POLITIQUE - Le RN réduit au silence, puis interdit : le projet de Bally Bagayoko

Encore une polémique pour Bally Bagayoko. Invité sur LCI, ce dimanche 25 octobre, le maire LFI de Saint-Denis a exposé sans détour sa conception de la démocratie : un espace médiatique débarrassé du Rassemblement national. Tout commence par une discussion sur le temps de parole politique. Darius Rochebin rappelle que celui-ci dépend des résultats des élections précédentes et que les médias doivent donner la parole aux représentants démocratiquement élus. « Moi, je ne suis pas d’accord avec ça », rétorque Bagayoko. Son motif ? « Je ne suis pas pour dire que celles et ceux qui tiennent à longueur de journée des propos racistes puissent avoir un temps de parole. » Anne Nivat lui fait alors remarquer qu’on ne peut priver de parole quelqu’un qui a été démocratiquement élu. « Mais c’est le fonctionnement d’une démocratie, monsieur Bagayoko ! », insiste-t-elle. Guillaume Roquette pose finalement la question qui fâche : « Vous seriez favorable à ce que l’on interdise de parole le RN pendant cette campagne présidentielle ? » La réponse fuse : « Ah oui ! Ah oui ! À partir du moment où ils tiennent des propos racistes, je suis en désaccord. »
Anne Nivat pousse l’élu dans ses retranchements : « Si vous arrivez au pouvoir, vous interdisez le RN ? » Bagayoko répond qu’il entend d’abord « combattre le RN dans les urnes », avant d’ajouter : « Et puis tous celles et ceux qui participent à propager la haine seront bien sûr lourdement sanctionnés, y compris dans les médias ! » Le RN ne devrait donc plus bénéficier d’une parole publique et s’exposerait aussi à des sanctions. Lesquelles ? Bally Bagayoko ne le précise pas. Amendes ? Peines d’inéligibilité ? Emprisonnement ? Le maire laisse planer le flou, mais la menace, elle, est bien explicite.
LFI, une tentation totalitaire ?
Cette sortie n’est pas un accident isolé. Bally Bagayoko avait déjà suscité la polémique en évoquant la nécessité de « faire allégeance » à sa nouvelle majorité municipale, menaçant de se séparer de ceux qui refuseraient de s’y plier. Plus récemment, le 29 septembre, il a défendu l’idée que la violence pouvait être parfaitement « légitime ».
En avril dernier, David Lisnard qualifiait La France insoumise de parti « néo-fasciste », en invoquant notamment la violence et l’intimidation politique. Les déclarations de Bally Bagayoko ne font que renforcer l’argumentaire de ceux qui dénoncent les dérives autoritaires du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Le totalitarisme se caractérise, notamment, par l’élimination des contre-pouvoirs et le silence imposé aux oppositions. Au nom de la lutte contre le « racisme », LFI semble prête à envisager des méthodes qui consistent, précisément, à museler ses adversaires.
Le procès en racisme, arme de la gauche
Encore faut-il s’entendre sur ce prétendu « racisme » dont le RN se rendrait coupable à chaque prise de parole. Sa définition a considérablement évolué, ces dernières années, sous l’impulsion de la gauche militante et universitaire. À la notion de hiérarchie entre les races s’est substitué un système oppressif diffus, le fameux « racisme systémique », censé imprégner les sociétés occidentales jusque dans leurs structures les plus profondes. Un système dont les pays arabes et africains seraient, par ailleurs, miraculeusement exempts…
La définition s’est, manifestement, encore élargie depuis. Est « raciste » non pas le responsable politique qui raille des patronymes juifs ou déclare qu’il ne peut « pas survivre quand il n'y a que des blonds aux yeux bleus » autour de lui, mais le simple quidam occidental qui revendique son attachement à ses racines, à ses traditions, à son héritage historique. Ou encore celui qui conteste la politique migratoire en vigueur et dénonce ses conséquences sur la société française.
Jean Kast