Ces revendications interviennent alors que le CIO est en visite à Lyon jusqu'à mercredi, pour inspecter les différents sites qui accueilleront les épreuves de glace.

Crise de gouvernance, projet jugé "écocidaire" : des associations de protection de l'environnement, des élus écologistes et insoumis appellent "à arrêter" les JO 2030 dans les Alpes, en marge d'une visite cette semaine du Comité international olympique (CIO) à Lyon. "On lance un appel à stopper le projet, ce n'est pas une honte de le faire. L'été au niveau climatique a été très impactant", explique à l'AFP Delphine Larat du Collectif citoyen J.O.P 2030.
"On manque d'eau, on sèche, on crame et on va aller organiser ces JO en allant pomper dans les nappes phréatiques pour créer de la neige artificielle", renchérit le député LFI de Savoie, Jean-François Coulomme. Et il prévient : en cas de victoire de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, "ce projet sera radicalement réévalué" notamment sur les aspects écologique et financier et "on verra si oui ou non on le poursuit".
Un "projet en totale décorrélation"
"Ce projet est en totale décorrélation avec ce que nous vivons aujourd'hui de voir les montagnes s'effondrer, les glaciers fondent. Pourquoi on s'arc-boute ?", s'interroge aussi Pierre Janot au nom du groupe écologiste d'opposition à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, un des principaux organisateurs de ces Jeux avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il regrette aussi "le manque de lisibilité de ce que fait Grégory Doucet", le maire écologiste de Lyon, qui "a viabilisé un projet qui ne l'était pas" en se portant volontaire pour accueillir les épreuves de glace dans sa ville.
Ces épreuves ont été rapatriées en catastrophe à Lyon, après le refus du nouveau maire de Nice, Eric Ciotti (UDR) d'installer une patinoire provisoire dans le stade de foot de la Baie des anges. Et le Comité international olympique est en visite jusqu'à mercredi à Lyon pour inspecter les différents sites possibles pour les accueillir. "Les porteurs des JOP 2030 continuent d'avancer à marche forcée", dénoncent les opposants dans un communiqué signé également par France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes et l'association Mountain Wilderness.
Et la liste de leurs griefs est longue bien que l'opposition ne soit pas massive parmi la population jusqu'à présent : "destruction de la nature et artificialisation des sols, coupes d'arbres en augmentation, pression démesurée sur les ressources en eau, absence totale d'évaluation des impacts et incidences sur les milieux naturels, manquements aux obligations d'information et de participation du public sur l'ensemble du projet".
Albert Londinier