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« La démocratie, c'est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave »  Charles de Gaulle

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LA FRANCE LIBÉRÉE JOURNAL DES PATRIOTES

UKRAINE - Pourquoi Moscou a déjà gagné

Moscou : le TOP 12 des lieux à voir. Que faire ? Carte et Visite

J’avoue qu’entendre Macron déclarer que « La Russie ne peut pas et ne doit pas gagner » m’a laissé pantois. Car je pense plutôt que c’est l’erreur fatale de l’Union européenne d’avoir ignoré les leçons de l’Histoire, qui va décider de l’issue de ce conflit.

La guerre en Ukraine ne se joue pas seulement sur le front du Donbass, mais dans l’incompréhension totale que l’Occident entretient face à la nature profonde de son adversaire. L’Occident mène une guerre économique, froide et managériale, à coups de paquets de sanctions et de déclarations hors-sol promettant de « détruire l’économie russe en trois mois ». Face à cette gestion de comptables, les Russes mènent une guerre existentielle.

Pour le Kremlin, les faucons et une grande partie de la population, il s’agit d’un combat à mort contre un bloc occidental déterminé à dépecer la Fédération de Russie, à fragmenter ses 25 républiques autonomes et à piller son immense territoire, à l’image des méthodes coloniales appliquées ailleurs dans le monde, comme récemment au Venezuela. Cette asymétrie fondamentale de perception rend toute capitulation de Moscou rigoureusement impossible.

Dans le camp européen, ce n’est qu’arrogance, ignorance et aveuglement

L’engagement de l’Union européenne dans ce conflit restera dans l’histoire comme un cas d’école d’incompétence géopolitique et stratégique. Emportés par une forme de messianisme déconnecté des réalités, les dirigeants européens ont accumulé les fautes lourdes :

– L’ignorance crasse de l’Histoire et de « l’âme russe » : les chancelleries européennes ont abordé la Russie en oubliant qu’il s’agit d’un peuple doté d’une capacité de résilience unique face à la souffrance collective. Un peuple capable de brûler sa propre capitale, Moscou, pour faire reculer Napoléon, ou de sacrifier 26 millions des siens, dont 10 millions de soldats, pour écraser les armées hitlériennes, ne plie pas face à une crise de pouvoir d’achat ou des restrictions de visas et de carburant. Soyons sérieux !

– Le mépris raciste et l’arrogance militaire : l’Occident a fanfaronné en propageant l’image d’une armée russe  arriérée, corrompue et incapable, ignorant délibérément que Moscou conservait intactes ses réserves stratégiques majeures (aviation lourde, forces nucléaires, missiles hypersoniques) en vue d’un affrontement direct avec l’Otan. Ce mépris a conduit à une fuite en avant financière et militaire, un engrenage de centaines de milliards d’euros jetés dans un conflit asymétrique ingagnable ;

– Le suicide économique : en se coupant volontairement de l’énergie russe à bas prix, les gouvernements européens, menés par des dirigeants perçus aujourd’hui comme des irresponsables ayant trahi l’intérêt de leurs peuples, ont sabordé leur propre compétitivité industrielle au profit des intérêts américains.

Ces piliers de la résilience russe que l’Europe s’obstine à ignorer

Pour imposer ses conditions, Moscou s’appuie sur des réalités matérielles et des alliances qu’aucune coalition occidentale ne peut dissoudre :

– Un réservoir de combattants illimité : alors que l’Ukraine est démographiquement exsangue, la Russie n’a encore décrété ni la guerre officielle ni la mobilisation générale. Si Poutine signait le décret de la « Patrie en danger », en levant 1 million de soldats supplémentaires, la société russe ferait corps instantanément, portée par son instinct de survie historique ;

– Le coffre-fort géologique de la planète : assise sur un trésor estimé à 75 000 milliards de dollars de ressources primaires, la Russie possède les premières réserves mondiales de gaz, du pétrole en abondance et les métaux stratégiques indispensables aux technologies du futur. Un tel pays ne peut pas mourir d’isolement économique ;

– Le verrou stratégique chinois : la Chine ne permettra jamais un effondrement de la Russie, car cela signifierait son propre encerclement par les États-Unis. Pékin agira toujours comme le garant économique et technologique de Moscou, transformant les sanctions occidentales en une simple réorientation des flux commerciaux mondiaux vers l’Asie.

– L’illusion d’une destruction du tissue énergétique russe : les frappes sur les infrastructures énergétiques ou de raffinage russes ne peuvent pas inverser le cours fondamental du conflit, car elles touchent à l’économie courante et non aux réserves d’armes stratégiques ou à l’arsenal nucléaire, qui restent sanctuarisés hors de portée. Pour un grand Empire, ce type d’attaques est une perturbation logistique, mais pas un facteur d’effondrement militaire.

L’épilogue logique : vers un retour de la Novorossia

L’objectif final de Moscou, rendu inéluctable par l’épuisement ukrainien et la lassitude américaine, n’est pas l’annexion totale de l’Ukraine, mais la constitution d’un glacis sécuritaire inviolable : la Novorossia. La configuration géographique de cette solution de paix durable se traduit ainsi :

– L’intégration des oblasts de Kharkov, Lougansk, Donetsk, Zaporijjia, Kherson, Odessa, Mikolaïev ;

– La jonction avec la Transnistrie ;

– Le contrôle total de la mer Noire, en partage avec la Turquie ;

– La sécurisation de la Crimée.

Un tel remodelage des frontières offrirait à la Russie une double garantie : un bouclier territorial continu protégeant le flanc sud de la Fédération et la maîtrise absolue de la mer Noire, privant à jamais l’Otan d’une plateforme d’agression à ses frontières directes.

Mais après les expériences vécues par les Russes (élargissement sans fin de l’Otan, coup d’État de 2014 largement fomenté par les États-Unis et sabotage des accords de Minsk), il est probable que Moscou voudra revoir s’installer un  régime prorusse à Kiev et exigera la neutralité de l’Ukraine.

Conclusion : le retour brutal au réel et l’éclatement européen

Je ne suis pas devin, mais je crois que l’issue de ce conflit marquera la fin de l’illusion européiste. Face au principe de réalité imposé par un arbitrage direct entre Donald Trump et Vladimir Poutine, les dirigeants occidentaux devront ravaler leurs fanfaronnades. L’Union européenne, minée par le surendettement, notamment français, et le décrochage industriel, ne se fédérera pas : elle devrait éclater, tant les intérêts divergent.

Le pragmatisme national reprendra ses droits. L’Allemagne, soucieuse de sauver son outil industriel, et les pays réalistes d’Europe centrale briseront le dogme bruxellois pour négocier bilatéralement le retour du gaz russe à bas prix. La guerre en Ukraine aura ainsi révélé une vérité éternelle : on ne détruit pas un empire assis sur le premier arsenal nucléaire du monde et les plus grandes ressources de la Terre, avec des postures morales et des illusions de puissance, alors qu’on est un nain politique et militaire sur l’échiquier international.

Quant à la France, déjà ruinée par Macron, elle aura englouti plusieurs dizaines de milliards dans une aventure suicidaire, alors que son rôle eût été d’œuvrer à la paix, au nom de la longue amitié franco-russe et de l’historique russophilie gaullienne. Un ratage aussi monumental qu’impardonnable de la part de Macron.

Nous verrons bien dans quelques mois si ces quelques lignes se concrétisent ou ne sont qu’illusion.

Jacques Guillemain

Date de dernière mise à jour : 31/08/2026

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