POLITIQUE - François Bayrou partage un extrait de son interview… et l'on cherche encore ce qu'il voulait nous dire
François Bayrou a choisi de relayer sur X un extrait de son intervention sur LCI. On pouvait s'attendre à une proposition, une idée nouvelle ou une analyse originale. L'ancien Premier ministre a préféré partager quelques considérations sur « la haine généralisée » et les « extrêmes ». Un condensé de banalités politiques.

Il y a les déclarations sans grand intérêt que les responsables politiques prononcent au détour d'une interview. Et puis il y a celles qu'ils décident eux-mêmes de mettre en avant, manifestement convaincus qu'elles méritent d'être entendues une seconde fois. François Bayrou vient d'illustrer cette seconde catégorie.
L'ancien Premier ministre a ainsi choisi de repartager sur ses réseaux sociaux un court extrait de son passage sur LCI. Qu'y découvre-t-on ? Une proposition concrète ? Une réflexion inattendue ? Une analyse susceptible d'éclairer les difficultés actuelles de la France ? Rien de tout cela.
« Aujourd'hui, le fond du climat de la société française, c'est la haine généralisée. La haine de tous contre tous », explique François Bayrou.
Aujourd'hui, le fond du climat de la société française, c'est la haine généralisée nourrie par les extrêmes. Or il existe un antidote avec ceux qui ne veulent ni de LFI ni du RN, et ils sont une majorité, j'en suis persuadé. François Bayrou
Les « extrêmes » alimenteraient cette haine, poursuit-il, avant de regretter que les « démocrates et républicains » n'aient pas encore trouvé « l'antidote ». Il se dit enfin persuadé que les Français ne voulant ni de LFI ni du RN constituent une majorité.
On aimerait croire que l'ancien Premier ministre a développé ailleurs des idées plus substantielles. Reste que c'est ce passage-là, et non un autre, qu'il a choisi de partager sur X. Un choix qui laisse perplexe et donne le sentiment d'une parole politique tournant indéfiniment sur elle-même.
Car François Bayrou ne se contente même pas de présenter un remède à la crise qu'il décrit. Il reconnaît que son propre camp n'a pas trouvé « l'antidote », tout en assurant que celui-ci existe.
Après des décennies de vie politique, difficile d'imaginer profession de foi plus désarmante : le problème est connu, la solution existerait, mais personne ne sait encore laquelle.
À force de répéter les mêmes diagnostics, le discours centriste semble parfois avoir renoncé à produire autre chose que sa propre répétition. Et lorsque François Bayrou choisit lui-même d'en diffuser un nouvel échantillon, une question finit par s'imposer : n'avait-il vraiment rien de plus intéressant à partager ?
Harrison du Bus