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« La démocratie, c'est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave »  Charles de Gaulle

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LA FRANCE LIBÉRÉE

 

GUERRE 14-18 --- OUI, nous avons un devoir de mémoire envers « ceux de 14-18 »

« La guerre, je vois des ruines, de la boue, des files d’hommes fourbus, des bistrots où l’on se bat pour des litres  de vin, des gendarmes aux aguets, des troncs d’arbres déchiquetés et des croix de bois, des croix, des croix… »                                             (Roland Dorgelès : « Les croix de bois » (1919)

27500 Saint-Germain-Village : Monument aux Morts

Dans quelques décennies, quand l’histoire aura repris ses droits, il est assez vraisemblable qu’Emmanuel Macron sera considéré comme le plus grand commun diviseur des Français, mais aussi, hélas, comme le fossoyeur de la France. Cet  individu  ambitionnait de réaliser le vieux rêve de Giscard d’Estaing : laminer les partis politiques de droite et de gauche au profit d’un extrême-centre progressiste, favorable aux États-Unis d’Europe. Au début de son premier mandat, il fustigeait le séparatisme ; une formule sans véritable sens mais qui subodorait que les Français devaient être plus unis, moins divisés. En réalité, en pompier-pyromane, il n’aura eu de cesse que de favoriser les divisions. Tandis qu’une droite qualifiée d’extrême faisait tout pour se rendre fréquentable, pour se dédiaboliser, l’extrême gauche virait à l’islamo-gauchisme ; elle se radicalisait et voyait des fascistes partout. Jouissant auprès des médias du privilège rouge et bénéficiant de la clémence de juges également rouges, elle ose tout. Les syndicats d’enseignants – qui ont viré du rose au rouge vif – s’autorisent même à contester que l’on puisse inculquer aux jeunes le respect envers les morts de toutes nos guerres ; c’est honteux, infâme, abject ! Ça donne carrément la nausée !

À chaque 11 novembre, je coiffe mon béret rouge pour aller au monument aux morts de ma commune. Je n’ai jamais risqué ma peau sur un champ de bataille, pourtant l’historien-amateur que je suis éprouve un sentiment de tristesse à la seule évocation de la Grande Guerre. Quand on célèbre l’armistice, je pense au 3 août 1914. Ce jour-là, l’Allemagne déclarait la guerre à la France. C’était le début d’une grande boucherie où nous avons mobilisé 8 millions d’hommes. Ce conflit allait nous coûter 1,4 million de morts, 1,1 million de blessés, invalides permanents, 56.000 amputés et 65.000 mutilés. Les Allemands y perdront 1,9 million de tués ; les Britanniques 870.000. Le total des pertes humaines de la Grande Guerre s’élève à 18,6 millions de morts (9,7 millions de militaires et 8,9 millions de civils). Cette guerre, les naïfs, les imbéciles et les pacifistes bêlants la surnommeront La Der des Ders en pensant qu’on ne verrait plus jamais ça. Les monuments aux morts de nos villes, bourgades ou modestes villages sont là pour nous rappeler que cette guerre fut terriblement égalitaire. Toutes les régions, tous les milieux, ont eu leur quota de tués. La camarde a frappé très durement certaines familles qui ont perdu trois ou quatre de leurs fils. Comment le monde dit civilisé a-t-il pu laisser faire cette monstruosité et accepter une telle hécatombe ?

Quelques années après l’armistice, le maréchal Hubert Lyautey devait déclarer : « C’est la plus monumentale ânerie que le monde ait jamais faite ». Comment lui donner tort ? La France ne s’est jamais remise de la saignée de 14-18. Elle y a perdu ses forces vives, et ses dirigeants politiques n’ont pas compris que le traité de Versailles était une humiliation pour l’Allemagne. Aveuglés par la naïveté confondante de la Société des Nations, ils n’ont pas su (ou pas voulu ?) préparer la  suivante, ce qui nous a amené, en juin 1940, à la plus mémorable raclée de notre histoire pourtant riche – depuis Azincourt en 1415 – en défaites cuisantes.

Cette Grande Guerre dont nous célébrons la victoire, nous avons bien failli la perdre.

Une telle situation s’expliquait, en partie, par la disproportion des forces entre les Allemands et nous, mais aussi, mais surtout, par le fait que le fantassin français était totalement inadapté à la guerre moderne : chargé comme un mulet, habillé du fameux pantalon garance, on lui impose des assauts à la baïonnette contre des mitrailleuses allemandes.

Ses chefs, pour la plupart, en sont restés aux guerres de l’Empire ! Le commandement est incarné par le généralissime Joffre. Nommé, en 1911, chef d’état-major des armées, ce brillant polytechnicien a appris à faire la guerre en… 1870.

