5 NOVEMBRE - 70 000 policiers et gendarmes mobilisés,
Les syndicats appellent à une journée de mobilisation interprofessionnelle. Les cortèges devraient être renforcés par des lycées et étudiants insatisfaits des premières réponses du gouvernement à leurs revendications.

"Nous sommes déterminés à maintenir l'ordre public." Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé, mercredi 4 novembre, la mobilisation de 70 000 policiers et gendarmes pour la journée de manifestation nationale de jeudi, soit un dispositif qui sera "exactement le même que celui du 31 octobre". Les itinéraires autorisés par les préfets sont "les plus sécurisés possibles", avec le souci d'éviter "les lieux les plus sensibles" dont l'hyper-centre "d'un certain nombre d'agglomérations", a-t-il détaillé. A Paris, l'itinéraire déclaré par l'intersyndicale ne "convient pas" au gouvernement de "risques" liés à la proximité avec des "lieux de pouvoir", d'où son interdiction, a-t-il défendu. Suivez notre direct.
Le parcours parisien encore incertain. Le parcours déposé en vue de la mobilisation du 5 novembre par la CGT, au nom de l'intersyndicale, a été interdit par la préfecture de police. Le cortège devait partir de la place de la Bastille et rejoindre la place de la Concorde, en plein cœur de Paris. "Néanmoins, la manifestation pourra se tenir de 14 heures à 19 heures entre la place de la République et la place de la Nation, en empruntant le boulevard Voltaire", précise l'arrêté. L'intersyndicale a annoncé dans la foulée de cette décision qu'elle contestait cet "arrêté d'interdiction partielle et le trajet de la préfecture" devant le tribunal administratif.
Une journée "classée à risque". Entre 500 000 et 700 000 manifestants sont attendus dans les rues partout en France, sans compter la région parisienne, selon le renseignement territorial, qui s'attend à "de nombreuses violences en direction des forces de l'ordre et des dégradations de bâtiments publics". Laurent Nuñez a mis en garde contre le risque d'"attaques", de "pillages" et de "dégradations" visant des commerces et des bâtiments publics, venant notamment de "la mouvance d'ultra gauche et d'extrême gauche radicale".
"Plus de 220 actions" organisées dans le pays. Les autorités s'attendent à "un peu plus de 220 actions de voie publique" jeudi, selon Laurent Nuñez. Mardi, une carte de la CGT recensait 244 manifestations prévues dans toute la France pour la journée de jeudi. Annoncée début octobre, cette journée doit rassembler plus largement salariés du privé et du public et retraités, pour défendre l'emploi, les salaires ou encore les services publics. Des lycéens et étudiants, toujours demandeurs de mesures à la hauteur de leurs attentes, devraient se joindre au mouvement.
Des perturbations attendues dans l'éducation et dans les transports. A la veille de cette nouvelle journée mobilisation, le ministère de l'Education nationale estime que le taux de grévistes dans le premier degré public devrait s'élever à 17,54%, ont appris France Télévisions et franceinfo mercredi. La SNCF anticipe un trafic "perturbé" sur la plupart de ses lignes régionales et franciliennes et "légèrement perturbé" pour les TGV.
Yann Thompson, Laure Cometti