La France est devenue au premier semestre 2026 le premier pays de l’UE+ pour le nombre de demandes d’asile, selon les nouvelles données de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile.

La France prend la tête d’un classement européen particulièrement sensible. Selon le bilan semestriel publié le 10 septembre par l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (EUAA), 69 000 demandes de protection internationale ont été déposées dans l’Hexagone entre janvier et juin 2026. Cela représente plus d’une demande sur cinq enregistrées dans l’ensemble de l’UE+.
La France devance ainsi l’Italie (66 000 demandes), mais surtout l’Allemagne et l’Espagne, qui en comptabilisent chacune 55 000.
Cette première place française intervient paradoxalement au moment où la pression diminue à l’échelle européenne. Au total, 332 000 demandes ont été enregistrées dans l’UE+ au premier semestre, soit une baisse de 17 % sur un an et le niveau le plus faible observé depuis 2021.
Moins d’une demande sur trois aboutirait à une protection
Autre donnée significative : le taux de reconnaissance en première instance n’atteint que 31 %. Autrement dit, moins d’une décision sur trois rendue dans l’UE+ aboutit à l’octroi du statut de réfugié ou d’une protection subsidiaire.
Pour plusieurs nationalités représentant d’importants volumes de demandes, le taux tombe même sous les 5 %, notamment pour les Bangladais, Égyptiens et Vénézuéliens. Ces chiffres interviennent alors que les nouvelles règles européennes prévoient davantage de procédures accélérées pour les ressortissants de pays présentant de faibles taux de reconnaissance.
La gestion administrative demeure par ailleurs considérable : 770 000 dossiers attendaient encore une décision de première instance fin juin et l’EUAA estime à 1,18 million le nombre total de procédures en attente en intégrant les recours.
En France, cette pression possède également un coût budgétaire. Un rapport sénatorial publié en juillet évaluait à près de deux milliards d’euros par an le coût du droit d’asile, dont environ un milliard consacré à l’hébergement.
Alors que les demandes diminuent en Europe, la France se retrouve donc désormais en première ligne.
La Rédaction