SOCIÉTÉ ET FAITS DIVERS - Le pilote refuse de se poser, l'armée envoie deux chasseurs
Alors qu'il y avait une alerte à la bombe, le pilote d’un avion d'Aer Lingus avec 157 personnes à bord a d'abord refusé de se poser sur la base militaire d’Évreux.

L'avion d’Aer Lingus en cause. Il s'est finalement bien posé à la base militaire d'Évreux après un refus.
Le parquet d’Évreux a annoncé à l’AFP l’ouverture d’une enquête au sujet du pilote de l’avion d’Aer Lingus qui «aurait refusé» d’atterrir sur la base militaire d’Évreux, «préférant un aéroport civil», poussant l’armée française à mobiliser deux avions pour l’escorter.
Le procureur de la République, Rémi Coutin, a annoncé s’être rendu sur la base aérienne 105 de l’armée de l’air et de l’espace, à Évreux, où s’est finalement posé l’A320 qui effectuait la liaison entre Dublin et Rome avec 157 personnes à bord, en raison d’une alerte à la bombe.
Le pilote irlandais «sera entendu en audition libre et je déciderai plus tard d’une éventuelle garde à vue», a précisé le magistrat à l’AFP.
«Les passagers sont tous descendus de l’avion, ils ont été contrôlés par les gendarmes et montent dans des bus pour aller dans un gymnase de la base aérienne», a expliqué Rémi Coutin.
Refus d'obtempérer
«Je suis sur place pour éclaircir le comportement du pilote irlandais de l’avion Aer Lingus qui aurait refusé d’obtempérer à l’ordre donné d’atterrir sur un aéroport militaire, préférant un aéroport civil», a déclaré le procureur.
«Deux avions de chasse ont donc dû décoller pour l’escorter jusqu’à la base aérienne 105. Il s’agit d’une infraction spécifique du code des transports», a-t-il poursuivi.
L’enquête a été confiée «à la section de recherche des transports aériens de Roissy, de l’armée de l’air et de l’espace de Villacoublay et au groupement de gendarmerie de l’Eure», a ajouté Rémi Coutin.
Pour la troisième fois cette semaine, de fausses alertes à la bombe ont perturbé le trafic aérien européen, poussant jeudi plusieurs vols à se dérouter, notamment au départ de l’Italie et à destination de la Bulgarie ou de la République tchèque.
À midi jeudi, douze vols avaient été visés par des alertes à la bombe, ont indiqué plusieurs autorités et compagnies. Tous les vols se sont posés en sécurité, ont-elles confirmé.
Claude Chiron