●●● 31 MARS 1814 : CAMPAGNE DE FRANCE - NAPOLÉON À FONTAINEBLEAU

Le 30 mars 1814, à 10 heures 30 du soir, après une course éperdue à cheval, puis dans un cabriolet d’osier, depuis Troyes, Villeneuve l’Archevêque, Sens où il déjeune, Villeneuve-la-Guyard, Moret, Fontainebleau, Napoléon, accompagné de Caulaincourt, arrive à la Cour de France. Là, dans une maison de postes des Fontaines de Juvisy, vers 23 heures, il apprend de la bouche de Belliard que Paris a capitulé. Napoléon demande à voir aussitôt Berthier. Consterné, il lâche: "Si je fusse arrivé plus tôt, tout était sauvé !" Belliard raconte: "il était très fatigué, il s’assit, se prit la tête dans les mains et resta longtemps dans cette position".

Napoléon écrit à son épouse, dort un court instant, envoie Caulaincourt auprès des Alliés pour tenter de négocier une paix. Mais le Tsar refuse catégoriquement, et affirme respecter l'accord passé avec ses Alliés, bien qu'il ne dise éprouver aucune animosité à l'égard de Napoléon. De Paris, Caulaincourt enverra un courrier pour annoncer que la capitulation est définitive. Le général Flahaut apporte à l’Empereur un message de Marmont annonçant aussi la capitulation. Napoléon décide vers quatre heures de se rendre à Fontainebleau où il pense pouvoir rassembler son armée. Il arrive au château le 31 mars à 6 heures du matin.

Le baron Fain dira: "les roues brûlaient les pavés", et Bourrienne: "après avoir passé une partie de la nuit à Froidmanteau, l’Empereur se dirigea sur Fontainebleau où il arriva à six heures du matin. Il ne fit pas ouvrir les grands appartements, et se campa plutôt qu’il ne se logea dans le petit appartement qu’il affectionnait. Napoléon en arrivant s’enferma dans son cabinet et y resta seul la journée du 31 mars 1814".

L’Empereur s’est débarrassé de sa redingote des de son chapeau. Il s’assoit, semble accablé par les événements récents. Le voilà seul, trahi par tant des siens, effondré, Il prend conscience de la finitude de son règne, mais, malgré tous les obstacles accumulés, ne s’avoue toujours pas vaincu…

●●● Comment Napoléon a tenté de rallier l’islam à la Révolution française

En 1798, Bonaparte lance son expédition en Égypte. Si l’idée initiale est de couper aux Anglais la route de leur colonie indienne, le général espère aussi exporter les idéaux de la toute jeune Révolution française et, pour cela, il va tendre la main à l’islam et à ses représentants.

Le 20 août 1798, au Caire, Napoléon célèbre en grande pompe le mawlid al-nabawi, l’anniversaire de la naissance du prophète Mohammed. © PVDE/Bridgeman Images

À l’évidence, Bonaparte n’a pas découvert l’islam en se réveillant un beau matin sur le sol égyptien. C’est d’abord au travers de l’orientalisme – en vogue en Occident durant le siècle des Lumières – que le futur empereur des Français a eu vent de la religion de « Mahomet ». Des penseurs orientalistes comme Volney ou De Sacy n’ont pas de secret pour lui, sans parler de l’intérêt que porte Bonaparte à Rousseau et à la réflexion de celui-ci sur le prophète « Mahomet » dans son fameux essai Du contrat social.

Une traduction du Coran dans ses bagages

Le général français a aussi lu L’Histoire des Arabes sous le gouvernement des califes, de l’abbé Augier de Marigny, publié en 1750. Et parce que la compréhension du monde arabo-islamique ne va pas sans une bonne connaissance du Coran, Napoléon transporte avec lui en terre égyptienne une traduction du livre saint signée de l’orientaliste Claude-Étienne Savary, à l’époque le plus fin expert français de l’islam. Tout ceci façonne et forge la pensée du conquérant.

Le général, par ailleurs, est un homme de son temps. Difficile, dès lors, de se démarquer d’un siècle que les idées révolutionnaires ont marqué au fer rouge. Comment ne pas être tenté d’associer idéologie politique et religion ? Selon l’historien Henry Laurens, c’est ce que Napoléon va réaliser.

« Bonaparte et ses conseillers orientalistes jugent que l’on ne peut gouverner l’Orient qu’en utilisant l’islam comme arme politique […]. C’est ainsi que Bonaparte, pour pousser les populations égyptiennes à se rallier aux Français, mélange la rhétorique révolutionnaire française et la légitimation islamique des révoltes : il affirme que les Mamelouks ne respectent pas Dieu […] et que les Français sont les vrais musulmans puisqu’ils ont chassé le pape de Rome et détruit l’ordre de Malte », analyse l’historien arabisant.

