SOCIÉTÉ - Interdiction des cheminées à foyer ouvert : l’État s’attaque aux vrais sujets

Le 13 Heures de France 2 nous apprenait, ces jours-ci, une bien intéressante nouvelle. Figurez-vous que l'utilisation des cheminées à foyer ouvert est désormais interdite dans plusieurs centaines de communes françaises. Une cheminée, quoi, comme on dit communément. Cette mesure s'applique depuis plusieurs années dans certains territoires et entre en vigueur ce 1er novembre 2026 dans les 95 communes de la métropole européenne de Lille. Au total, 657 communes sont désormais concernées par ces restrictions, réparties dans six départements : le Nord, la Loire, le Rhône, l'Isère, l'Ain et la Haute-Savoie. La métropole lyonnaise est, elle aussi, concernée depuis 2023.
Les contrevenants, ceux qui auront l’outrecuidance d’allumer un feu dans leur cheminée « à foyer ouvert », s’exposent à une amende pouvant atteindre 1.500 euros. Ils n’avaient qu’à s’équiper d’un poêle ou d’un autre type de « foyer fermé ». Sur X, les internautes se déchaînent contre cette mesure, comme une certaine « Brune Geneviève » qui écrit : « Dans la région lilloise, des gens ont acheté leur bois il y a déjà plusieurs mois pour se chauffer. On leur annonce aujourd'hui qu'ils doivent claquer en moyenne 5.000 euros pour un foyer fermé, sinon, c'est 1.500 euros d'amende. Marre de ce pays qui n'en est plus un. »
La raison invoquée, évidemment, est écologique. Les cheminées classiques sont censées émettre beaucoup de particules fines et contribueraient donc directement à la pollution de l’air. Presque trop bon, le législateur précise que les amateurs d’âtres pourront garder leur cheminée à l’ancienne, mais qu’ils devront évidemment s’abstenir de l’utiliser.
Emmerder les Français
On est, bien sûr, tenté de reprendre la fameuse phrase de Pompidou, qui s’élevait déjà en son temps contre l’absurde production de normes : « Arrêtez d’emmerder les Français ! » Toutefois, il semble que les choses soient plus graves que cela.
À propos des politiques publiques, l’excellent Jean-Yves Le Gallou parle souvent d’« anarcho-tyrannie ». Fort avec les faibles, faible avec les forts, l’État serait donc à la fois un tyran et une victime, selon que le citoyen est un honnête contribuable ou un délinquant indifférent aux lois. On peut dire qu’il y a énormément de vérité dans cette assertion, d’autant plus que l’actualité nous offre l’occasion d’une navrante comparaison.
Les dégâts causés par les gauchistes et les racailles lors des manifestations du 17 octobre se comptent en milliards d’euros. Il y a eu quelques comparutions, quelques condamnations, mais la plupart des émeutiers, des pillards et des casseurs courent toujours. Quelques jours plus tard, l’État s’attaque donc aux propriétaires de cheminées, qui devront passer à la caisse s’ils n’ont pas acheté de poêle à bois. Et, évidemment, cerise sur le gâteau : l'État nounou versera des aides, sorties de ses poches magiques, pour que les gens puissent se chauffer avec un « foyer fermé » sans utiliser la cheminée qui, depuis des siècles, est prévue à cet effet. À chacun ses priorités.
On ne s’est pas demandé quelle était l’empreinte carbone des voitures, lycées, poubelles et Abribus™ brûlés par les émeutiers. À ceux-là, on ne demandera pas de comptes sur leur éco-citoyenneté. C’était un peu pareil, pendant le Covid-19, souvenez-vous : les familles qui, sur des plages désertes, ne portaient pas leur sacro-saint masque étaient verbalisées sans pitié, mais dans les zones de non-droit, en banlieue, personne n’a jamais porté cet effet ridicule ni respecté les « gestes barrières ». Et cela n’a jamais dérangé personne.
Plus que jamais, la loi française est une convention. Elle ne s’applique, avec une sévérité qui confine à l’absurde, qu’à ceux qui choisissent de la respecter. Ceux qui s’en fichent délibérément sont tranquilles. Pour les casiers judiciaires vierges, il y aura toujours des policiers et des juges. On ne peut pas être partout.
Arnaud Florac