A69 : la ZAD de Saïx des opposants évacuée, Gérald Darmanin dénonce des « violences inouïes »

À l’est de Castres, la situation a commencé à se tendre à la mi-journée, quand plusieurs dizaines de gendarmes mobile en tenue anti-émeutes sont passés à l’action.

Autoroute A69 Castres-Toulouse : baptisée "CremZAD", comment s'est  installée cette zone à défendre durant la manifestation - midilibre.fr

A69 - La situation était tendue autour du chantier d’autoroute A69. Les forces de l’ordre sont intervenues à la mi-journée ce dimanche 22 octobre pour déloger des opposants du lieu-dit de la Crémade, à l’est de Castres, où ils s’organisaient en Zone à défendre (ZAD).

Plusieurs dizaines de gendarmes mobiles en tenue anti-émeutes ont commencé peu avant 13h à encercler un groupe de maisons expropriées près du tracé de la future autoroute, investies la veille par une centaine de militants pour créer une ZAD, à l’image de ce qui avait été organisé contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes près de Nantes.

Les gendarmes mobiles ont ensuite chassé les manifestants du groupe de maisons occupées depuis samedi en fin d’après-midi où ils avaient commencé à se barricader avec des parpaings, pierres, vieux pneus, troncs d’arbre et prévoyaient de tenir une assemblée générale à 13h ce dimanche.

Les forces anti-émeutes ont aussi fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants dans une prairie jouxtant le groupe de maisons, comme on peut le voir dans la vidéo en tête de l’article. Selon la gendarmerie nationale, six membres des forces de l’ordre ont été blessés dans l’après-midi.

« On était en train de manger, on a vu un peu des camions arriver et on s’est dit que l’on allait évacuer les personnes les plus sensibles et très vite, il y a eu des bombes lacrymo qui sont tombées autour de nous », a raconté à l’AFP la militante écologiste Camille Etienne qui se trouvait dans la cour d’une des maisons investies par les manifestants dans le lieu-dit La Crémade.

Deux véhicules blindés, venus en soutien des forces de l’ordre, faisaient face aux manifestants scandant « No macadam, no macadam » et dont certains ont lancé des projectiles.

Messages de fermeté de Darmanin et Beaune

Vers 15H00, la situation semblait se calmer, quelques opposants restant sur place face à des forces de l’ordre plus en retrait. « Les FDO (forces de l’ordre) déploient des barrières devant le lieu pour nous empêcher de rentrer », ont communiqué les organisateurs de la mobilisation, évoquant une trentaine de blessés, « a priori légers » et des interpellations.

« Une nouvelle fois, les forces de l’ordre subissent des violences inouïes et inacceptables alors que, sous l’autorité des magistrats, ils font évacuer un projet de nouvelle ZAD dans le Tarn. Des interpellations sont effectuées », a annoncé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur Twitter.

« Je vais être très simple, très clair, très ferme : il ne peut pas y avoir de ZAD et il n’y aura pas de ZAD sur l’A69 », a déclaré de son côté au même moment le ministre des Transports Clément Beaune, invité de Questions politiques (France Inter, France TV, Le Monde).

« Je ne veux pas un pays où l’on a zéro infrastructure, zéro projet et où, même avec des arguments valables, une minorité imposerait sa loi aux élus et à la majorité élue », a-t-il martelé, se targuant d’avoir lancé une revue inédite des projets autoroutiers dont certains « vont continuer et d’autres seront abandonnés », et dont il donnera le résultat dans quelques semaines.

« La ZAD n’est pas un élément festif et sympathique, c’est une violation des règles élémentaires de la propriété et de l’espace public, donc non ! », a-t-il dit reprochant aux opposants la présence dans la manifestation de samedi de « 2 500 éléments radicaux, cagoulés, violents ».

La Rédaction avec AFP

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 22/10/2023

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