Suspecté d'être l'un des rabatteurs du pédocriminel Jeffrey Epstein à Paris, Daniel Siad a été retrouvé mort lundi soir à son domicile de Colombes (Hauts-de-Seine).

Daniel Siad et Jeffrey Epstein
La procureure de Paris, Laure Beccuau, a déclaré dans un communiqué, mercredi 22 juillet, que la mort de Daniel Siad – soupçonné d'avoir présenté au pédocriminel Jeffrey Epstein certaines de ses victimes – ne mettait pas fin à l'enquête cadre ouverte en février 2026 en France pour traite des êtres humains en bande organisée et association de malfaiteurs. Son décès, constaté lundi soir à son domicile à Colombes (Hauts-de-Seine), entraîne en revanche "l'extinction de l'action publique" le concernant, alors qu'il était visé par les plaintes de cinq femmes, dont certaines pour viol.
"L'enquête cadre (...) se poursuit afin d'identifier l'ensemble des personnes susceptibles d'être mises en cause, nonobstant l'extinction de l'action publique concernant Daniel Siad", a écrit la procureure de Paris dans ce communiqué. "Daniel Siad faisait l'objet de techniques spéciales d'enquêtes et notamment d'écoutes téléphoniques, sans que celles-ci n'aient à ce jour apporté d'éléments justifiant qu'il soit procédé à son interpellation immédiate", a-t-elle assuré.
Seize plaignantes entendues par les enquêteurs
"À ce stade" de l'enquête, selon Laure Beccuau, "24 femmes se sont manifestées ou ont été identifiées, lesquelles ont dénoncé des faits dont elles ont été victimes ou témoigné de faits susceptibles d'avoir été commis tant par Daniel Siad que d'autres mis en cause". Et la procureure d'ajouter que 16 d'entre elles ont été entendues par les enquêteurs, huit auditions devant "encore être prochainement effectuées". En mai, le parquet avait indiqué réaliser de "nouvelles analyses", notamment sur "l'ordinateur" de Jeffrey Epstein, avant d'entendre les mis en cause.
Malgré la mort de Daniel Siad, l'avocate Anne-Claire Le Jeune, qui représentait certaines des plaignantes, espère que l'enquête "puisse se poursuivre pour identifier d'éventuelles complicités". Certaines des plaintes visent "aussi d'autres individus".
Le sexagénaire, qui se présentait comme "né Français et citoyen suédois", contestait l'ensemble des accusations qui pesaient contre lui. Son corps a été découvert lundi soir dans son pavillon de Colombes, a précisé le parquet de Nanterre. "Une enquête en recherche des causes de la mort" a été confiée à la Sûreté territoriale des Hauts-de-Seine et "une autopsie sera réalisée", a-t-il précisé.
Le Livre Noir