Les juges suivent les médecins, qui considèrent leur poursuite comme une « obstination déraisonnable ».
La famille prépare un recours.

Malgré l’opposition de ses parents et quelques signes d’amélioration, le tribunal administratif de Paris a validé l’arrêt les traitements qui maintiennent en vie Tasneem, une fillette de quatre mois hospitalisée à l'Hôpital Necker. La justice a tranché en faveur des médecins. Le tribunal administratif de Paris a autorisé l’arrêt des thérapeutiques actives prodiguées au bébé, détaille «Le Parisien».
Née prématurément, la petite fille souffre de graves complications. Une omphalocèle avait été diagnostiquée avant sa naissance, puis des troubles digestifs et respiratoires sont apparus, nécessitant nutrition parentérale, intubation et ventilation. De sévères lésions neurologiques ont également été constatées. Après une forte dégradation de son état début juillet, les médecins de Necker avaient estimé que poursuivre les traitements reviendrait à une «obstination déraisonnable».
Ses parents contestent cette analyse. Ils soulignent que Tasneem n’est pas dans un état végétatif: elle présente un état de conscience, bouge ses quatre membres et pourrait, selon eux, parvenir un jour à respirer sans assistance. Ils mettent aussi en avant les incertitudes concernant son futur handicap et les capacités de récupération du cerveau d’un nourrisson.
Pas d’espoir thérapeutique, selon les experts
Une expertise indépendante menée par trois spécialistes a toutefois conforté la position de l'Hôpital Necker. Les médecins reconnaissent certaines améliorations, mais constatent des «lésions cérébrales graves irréversibles» et ne voient «pas de perspective d’évolution favorable» à court terme. Tasneem reste dépendante d’une assistance respiratoire, d’une alimentation parentérale et d’un très lourd traitement contre la douleur. Les experts évoquent également un niveau élevé de souffrance physique.
Les juges reconnaissent pourtant les progrès accomplis: son périmètre crânien augmente à nouveau, ses besoins en oxygène ont diminué et son omphalocèle a cicatrisé. Mais ces améliorations ponctuelles ne modifient pas, selon eux, le pronostic général.
Le tribunal considère ainsi que l’enfant est sans «issue thérapeutique» et promise à un polyhandicap. Il insiste aussi sur la «sextuple thérapie sédative et analgésique», administrée à des doses inhabituelles pour un nourrisson. Dans ces conditions, la poursuite des traitements serait disproportionnée et constituerait une «obstination déraisonnable».
Les parents refusent toutefois de renoncer. Le père de Tasneem assure qu’il «se battra jusqu’au bout». Un recours devant le Conseil d’État est en préparation.
Le Livre Rouge