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Dans le Sud-Ouest, les cas de « Covid de la vache » explosent dans les élevages

La maladie hémorragique épizootique (MHE), surnommée le « Covid de la vache » se transmet via des moucherons piqueurs. Alors que la France comptait 19 foyers en octobre, on dénombre désormais plus 3 000 foyers au mois de février. Un nouveau virus s’étend considérablement en France.

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Un nouveau virus s’étend considérablement en France. La maladie hémorragique épizootique, aussi connue sous l’abréviation MHE ou le raccourci « Covid de la vache », gagne du terrain dans les élevages du Sud-ouest. Cette maladie a été déclarée pour la première fois en France en septembre dernier.

En octobre, le ministère de l’agriculture ne dénombrait que 19 foyers du virus, dans deux départements. Mais selon son dernier rapport, rendu le 9 février, la France compte désormais 3 853 foyers, étendus dans une vingtaine de départements. « Les soins mis en œuvre permettent dans la quasi-totalité des cas une guérison des animaux malades en quelques jours », précise cependant le ministère. Voici ce que l’on sait de ce virus.

Quels sont les symptômes de la MHE ?

La MHE affecte principalement les cervidés et les bovins. Elle provoque donc amaigrissement, lésions buccales, difficultés respiratoires, boiterie. Les animaux contaminés peuvent aussi présenter des signes de fièvre.

Chez les cervidés, cette maladie peut déclencher un syndrome hémorragique, c’est-à-dire des saignements internes importants, d’où son nom. Chez les bovins, elle n’est mortelle que dans moins de 1 % des cas.

Cette maladie, qui n’est pas transmissible à l’homme, contamine les animaux via des moucherons piqueurs, du genre des culicoïdes. Ce sont ces mêmes moucherons qui étaient par exemple à l’origine de la propagation de la fièvre catarrhale ovine (FCO).

D’où vient cette maladie ?

La MHE a été identifiée pour la première fois aux États-Unis en 1955. En Europe, elle circule depuis 2022 en Italie, au Portugal, en Espagne. Et elle est désormais remontée jusqu’en France, ou elle a été détectée pour la première fois en septembre 2023.

« On ne peut pas ignorer le lien entre le réchauffement climatique et la diffusion de ces maladies vectorielles, qui nécessitent certaines conditions climatiques », estime auprès de l’AFP Stéphan Zientara, directeur du laboratoire de santé animale de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). « Il y a trente ans, quand j’étais étudiant, ces virus étaient connus, mais l’Europe en était complètement indemne, poursuit le vétérinaire et virologue. Aujourd’hui, ils sont bien présents sur le continent et on voit leur aire de répartition remonter vers le nord », a-t-il ajouté.

De son côté, la climatologue Valérie Masson Delmotte, membre du GIEC, renchérit. La propagation de cette maladie « est une conséquence directe du changement climatique, qui permet aux moucherons vecteurs de la maladie de survivre à nos latitudes », écrit-elle sur Twitter.

Quels sont les élevages concernés ?

La France compte actuellement 3 853 foyers de MHE, selon le ministère de l’Agriculture. Ils sont situés dans les élevages bovins de vingt départements : Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Gers, Landes, Ariège, Aude, Tarn, Lot-et-Garonne, Gironde, Tarn-et-Garonne, Dordogne, Corrèze, Vendée, Deux-Sèvres, Loire-Atlantique, Lot, Haute-Vienne, Morbihan et Pyrénées-Orientales.

« Une étude est engagée dans des élevages infectés pour consolider les données de mortalité et de morbidité », précise le ministère, qui ne livre pas encore de données chiffrées à ce sujet. Par ailleurs, près de 5 000 communes ont été placées en zone réglementée, comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessous. Cela implique entre autres une désinsectisation du camion et du bétail lorsqu’il rentre d’estive ou est envoyé à l’abattoir.

Comment soigner les bovins contaminés ?

Il n’y a pas à ce jour de vaccin contre la MHE, ni de traitement concernant la forme arrivée en France. « Les vaccins utilisés au Japon ou aux États-Unis ont été développés contre d’autres sérotypes et ne seront pas efficaces », précise l’Anses. « Le traitement des animaux est symptomatique c’est-à-dire qu’il vise à les aider à supporter la maladie et guérir », indique donc le ministère de l’agriculture.

Le gouvernement cherche à limiter les contaminations avec un protocole mis en place depuis le 1er octobre. Pour tout élevage contaminé, un périmètre de sécurité d’un rayon de 150 kilomètres est déployé. Pour certains exports à l’étranger, les animaux doivent faire « l’objet au préalable d’un test de dépistage en laboratoire attestant l’absence de contamination, en complément de la désinsectisation déjà prévue », indique le ministère de l’Agriculture.

En effet, le seul moyen de savoir si un animal est contaminé à la MHE est d’effectuer un test PCR. Problème : celui-ci demande un temps d’analyse particulièrement long. « Un animal contaminé peut déclarer la maladie sous dix jours et une fois que les prélèvements sont faits, il faut attendre dix jours avant d’avoir les résultats des analyses auprès du laboratoire », indique ainsi Cédric Abadia, le vice-président de la chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées auprès de France Bleu Béarn.

La Rédaction

 

Date de dernière mise à jour : 16/02/2024

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