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NORVÈGE - Elle tue sa mère et son frère, mais ressort libre du tribunal

Une Norvégienne a tué sa mère de 74 ans et son frère de 42 ans. Le tribunal l’a acquittée, estimant qu’elle était irresponsable en raison de troubles psychiatriques.

C'est dans un quartier résidentiel paisible de Ski, près d'Oslo, que le huis clos familial a viré au drame en décembre 2024.

C'est dans un quartier résidentiel paisible de Ski, près d'Oslo, que le huis clos familial a viré au drame

Elle a tué deux membres de sa famille, a reconnu les faits mais n'est pas condamnée. Dans l’affaire du double meurtre de la ville de Ski, près d’Oslo, la justice a acquitté mardi une femme d’une quarantaine d’années qui avait tué, en décembre 2024, sa mère Marit Taagerud, 74 ans, et son frère Håkon, 42 ans. Plus étonnant encore, elle ne fera pas l’objet de soins psychiatriques imposés, indique le média norvégien 

Les expertises psychiatriques ont convaincu la majorité des juges qu’elle souffrait alors d’une dépression sévère accompagnée de symptômes psychotiques. Sa perception de sa situation familiale et des solutions possibles aurait été profondément altérée.

Une famille coupée du monde

Le procès a révélé le huis clos particulièrement sombre dans lequel vivait la famille. Depuis 2015, l’accusée avait progressivement assumé la responsabilité de sa mère et de son frère. Elle avait fini par abandonner son travail pour s’occuper d’eux. Mais, au fil des années, la situation lui avait totalement échappé.

Les photographies montrées au tribunal témoignaient de conditions de vie extrêmement dégradées. La maison était envahie par les déchets et les immondices, la cuisine et la salle de bains étaient devenues inutilisables. Pourtant, cette situation aurait évolué à l’abri des regards, sans intervention extérieure suffisante.

Le tribunal s’est lui-même interrogé sur cette absence de soutien, jugeant difficile de comprendre comment une famille présentant de tels besoins avait pu sombrer à ce point sans recevoir davantage d'aide des services publics.

À l’automne 2024, la quadragénaire aurait développé des pensées de plus en plus catastrophiques autour des finances familiales. Elle s’était persuadée qu’aucune issue n’existait et que la seule solution consistait à tuer sa mère, son frère, puis à mourir elle-même. «Il faut que ça cesse», s’était-elle dit, a-t-elle raconté durant son procès.

Dix-sept ans de prison avaient été requis

Pour les experts, cette vision sans issue était précisément l’une des manifestations de sa maladie. Les juges majoritaires ont donc considéré qu’elle se trouvait dans un état psychique suffisamment grave pour être déclarée irresponsable pénalement.

Le tribunal est allé plus loin en refusant également d’ordonner des soins psychiatriques contraints. Les experts jugent faible le risque de nouvelles violences et considèrent le double meurtre comme totalement atypique dans le parcours de l’accusée, commis dans des circonstances extrêmes qui ont peu de risques de se reproduire.

La décision était loin de faire l’unanimité. L’un des trois juges estimait la femme responsable de ses actes et souhaitait sa condamnation. Le Ministère public avait pour sa part requis 17 ans de prison. La procureure doit désormais étudier le jugement avant de décider d’un éventuel recours.

Autre singularité de ce verdict: la femme ne perd pas automatiquement son droit à hériter de sa mère et de son frère. Si le jugement devient définitif, elle devra toutefois verser plus de 420’000 couronnes norvégiennes (36'700 francs) à son autre frère survivant à titre d’indemnisation.

Le Livre Noir

Date de dernière mise à jour : 09/09/2026

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