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Déficit public : Agences de notation, JO… Attal et le gouvernement face au casse-tête du calendrier des économies

Gabriel Attal est sur TF1 ce mercredi soir alors que le déficit public qui s’est creusé à 5,5 % du PIB force le gouvernement à réagir, vite.

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C’est la sentence qu’il avait vu venir. L’Insee a confirmé ce mardi 26 mars ce que le gouvernement laissait déjà entendre depuis plusieurs semaines, le déficit public français s’est creusé à 5,5 % du PIB, contre 4,9 % initialement prévu. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a eu beau pointer du doigt une inflation qui a ralenti les recettes fiscales de 21 milliards d’euros, l’exécutif se retrouve en plein procès de mauvaise gestion.

C’est dans ce contexte que Gabriel Attal est attendu ce mercredi au JT du 20h sur TF1 à l’issue d’un séminaire gouvernemental convoqué dans la matinée à Matignon. Le Premier ministre sera sans doute accompagné d’un panier d’annonces et de mesures. Nul doute que ces dernières seront taillées sur mesures pour la période car l’exécutif doit jongler avec un calendrier chausse-trappe qui lui laisse peu de marges.

Les premiers couperets sont attendus le 26 avril et le 31 mai. C’est à ces dates que les agences de notation Moody’s, Fitch et Standard & Poors statueront sur la solvabilité de la dette française. Sans gage de la part de Paris d’ici là, le risque est une dégradation de la note de la France avec une conséquence probable : les emprunts sur les marchés coûteraient alors plus chers, ce qui grèverait encore un peu plus les finances publiques.

Ménager la chèvre politique…

Voilà pour le premier couperet financier. Les deux autres qui attendent le gouvernement sont politique et social. L’exécutif est sommé de réagir par les oppositions. La question des impôts s’est sans surprise retrouvée au cœur des arguments à gauche quand la droite brandit une nécessaire réforme de l’État, avec baisse des allocations et du nombre de fonctionnaires à la clef.

À trois mois des élections européennes, où le RN fait pour le moment la course en tête dans les sondages, Bruno Le Maire martèle qu’il n’est pas question de toucher aux impôts, ni aux retraites, mais ne s’avance guère sur le reste. Quitte à jouer, un peu, la montre.

À la demande de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, un débat budgétaire sera organisé le 29 avril, permettant, aux représentants de tous les groupes de s’exprimer dans l’hémicycle après une prise de parole du gouvernement. D’ici là, pas question de se pencher sur un éventuel budget rectificatif, qui constituerait un aveu d’échec et l’exposerait à un risque sérieux de censure.

Au-delà de l’enjeu politique, le gouvernement ne prendra pas son risque social. Pas alors que les Jeux olympiques de Paris 2024 sont à quelques encablures. Fermer le robinet social et toucher aux fonctionnaires ou aux allocations sociales, comme l’y appelle la droite, ce serait s’exposer à des mouvements sociaux et des grèves juste avant le début, voire pendant la rayonnante séquence sportive.

... Et le chou social

Dans ce souci de « marquer » le coup après l’annonce de l’Insee, sans trop s’exposer, la réforme de l’assurance chômage offrirait une solution à peu de frais pour l’exécutif. Et nul doute que le travail sera au cœur de l’intervention de Gabriel Attal sur TF1. Le gouvernement a lancé la musique il y a plusieurs semaines de cela et le Premier ministre a choisi de consacrer son séminaire à la question du travail.

Réduction des indemnités, du temps d’indemnisation, incitation à la reprise du travail… Des mesures qui entrent en résonance avec le cœur du projet macroniste qui vise le plein-emploi et qui auraient de quoi rassurer à droite. Et en matière de date, ça colle. Les organisations syndicales et patronales qui ont la gestion de l’Unédic sont en négociations jusqu’au 8 avril. Si les arbitrages -dans le cas où ils aboutiraient- ne satisfont pas l’exécutif il aura toute latitude pour reprendre la main.

D’autant que sur la question du chômage, il n’y a pas comme ça a été le cas sur la réforme des retraites, de risques de mobilisations massives. Plus précarisés, les premiers concernés ont moins les moyens de s’organiser. « Un tiers des chômeurs sont sous le seuil de pauvreté, moins de la moitié des chômeurs sont indemnisés », rappelait au HuffPost Michaël Zemmour, économiste à l’université de Lyon II au laboratoire triangle, et chercheur associé au LIEPP.

Ce n’est pas un hasard si Bruno Le Maire a évoqué d’autres « discrètes » pistes sociales, comme le remboursement à 100 % pour les affections longue durée, ou encore les transports sanitaires. Pour l’instant, l’exécutif ne chiffre pas les économies qui s’en dégageraient, lesquelles ne seraient de toute façon pas sonnantes et trébuchantes. Une réforme de l’assurance chômage n’engageant que les nouveaux chômeurs.

Lucie Oriel

 

 

Date de dernière mise à jour : 27/03/2024

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