POLITIQUE - Présidentielle 2027 : la liberté d’informer déjà sous pression, les journalistes tirent la sonnette d’alarme
À six mois de l’élection présidentielle, la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) dénonce la multiplication des entraves au travail des journalistes.

Menaces, intimidations, agressions, restrictions d’accès aux meetings et aux manifestations : la CCIJP alerte sur une dégradation préoccupante des conditions d’exercice du métier et rappelle qu’aucune démocratie ne peut fonctionner sans une presse libre et indépendante.
Des journalistes menacés
L’alerte est lancée avant même l’ouverture officielle de la campagne présidentielle. Dans un communiqué publié le 2 novembre 2026, la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) exprime son inquiétude face aux difficultés croissantes rencontrées par les journalistes dans l’exercice de leur mission d’information.
À près de six mois de l’élection présidentielle, le constat dressé par cette instance professionnelle est préoccupant : les journalistes seraient de plus en plus régulièrement empêchés de travailler, aussi bien lors de réunions politiques que dans le cadre de la couverture des mouvements sociaux.
Attaques de personnalités politiques
La Commission évoque également des stigmatisations verbales, des mises en danger physiques et des incidents survenant parfois jusque devant les locaux des rédactions. À ces intimidations s’ajoutent les attaques publiques répétées de personnalités politiques de premier plan contre les médias et les professionnels de l’information.
Un climat qui, selon la CCIJP, n’est pas acceptable et qui pose une question fondamentale : quelle place la liberté de la presse occupera-t-elle dans le débat démocratique à l’approche de 2027 ?
La carte de presse, un droit d’accès à l’information
La Commission rappelle le rôle essentiel de la carte d’identité de journaliste professionnel, délivrée par la loi
CCIJP, une instance paritaire créée par la loi
Cette carte ne constitue pas seulement une reconnaissance professionnelle. Elle doit permettre aux journalistes d’accéder aux lieux et aux sources d’information nécessaires à leur travail. Elle doit également faciliter l’obtention des accréditations, sans discrimination ni sélection arbitraire.
La sécurité des journalistes, une exigence démocratique
Au-delà de la question des accréditations, la CCIJP insiste sur un autre principe : la liberté d’informer est indissociable de la sécurité des journalistes.
Un professionnel de l’information doit pouvoir couvrir un meeting, une manifestation ou un événement politique sans être insulté, menacé, agressé ou empêché de travailler. Il doit pouvoir recueillir des témoignages, interroger des responsables politiques et rendre compte des événements sans subir de pressions.
Cette exigence concerne autant les pouvoirs publics que les organisateurs de rassemblements et les responsables politiques. Elle suppose également que les attaques contre les journalistes ne soient ni banalisées ni instrumentalisées.
Une présidentielle sous surveillance
L’avertissement de la Commission intervient dans un contexte où la confiance envers les médias, leur indépendance et leur pluralisme sont régulièrement contestés.
La campagne présidentielle de 2027 constituera un moment décisif pour la vie politique française. Les citoyens devront pouvoir confronter les programmes, vérifier les déclarations des candidats, comprendre les enjeux et se forger librement une opinion.
Encore faut-il que les journalistes puissent exercer leur métier
Car entraver le travail des médias, restreindre leur accès aux événements ou mettre leurs représentants en danger revient à priver les citoyens d’une partie de leur droit à l’information.
La conclusion de la CCIJP est sans ambiguïté : « Entraver les journalistes et les médias d’information affaiblit la démocratie. »
Un rappel qui prend une résonance particulière à l’approche d’une élection présidentielle. La liberté de la presse n’est pas une faveur accordée aux journalistes. Elle est une garantie démocratique pour tous les citoyens.
Emilien Lacombe