Pas d’appel au jihad en échange de la préservation des waqf

Bonaparte joue ainsi de la fibre patriotique et du sentiment d’arabité afin de soulever les Égyptiens contre les Turcs, en associant arabité et islam. Mais les Égyptiens de cette fin du XVIIIe siècle ont-ils le sens de la nation arabe ? Rien n’est moins sûr. Le conquérant tente là une synthèse entre Occident et Orient à travers l’apport de la Révolution française, mais l’argument demeure en grande partie inaudible pour les oulémas, muftis, alim, cheikhs et autres dignitaires musulmans. Pourtant, Bonaparte veut à tout prix les convaincre de ses bonnes intentions à l’égard de l’islam. Il va donc aller plus loin.

Ainsi, dès le 2 juillet 1798, à la suite des combats, le général français fait placarder sur les murs des villes des affiches proclamant : « Égyptiens, on vous dira que je viens pour détruire votre religion : c’est un mensonge, ne le croyez pas. » Ensuite, il reçoit une délégation de notables auxquels il assure que son armée respectera intégralement les institutions religieuses. Il s’engage également à garder en l’état les waqf, c’est-à-dire les biens de mainmorte qui permettent de gérer les établissements religieux. En contrepartie, muftis et cheikhs promettent de ne proclamer en aucun cas le jihad ou toute autre action violente contre les Français.

Célébration du mawlid

Par la suite, Napoléon fait strictement respecter les mœurs musulmanes. Lettré égyptien et observateur de son époque, Abdel Rahman el-Gabarti relève que « d’habitude, les Français ne buvaient que pour être gais, et si quelqu’un d’entre eux buvait outre mesure, il ne quittait pas sa maison, car s’il en sortait et s’il commettait des désordres, il était puni ».

Par ailleurs, Bonaparte va s’afficher auprès de la population. Pour gagner le cœur des Égyptiens, c’est en grande pompe, au Caire, qu’il célèbre le mawlid al-nabawi, l’anniversaire de la naissance du Prophète. À cette occasion, les notables lui donnent le nom de « Ali Bonaparte ». Ce qui est un signe d’affection évident

Tous les Égyptiens, pourtant, n’acceptent pas si facilement la présence française. En octobre 1798, les Cairotes se soulèvent. La répression est féroce, et les symboles ne sont pas épargnés. La mosquée d’Al-Azhar – la plus haute référence de l’islam sunnite, là-même où Bonaparte avait célébré au milieu des oulémas psalmodiant les versets du Coran, la naissance du Prophète – est profanée. Elle devient par la suite un haut lieu de la résistance aux Français.

Correspondance avec Ghaleb Ibn Musaid, gardien des haramayn

De son côté, le général français comprend que son rêve d’une République islamique tombe à l’eau. Il change de tactique. « Quand il devint évident pour Bonaparte que sa force était insuffisante pour s’imposer d’elle-même aux Égyptiens, il essaya de faire interpréter le Coran en faveur de la Grande Armée par les imams, cadis, muftis et oulémas locaux. Dans ce but, les soixante oulémas qui enseignaient à Al-Azhar furent invités à son quartier général, tous les honneurs militaires leur furent rendus, puis il leur fut permis d’être flattés par l’admiration de Bonaparte pour l’islam et Mahomet, par son évidente vénération pour le Coran, qu’il paraissait connaître familièrement », explique le penseur palestino-américain Edward W. Said dans son célèbre ouvrage L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident. En vain.

La politique musulmane de Bonaparte ne se limite d’ailleurs pas à l’Égypte, quand bien même celle-ci est dominante. Le général français implique également le Hedjaz dans sa stratégie politique, et ce dès l’entame de l’expédition. Une fois au Caire, il correspond avec le grand chérif Ghaleb Ibn Musaid, le gardien des haramayn, Médine et La Mecque, les deux lieux saints de l’islam. Il va par tous les moyens tenter « d’affirmer l’autorité religieuse indépendante du chérif de La Mecque et d’essayer de l’élever en contre-pouvoir du calife de Constantinople », note Henry Laurens.

Alliance avec les wahhabites contre la Sublime Porte

Le Français va même chercher l’alliance des wahhabites : en 1803, il charge l’orientaliste Louis Alexandre Olivier de Corancez d’entrer en contact avec le chef des Ibn Saoud, le chérif Saoud Ibn Abdelaziz. Une façon pour lui d’affaiblir la Sublime Porte en attisant l’islam arabe contre l’islam turque.

En cela, le général français est en avance sur son temps puisque cette scission entre les deux islams s’inscrira dans les luttes indépendantistes du XXe siècle. Et parce qu’il reste un homme d’action, il lance dès 1799 une campagne en direction du bilad al-sham (la Syrie historique et la Palestine), toujours dans le but de soulever les Arabes contre la présence ottomane qui dure depuis le XVIe siècle. Ce sera toutefois un échec.

Le rêve d’instaurer un islam républicain en Égypte ne sera pas non plus en vrai succès. À partir d’Al-Azhar va se structurer une résistance aux Français, et la contre-propagande turque va porter ses fruits auprès de la population, qui finira par ne voir dans les Français que des envahisseurs chrétiens, ennemis de l’islam.

