'île du même nom, située dans le détroit d'Ormuz. Trois membres d'une même famille ont été tués dans leur habitation : un père, une mère et un enfant de 2 ans. Deux autres enfants de 7 et 9 ans ont été hospitalisés, selon des responsables locaux. Les médias du pays ont diffusé des images de la maison éventrée et couverte de gravats.
Ces nouvelles frappes américaines ont été suivies par des tirs de missiles iraniens. L'armée jordanienne a annoncé que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes.
Washington évoque une riposte aux missiles de la veille
Les Etats-Unis affirment que ces frappes d'ampleur ont été déclenchées en riposte au lancement, la veille, de missiles balistiques par les Gardiens de la Révolution. L'armée américaine a dénoncé une "attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", sur la plateforme X(Nouvelle fenêtre), assurant ne pas avoir subi de dégâts. "Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait prévenu le président américain, selon des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News(Nouvelle fenêtre).
Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient déclaré avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak. Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts – dont cinq Iraniens – et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a affirmé ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran. Téhéran avait condamné les frappes chez son voisin.
"Des négociations entre les parties sont en cours, en particulier concernant le détroit d'Ormuz et afin de parvenir à une désescalade", a réagi jeudi matin Tahir Andrabi, porte-parole de la diplomatie pakistanaise, à Islamabad. Les Etats-Unis et l'Iran n'ont pas commenté ces déclarations dans l'immédiat.
Un navire passe le détroit d'Ormuz
L'Iran, par ailleurs, a de nouveau revendiqué le contrôle du détroit d'Ormuz. "Nous n'autoriserons aucun étranger venu de milliers de kilomètres à intervenir", a annoncé l'armée idéologique du régime. Les Gardiens de la Révolution ont assuré que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision. "Les deux bâtiments ont fait demi-tour à grande vitesse", selon la même source.
Un navire gazier qatarien a toutefois traversé le corridor avec l'autorisation des autorités iraniennes, a fait savoir l'agence Fars dans la matinée. Une première depuis trois semaines. Un blocus complet avait été réinstauré après la reprise des hostilités par les Etats-Unis, le 7 juillet. Téhéran avait dénoncé une violation du mémorandum avec Washington.
La Rédaction International