Initié à la franc-maçonnerie en 1875 (Loge Alsace-Lorraine), alors qu’il était encore capitaine, il fait partie des nombreux officiers maçons dont l’avancement sera favorisé par le général André (1), lorsqu’il était ministre de la Guerre (1900-1902). Nos troupes reculent partout. Joffre rejette la responsabilité de la défaite sur ses subalternes auxquels il reproche de ne pas être assez offensifs, et il limoge ceux qu’il juge incompétents. Plus tard, Joffre sera adulé, après les batailles de la Marne, et on apprendra aux enfants des écoles la belle histoire des taxis de la Marne. Il faut lire Le gâchis des généraux de Pierre Miquel (2) qui raconte comment Joffre limogeait ses subordonnés à tour de bras pour ne pas assumer ses propres erreurs ; comment  des généraux incompétents lançaient leurs poilus dans des offensives aussi sanglantes qu’inutiles. Le général Pétain étaient l’un des rares à se soucier de la vie de ses hommes, les autres préféraient nier la supériorité de l’artillerie allemande. Ils ne croyaient qu’à l’assaut du fantassin à la baïonnette, comme durant les guerres napoléoniennes.

Après la défaite de Sedan, en 1870, la France était frappée d’un esprit revanchard, mais encore eût-il fallu se préparer sérieusement à la revanche. Or en 1911, alors que Krupp fondait des canons à longue portée qui allaient tragiquement inaugurer la  guerre moderne, le général Faurie – qui mérite de passer à la postérité – écrivait ceci : « Il faut que le fantassin arrive à avoir, dans son adresse à manier la baïonnette, une confiance telle qu’il préfère l’emploi de celle-ci à un tir rapide qui lui fait perdre du temps. » Ça ne s’invente pas ! Et un certain capitaine Ledant – encore un génie méconnu ! – dans un livre intitulé À la baïonnette, chargez !, renchérissait en 1912 en écrivant : « La baïonnette est une arme terrible, qui opère vite, c’est l’outil du bon travail, une blessure causée par elle est toujours grave. On peut rêver de posséder des armes qui tuent à plusieurs kilomètres, mais avec la baïonnette, tous les coups portent… ». On croît rêver (ou cauchemarder) !

Vêtu du fameux pantalon garance, le fantassin français offrait une cible magnifique aux Allemands, mais ce pantalon était un signe distinctif auquel tenaient les généraux. Il avait conquis ses titres de gloire en Algérie avec les troupes du duc d’Aumale, et le supprimer eût été infamant. Et puis, comme disait Cyrano de Bergerac, « on n’abdique pas l’honneur d’être une cible » et des cibles, les mitrailleuses allemandes allaient en avoir quelques centaines de milliers.

Plus destructeurs encore, il y avait les canons lourds et les canons de campagne allemands : l’artillerie allemande se révélera très supérieure, plus précise et plus mobile que celle des Français.

Très attaché au concept barrésien de la terre et des morts, j’ai un respect total pour tous ceux qui sont tombés pour la patrie, avec une pensée particulière pour cette jeunesse de France envoyée à la mort dans des assauts inutiles, pour gagner puis perdre quelques mètres de terrain.

Charles Péguy a écrit : « Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,/ Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre… ». Mais existe-t-il des guerres justes ? Chaque camp estime que la guerre, SA guerre, est légitime, et des soldats tombent qui deviennent des héros dans leur pays.

Le lieutenant Charles Péguy est mort pour la France le 5 septembre 1914 à Villeroy (Seine-et-Marne) lors de la bataille de l’Ourcq. Il est mort pour la terre charnelle ; une terre où repose 1,4 million de Français auxquels des enseignants gauchistes refusent un hommage ; c’est honteux !

En guise de conclusion, je laisse les matamores, les forts en gueule, et les va-t-en-guerre – qui appellent à une troisième guerre mondiale pour soutenir l’Ukraine et écraser la Russie – méditer sur cet article. La Première Guerre mondiale a fait plus de 18 millions de morts et 21 millions de blessés et mutilés ; la Seconde Guerre mondiale, presque 60 millions (dont plus de civils que de militaires), je n’ose imaginer le bilan de la troisième !

Éric de Verdelhan

1) Le scandale provoqué, en 1904, par L’affaire des fiches : le général André, ministre de la Guerre, faisait ficher les officiers catholiques pour freiner leur carrière.

2) Le gâchis des généraux de Pierre Miquel ; Plon ; 2001.

Date de dernière mise à jour : 02/11/2026

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