A la traîne dans les sondages, le président américain cherche, à travers cette promesse, à convaincre les électeurs de voter pour le parti républicain. Mais une telle mesure risque de ne jamais pouvoir être appliquée.

Est-ce une promesse en l'air ? Le président américain Donald Trump, qui s'exprimait à Dallas (Floride) lors d'une convention du parti républicain, a promis le versement d'un "dividende" de 5 000 dollars (4 297 euros) par adulte américain, mercredi 9 septembre. La seule condition ? La victoire de son camp lors des élections de mi-mandat du 3 novembre, bien mal engagée au regard des dernières enquêtes d'opinions.
C'est au cours d'un long discours que le milliardaire de 80 ans a fait cette promesse inattendue. "Si les républicains gagnent à la fois la Chambre des représentants et le Sénat, grâce à nos succès économiques, (...) j'émettrai un dividende de 5 000 dollars pour chaque citoyen adulte des Etats-Unis", a-t-il affirmé. Le chef d'Etat n'a pas expliqué comment une telle mesure, potentiellement très coûteuse, serait financée.
Un financement grâce aux droits de douane ?
Sortons la calculette. Les Etats-Unis comptent environ 267 millions de citoyens adultes. Le coût total d'une telle mesure pourrait dépasser les 1 330 milliards de dollars. Une somme difficile à financer, alors que le déficit budgétaire atteint les 1 800 milliards de dollars, sur un budget de 6 280 milliards, pour l'année 2026, selon les chiffres du Trésor américain(Nouvelle fenêtre).
Le vice-président J.D. Vance a suggéré que les nouveaux droits de douane imposés par Washington pourraient financer la promesse électorale. "Nous engrangeons des recettes extraordinaires parce que le président des Etats-Unis s'oppose enfin aux entreprises étrangères, mais aussi aux pays étrangers qui profitent des travailleurs américains", a-t-il lancé sur la chaîne Fox News(Nouvelle fenêtre).
Donald Trump ne peut de toute façon pas décider unilatéralement d'un tel cadeau, au regard de la Constitution américaine. Les élus du Congrès, dont les deux Chambres adoptent le budget, pourraient bloquer la mesure, rappelle le New York Times(Nouvelle fenêtre). Rien n'indique que les élus seraient prêts à approuver une telle dépense, même en cas de victoire des républicains.
Un débat sur la légalité de la promesse
La proposition est-elle elle-même légale ? Les lois fédérales interdisent les dépenses visant à influencer le vote. Lors de l'élection présidentielle américaine de 2024, le patron de Tesla Elon Musk avait déjà fait une promesse de ce type. Le milliardaire avait annoncé distribuer un million de dollars "au hasard", une fois par jour, à un électeur inscrit dans un des sept Etats clés, en échange de la signature d'une pétition conservatrice. Plusieurs personnes avaient ainsi reçu un chèque de la part du milliardaire.
Une promesse alors jugée illégale par les juristes. Sur son blog(Nouvelle fenêtre), Rick Hasen, professeur à la faculté de droit de l'université de Californie à Los Angeles, avait rappelé que la loi fédérale prévoit que toute personne qui "paie, offre de payer ou accepte un paiement pour s'inscrire sur les listes électorales ou pour voter" est passible d'une amende de 10 000 dollars ou d'une peine "de cinq ans d'emprisonnement". Plusieurs enquêtes ont été ouvertes par la justice américaine à la suite de ces plaintes.
Certains juristes considèrent néanmoins que la proposition du président diffère de celle d'Elon Musk. John Day, avocat du Nouveau-Mexique, juge ainsi "légal" le plan de Donald Trump dans une interview à AP(Nouvelle fenêtre). La raison ? Le paiement est une promesse faite à tous les Américains et non pas des "paiements versés à des individus pour tenter de les inciter à voter d'une manière particulière", a-t-il expliqué.
Par ailleurs, Donald Trump n'en est pas à sa première promesse financière. En 2025, le président américain avait émis la possibilité de distribuer des chèques de 2 000 dollars financés par les droits de douane alors imposés par son administration, rappelle Newsweek(Nouvelle fenêtre). La proposition n'a jamais été mise en place. La faute à la remise en cause des taxes par la Cour suprême début 2026, qui avait forcé le gouvernement à rembourser des dizaines de milliards de dollars de droits de douane.
La Rédaction