Mettre de la neige au frais pendant l'été: la solution des stations de ski contre le changement climatique

Alors que la saison de sports d'hiver battait son plein en février, de nombreuses stations ont été contraintes de fermer leurs pistes, faute de neige suffisante. Un situation qui devrait se généraliser voire s'aggraver: selon une étude de 2023, 98% des stations de ski européennes manqueront de neige d'ici à 2100 si la température moyenne à la surface de la Terre augmente de 4°C.

D'après la BBC, des douzaines de stations de ski ont commencé le «snowfarming» (ou culture de neige), dont la saison commence avec l'arrivée du printemps, pour contrer cela. Cette pratique consiste à faire des monts de neige de plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes, ensuite recouverts de couvertures de polystyrène afin de les préserver pendant l'été en prévision de la saison prochaine.

En 2100, près de 91% des stations de ski européennes pourraient manquer de quantités suffisantes de neige pour fonctionner. | Quenten Janssen <a href="https://unsplash.com/fr/photos/remontees-mecaniques-sur-la-montagne-W_z4awYQgO4" rel="nofollow">via Unsplash</a>

De plus en plus répandue, la méthode est particulièrement appréciée des stations à basse altitude, les plus touchées par le réchauffement climatique. Moins cher que l'utilisation de neige artificielle, le snowfarming permet ainsi de limiter la baisse du tourisme et ses conséquences sur l'économie locale.

Une tradition modernisée

Solution à un problème moderne, le snowfarming existe depuis plusieurs siècles: la neige était alors gardée dans des conduits souterrains afin de préserver les aliments pendant l'été. Pour ouvrir dès l'automne, les stations de ski ont ensuite innové avec le snowfarming en couvrant la neige de matériaux organiques (paille, sciure, etc.) –un moyen d'en conserver entre 75% et 85%.

Depuis, les techniques ont évolué. L'utilisation de couvertures de polystyrène dédiées, faisant entre 50 et 70 millimètres d'épaisseur, permet de préserver jusqu'à 90% de la neige. La quantité reste inférieure à celle qu'il faudrait pour couvrir une station entière, mais assure au moins l'ouverture des pistes principales.

Pour certains experts, le recours de plus en plus important à la technologie pour garantir le bon fonctionnement des stations souligne en réalité une faille du secteur: sa dépendance sur une saison sportive débutant en octobre, malgré l'absence croissante de neige automnale. D'autant plus que le snowfarming serait deux à trois fois plus polluant que la production artificielle, puisqu'il faut répartir la neige sur les pistes avec des dameuses fonctionnant souvent au diesel –augmentant ainsi une empreinte carbone sectorielle déjà gargantuesque.

Clara Boulman

 

 

Date de dernière mise à jour : 13/04/2024

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