
Palais de Matignon
Les services du Premier ministre (SPM) ont mis en avant ce mercredi 5 août «des faits sensiblement différents» après le signalement effectué auprès de la procureure de Paris faisant état de deux tentatives de suicide, de deux suicides et d’une mort suspecte au sein de cette administration. Révélées par France Inter mardi, ces affaires désormais médiatisées ont ainsi fait réagir l’administration de l’hôtel Matignon, qui regroupe une cinquantaine d’organisations parmi lesquelles des missions, des directions, des services généraux ou encore des organismes indépendants – quelque 4 000 agents y travaillent.
Tout a commencé lorsqu’un représentant du personnel au sein des SPM a effectué le 25 juin un signalement auprès de la procureure de Paris pour harcèlement moral et mise en danger d’autrui d’une fonctionnaire. Ce qui l’aurait conduite à tenter de se suicider par la suite. Cette dernière a déposé plainte et le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire.
« Mort naturelle »
Les services du Premier ministre ont tenu à préciser ce mercredi que ladite fonctionnaire, qui travaille au service de la correspondance de Sébastien Lecornu, a tenté de se suicider après avoir été «mise à pied et mise en cause pour harcèlement sur ses équipes». Quant à l’autre tentative de suicide, qui remonte à septembre 2025, elle a été reconnue, après des investigations en interne, «non imputable au service» dans lequel la personne travaillait, a nuancé l’administration.
«Les services du Premier ministre sont profondément déstabilisés depuis notamment la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 et la succession des Premiers ministres et cabinets ministériels», avait dénoncé Christelle Mazza, avocate du représentant du personnel et de la plaignante. Ce mercredi, elle a à nouveau réagi aux propos des SPM : «continuer de penser en silo maintient un déni inacceptable et caractérise une méconnaissance au plus haut niveau des conséquences sur la personne de l’organisation du travail». Et d’ajouter : «cela démontre sans fard la gestion politique et pyramidale des services administratifs de l’Etat».
Concernant les deux suicides, survenus en mars, l’un concerne «un agent en congés maladie depuis plusieurs mois», l’autre un fonctionnaire d’un autre service, «en télétravail au moment des faits». Des enquêtes administratives ont été diligentées pour dire s’il y a un lien entre leur décès et le milieu professionnel. Pour le cas de la mort suspecte, survenue en juin, il s’agit d’une «mort naturelle», ont assuré les SPM. La personne avait été retrouvée morte dans les toilettes. A la suite de ces affaires, un audit sur l’ensemble de cette administration, commandé à un cabinet extérieur, va être prochainement mené.
Mis à jour à 16 h 55 avec les nouvelles déclarations de Christelle Mazza.
La Rédaction