VIDÉO « On perd la guerre » : depuis la prison de Fresnes, Bellamy alerte sur le narco-État français

Ils se sont donné rendez-vous ce mercredi matin, à 6 h 30, devant le centre pénitentiaire de Fresnes, prison hautement sécurisée et renforcée depuis les émeutes de l’été passé, pour apporter leur soutien aux agents pénitentiaires qui ont perdu deux des leurs dans le drame d’Incarville.

Bellamy prison Fresne

François-Xavier Bellamy, député européen (LR-PPE) et chef de file de son mouvement aux élections européennes, et Vincent Jeanbrun, maire (LR) de L’Haÿ-les-Roses et porte-parole du parti, ont posé un diagnostic clair avec les agents qui faisaient grève en ce jour : « nous sommes en train de perdre la guerre contre le trafic de drogue. »

Le choix du lieu de déplacement dans ce contexte est clair pour le candidat et son colistier (qui clôture la liste LR) aux européennes : la prison de Fresnes est l’exemple de l’abandon de l’État et de la Justice dans la protection de ses agents. 2.200 détenus pour 1.600 places. 2.200 heures de travail par an - jusqu’à 40/50 heures supplémentaires par semaine - pour certains agents prêts à partir à la retraite. Des locaux convenables aujourd’hui mais qui voyaient arriver chaque jour des jets de projectiles jusqu’à récemment. Des détenus qui connaissent bien leurs droits et les opposent à leurs geôliers.

En bref, une énorme fatigue et la conscience, aujourd’hui, que « tous les uniformes sont en danger en France », du pompier au policier en passant par l’agent pénitentiaire, souvent chargé d’escorter des détenus. « On sort avec des véhicules siglés "administration pénitentiaire", c’est une cible, qui signifie "on est là". On n'a plus qu’à nous tirer dessus », déplore un agent ESP.

Bellamy et Jeanbrun ont entendu les cris d’alertes des agents : « Il y a des moments, on est pris en filature par des bandes organisées », affirme l’un, « on n’a pas d’armes longues dans les escortes judiciaires, on a juste notre bâton et pistolet », déplore l’autre. Pire : certains qualifient leurs véhicules de « Kangoo de livreurs DHL » face à des voitures allemandes bien plus puissantes, comme les Audi et BMW utilisées par les assaillants d’Incarville. Quand bien même les véhicules seraient plus sécurisés, le directeur de la prison de Fresnes, Jimmy Deliste, craint, lui : « Si on se blinde, c’est au bazooka qu’ils tireront. »

François-Xavier Bellamy a assuré aux agents être « de leur côté », et cela, en proposant toute une batterie de solutions : visioconférences pour les comparutions des prévenus, anonymat des agents, port d’armes longues et de cagoules, vitres et véhicules blindés, plus d’effectifs et plus de formation. Des solutions adéquates et urgentes à mettre en place, selon les agents présents, qui insistent : « Ces services d’État : c’est une honte ! »

Jordan Florentin

Date de dernière mise à jour : 16/05/2024

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