
Après plus de trois heures de réunion à l’Élysée avec les responsables des partis politiques, ce vendredi 18 septembre 2026, Emmanuel Macron a évoqué la guerre avec la Russie et insisté sur l’origine internationale de la flambée des prix de l’énergie.
Pourquoi avoir réuni les chefs de partis et les responsables des services de sécurité ? Macron a expliqué, en substance, qu’il voulait mettre les responsables politiques au même niveau d’information que le chef de l’État sur une situation internationale qu’il juge fortement dégradée.
La réunion a porté notamment sur le Moyen-Orient, l’Ukraine, la sécurité de la France et les conséquences énergétiques. L’Élysée avait annoncé que les responsables militaires et du renseignement participeraient également au briefing.
L’objectif affiché était également de permettre aux responsables politiques qui se préparent à l’élection présidentielle de 2027 de disposer des mêmes éléments sur la situation internationale.
Protection des infrastructures
« J’ai demandé au gouvernement de préparer un plan de protection de nos infrastructures critiques, ainsi que des sites les plus sensibles de notre base industrielle et technologique de défense contre les attaques de drones » et les cyberattaques, a annoncé Emmanuel Macron, vendredi 18 septembre, à l’issue d’une réunion confidentielle avec les principaux candidats à la présidentielle ou leur bras droit, à l’Élysée. La réunion a lieu en présence du Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour représenter le gouvernement, et de responsables militaires et du renseignement. « La menace hybride russe à l’égard des Européens et de la France s’est intensifiée », a ajouté le chef de l’État face à la presse.
Pourquoi les prix des carburants flambent-ils ?
C’est le point sur lequel Macron a été le plus explicite. « La situation est intégralement due à la situation internationale. »
Il attribue donc la hausse actuelle des carburants aux conséquences des conflits et des tensions internationales, et non à une décision récente du gouvernement français sur la fiscalité des carburants.
Cette question était au cœur de la réunion : avant même celle-ci, plusieurs responsables politiques avaient demandé une intervention immédiate sur les prix, notamment une baisse des taxes.
Il n’a pas annoncé, à l’issue de la réunion, de baisse immédiate des taxes sur les carburants.
C’est un élément important à distinguer de la demande formulée pendant la réunion par Jordan Bardella, qui avait explicitement demandé une baisse de ces taxes.
Fabien Roussel, à sa sortie, a pour sa part déclaré qu’aucune solution à court terme n’avait été envisagée par le président. Il a rapporté que les participants avaient été informés d’un scénario international susceptible de durer.
Quelle est la réponse proposée par Macron ?
Le président a annoncé vouloir porter la question au niveau international, notamment en réunissant un G7 consacré à l’énergie.
L’idée est de rechercher une réponse coordonnée des principales économies plutôt que de considérer uniquement le problème sous l’angle français.
Il a également défendu l’idée que l’énergie constitue un bien commun, dans le cadre de la réponse internationale à la crise. Cette formulation a été rapportée dans le compte rendu de la réunion.
La crise énergétique risque-t-elle de durer ?
C’est probablement l’un des messages les plus importants rapportés par les participants.
Selon Fabien Roussel, le message transmis pendant la réunion était que le scénario d’un règlement rapide des conflits n’existe plus et que les conflits pourraient s’enliser, avec pour conséquence une crise énergétique susceptible de durer.
A propos des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine
Macron a présenté la situation au Moyen-Orient comme l’une des principales causes de la dégradation actuelle de la situation énergétique et sécuritaire.
La réunion avait précisément pour objet d’examiner les conséquences en France des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, notamment sur la sécurité et l’énergie.
L’Ukraine faisait également partie du briefing stratégique. Les responsables politiques ont été informés de l’évolution du conflit et de ses conséquences potentielles pour la France.
Il faut toutefois distinguer ce qui a été présenté pendant la réunion à huis clos de ce que Macron a effectivement déclaré devant les journalistes : les informations détaillées du briefing ne sont pas publiques.
Au final, aucune mesure française immédiate de baisse des taxes sur les carburants n’a été annoncée à cette occasion. Mais le président alerte sur les risques d’une guerre hybride avec la Russie auxquels il faut se préparer.
Marcel Gay