Face à l’inflation galopante, et s’il ne souhaite pas se retrouver à la rue, José, retraité, doit obligatoirement vivre en colocation avec d’autres personnes. Il raconte.

Face à l’inflation galopante, et s’il ne souhaite pas se retrouver à la rue, José, retraité, doit obligatoirement vivre en colocation avec d’autres personnes. Il raconte.
Pour beaucoup d’actifs, la retraite est souvent perçue comme le Saint Graal, la récompense d’une vie de travail. Pourtant, lorsque la réalité rattrape le rêve, c’est souvent la désillusion. Rares sont les retraités qui, avec une simple pension, n’ont pas de mal à joindre les deux bouts aujourd’hui.
La faute au coût de la vie de plus en plus élevé et à une inflation galopante. Pire encore, en raison de loyers trop élevés, certains sont obligés de se tourner vers les banques alimentaires ou même d’abandonner leur logement, ou de dormir dans la rue. C’est le cas de José, surnommé « Tintin » par ceux à qui il ne donne pas son nom, par honte de sa situation. Celui qui a tout perdu du jour au lendemain, son travail, son appartement et sa famille l’assure : il n’aurait jamais cru se « retrouver à la rue un jour ».
Un prêt immobilier devenu impossible à payer
Il y a quelques mois en effet, José s’est retrouvé sans abri et a dû se rapprocher d’un centre d’accueil pour pouvoir recevoir de la nourriture. Un lieu qui lui a permis de tenir, car il pouvait échanger et discuter avec des personnes dans la même situation que lui. « La rue n’est pas aussi glamour qu’on le prétend », assure-t-il, avant d’évoquer ces personnes qui paraissent aimables mais qui finissent par la suite par vous voler jusqu’à votre sac de couchage.
Une situation très difficile à vivre pour le retraité, qui s’est retrouvé dans cette situation faute de pouvoir continuer à payer son logement. « Quand les travaux se sont terminés, je n’ai plus pu payer mon prêt immobilier et ils ont saisi mon appartement », se souvient celui qui parle d’un « manque de soutien » du gouvernement dans les ressources accordées aux personnes âgées.
Antonio Lopez, professeur de mathématiques retraité de 71 ans : "Je touche une bonne pension, mais je pense que dans quelques années, il n'y aura plus assez d'argent si rien ne change" | Source: Shutterstock
Des revenus trop faibles pour vivre correctement à la retraite
Aujourd’hui, si José est tiré d’affaire, il ne peut pas dire non plus qu’il vit la retraite dont il a toujours rêvé. Ses 800 euros par mois lui permettent d’« aller de l’avant », mais pas non plus de sortir de la précarité. D’autant plus qu’il consacre une partie des revenus de sa pension à sa fille, dont il s’occupe. Le reste lui permet à peine de couvrir ses dépenses essentielles. Raison pour laquelle il vit aujourd’hui avec d’autres personnes.
« Actuellement, je vis en colocation avec cinq autres personnes, car sinon, il m’est impossible de me déplacer », explique-t-il au média El Espanol De Alicante. Un choix qui n’en est pas vraiment un, la colocation étant devenue le seul moyen de se loger dans une ville où les loyers exorbitants rendent le logement inaccessible à de nombreuses personnes à faibles revenus. « Avec 80 euros par semaine, je ne peux même pas m’acheter une bonbonne de gaz butane », conclut-il.
Constance Agnès