« Un Mahomet d’Occident », dixit Victor Hugo

En août 1799, Bonaparte, que les nouvelles venues de France inquiète de plus en plus, quitte l’Égypte hâtivement et transmet le commandement à Kléber. Cela ne marque toutefois pas la fin de la relation du futur empereur avec l’islam. Goethe et Victor Hugo voient juste quand ils baptisent respectivement Bonaparte « der Mahomet der Welt » et « un Mahomet d’Occident », tellement l’émerveillement de l’officier français est grand pour le prophète d’Allah.

Conquérant lui-même, Bonaparte voit dans le Prophète un meneur d’hommes qui a su constituer un empire. Quant à son intérêt pour l’islam, il mêle une vraie sincérité et sans doute une dose d’opportunisme. Ne déclarait-il pas devant le Conseil d’État, le 1er août 1800 : « C’est en me faisant catholique que j’ai gagné la guerre en Vendée, en me faisant musulman que je me suis établi en Égypte, en me faisant ultramontain que j’ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais un peuple juif, je rétablirais le Temple de Salomon. »

Farid Bahri

●●● Naissance de Charles Léon Bonaparte

13 décembre 1806

Fils illégitime de l'empereur Napoléon Ier et de sa maîtresse Eleonore Denuelle de la Plaigne, il naît à Paris et meurt en 1881 à Pontoise. Il aura une carrière de chef de bataillon dans la garde nationale de 1830 à1832 et sera fait comte d'Empire. Il est à noter que c'est l'empereur qui à choisi de l'appeler Léon, en effet, sa mère voulait l'appeler Napoléon mais l'empereur voulant fonder une dynastie légitime refusa que cet enfant bâtard porte le même prénom. Il sera d'ailleurs surnommé le " bâtard infernal " par rapport à ses revendications, notamment sur le droit de porter son nom, qu'il présentait à répétition. Napoléon III fera d'ailleurs en sorte de l'éloigner de Paris.

La mère de Charles est issue d'un couple assez aisé. Son père était maître des eaux et forêts et bénéficiait d'un privilège royal étant l'un des douze fournisseurs de vin du roi. Sa mère quand à elle est la fille d'un maître d'hôtel de l'ambassadeur du roi de Naples.

Napoléon et Eléonore auraient commencés leur aventure en février 1806 et se sont connus par l'intermédiaire de Caroline Murat, sœur de Napoléon et femme du maréchal d'Empire Joachim Murat. En effet, Elonore habitait le pavillon du parc du château de Neuilly, résidence des Murat. A cette époque, Eléonore est mariée à monsieur Revel et le divorce sera prononcé un mois plus tard après la rencontre avec l'empereur.

Napoléon ne légitimera pas son aventure mais dotera Eleonore et fera en sorte de la remarier ce qui sera chose faite en 1808 avec Pierre-Philippe Augier de la Sauzaye, lieutenant au 15° régiment d'infanterie de ligne, qui mourut lors de la campagne de Russie en 1812 après le passage de la Bérézina.

Le comte Léon eut une vie tumultueuse avec plusieurs fugues et des mises sous tutelles. Dépensier et adepte du jeu, il ira en prison en 1838 pour dettes. Grand habitué des duels, il causa de grands tourments à sa mère assignant celle-ci en justice pour récupérer une partie de sa fortune. Ces dettes furent épongées par son cousin Napoléon III lorsque celui-ci devint empereur.

Charles Léon se maria à une couturière de qui il eût 4 enfants qui ont une descendance encore présente aujourd'hui.

Article écrit grâce aux sources suivantes:

Livre :

" Napoléon en 1000 dates " aux éditions Atlas

●●● 18 MARS 1805: ÉLISA REÇOIT LA PRINCIPAUTÉ DE PIOMBINO

Élisa, de son vrai prénom Maria-Anna, quatrième enfant vivant de Charles et Letizia Bonaparte, aînée des sœurs de Napoléon 1er, est née à Ajaccio en 1777. Marboeuf, gouverneur de la Corse, ami de la famille, lui fait obtenir une bourse pour intégrer la prestigieuse école de jeunes filles nobles, la maison royale de Saint-Cyr, fondée en 1686, par madame de Maintenon. Elle y séjourne de 1784 à 1792, et, l’établissement devant fermer par décret du 16 août 1792, le quitte, à l’âge de quinze ans.

Napoléon la ramène alors à Ajaccio. Mais la Corse est divisée, les Paolistes ont la dent dure contre Letizia Bonaparte, qui est veuve depuis sept ans. Elle est obligée, avec ses enfants, de se réfugier sur le continent, près de Toulon, et à Marseille, où la famille vit dans une pauvreté extrême, aidée seulement par la solde de Napoléon.

En 1797, Napoléon est général en chef de l’Arm&