Créer un site internet

Le point de la situation sur le conflit israélo-palestinien

Il est difficile d’évoquer le conflit opposant Israël aux Palestiniens sans susciter de vives tensions. Cela est d’autant plus dur que lorsque nous nous positionnons avec neutralité, d’aucuns disent que nous refusons de défendre la cause qui leur semble être la plus juste.

Ainsi, certaines personnes s’attachent de manière inconditionnelle à défendre un camp en se conformant à une logique binaire qui confine parfois à la caricature martiale

Nous assistons aujourd’hui à de tristes débats d’opinions au cours desquels certains participants s’égosillent grossièrement à démontrer qu’un massacre est moins sale qu’un autre ! Monde ubuesque où l’impudicité règne en maître : des imbéciles chercheront ainsi à vous persuader que l’image d’une femme enceinte, partiellement brûlée, agonisant lentement sous les décombres d’un bombardement, le ventre percé par une barre métallique, doit être moins horrible qu’une femme enceinte éventrée par un terroriste !

Dans une guerre, l’horreur n’a pas de frontières, et toute prise de position qui tend à justifier ou excuser des exactions sur des cibles non militaires n’est tout simplement pas seulement injustifiable, mais immonde !

Vit-on à ce point dans un monde si chaotique, qu’il ne permet aucun recours envisageable aux fondements du droit international ? Le Droit international humanitaire (DIH), également appelé « droit de la guerre », ne protège-t-il pas les civils, les blessés, les malades, les prisonniers de guerre, les internés, les naufragés, ainsi que le personnel soignant et les aumôniers ?  Le droit à la vie tout court n’est-il pas suffisant pour arrêter un massacre en direct d’une population livrée à elle-même et dénuée de tout moyen de secours externe ?

Conflit israélo-palestinien : Israël frappe Gaza après des tirs de roquettes

En vingt ans de carrière de gendarme, j’ai vu la mort à plusieurs reprises, j’ai vu des mères endeuillées et des parents affligés auxquels j’ai dû annoncer le décès de leur enfant, et j’ai vu, parfois, des gens succomber à leurs blessures devant moi, sous mes yeux.

Comment peut-on oser parler de personnes trépassées de la pire des manières, sous les décombres, a fortiori des innocentes, comme si elles ne représentent que des abstractions, des silhouettes, sous-entendant cyniquement de surcroît que ce qu’il leur arrive est bien mérité ? Il m’est aussi insoutenable de voir la vidéo d’une famille juive terrorisée et d’une famille musulmane vivant la même horreur !

Nos dirigeants ont, d’emblée, fait le choix de prendre délibérément parti dans ce conflit en soutenant aveuglément Israël, l’autorisant même à user et abuser de son « droit de se défendre » dans un rapport de force disproportionné, où les victimes civiles « collatérales » de l’autre camp comptent pour de la chair à « bombes ».

Le conflit israélo-palestinien cristallise dangereusement les positions de chacun. Pire, il participe de façon inquiétante à la division nationale et au réveil des antagonismes somnolents.

Ceci est la conséquence inéluctable et historique de l’importation politique des tensions inter-communautaires opposant les juifs et les musulmans sur notre territoire, se traduisant, au fil des années, par un enjeu politico-électoral sordide qui a mis aux prises les musulmans et les catholiques.

Les répercussions de ce conflit, dont les origines remontent à fort longtemps, auraient assurément été pour la France totalement différentes sous le général de Gaule. À preuve, sa conférence de presse du 27 novembre 1967, au lendemain de la guerre des Six Jours où, outre le fait d’avoir cité et critiqué le sionisme, il nous a laissé sa célèbre phrase qui n’a subi, depuis, aucune ride : « Peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ! »

Et si, dès la fin des années 70 en France, la problématique de l’immigration avait été présentée par la droite et l’extrême droite comme centrale aux dysfonctionnements sociétaux, aujourd’hui il y aurait eu un glissement sémantique manifeste.

L’immigration est donc passée au second plan. Elle se normalise davantage, parce qu’elle devient implacablement submersive. La nouvelle problématique, érigée en spectacle politico-médiatique, devient depuis lors l’islam radical. À une nouvelle ère, une nouvelle sémantique.

Médiatiquement effrayés par une certaine faction de la droite et le discours islamo-centré laissant perpétuellement planer le spectre de l’islamisation radicale forcée de notre société, nous sommes en droit de penser que nos dirigeants sont devenus schizophrènes lorsque nous les regardons se conformer, avec zèle, aux directives européennes qui, sous de fallacieux arguments comme le repeuplement de nos campagnes désertées, les obligent à accueillir avec une absolue bienveillance des flux migratoires erratiques et incontrôlés…

Ces mêmes responsables politiques s’apitoient ensuite sur les méfaits d’un terrorisme islamiste qui n’est que l’exhalaison de la géopolitique de déstabilisation du Moyen-Orient, impulsée, au début des années 90, par les Américains sous les Bush, Brzeziński et consorts. Terrorisme qu’ils ont parfois eux-mêmes soutenu par le financement de pays à domination wahhabite, tels que le Qatar ou l’Arabie saoudite, ou provoqué, comme le cas de la Libye, devenue aujourd’hui une passoire névralgique du trafic de migrants ! Ce double langage de nos « élites » relève incontestablement d’un cynisme effronté !

Selon l’INSEE, la population musulmane représente 10 % de la population française (dont la majorité est sunnite), contre 38 % pour les chrétiens (composés à 29 % de catholiques et à hauteur de 9 % de protestants et d’orthodoxes) et moins de 1 % pour les juifs. Si, avec près de 600 000 personnes, la communauté juive de France est la plus importante d’Europe, elle n’en reste pas moins significativement sous-représentée en valeur absolue si nous la comparons avec les deux autres religions monothéistes (600 000 contre plus de 32 millions, chrétiens et musulmans confondus, ou 600 000 sur 68 millions de Français). Même si le nombre de personnes sans aucune religion ou des athées reste plus difficile à évaluer, il avoisinerait environ les 50 % des Français, d’après les études.

Ces chiffres, rappelons-le, ne sont qu’une photographie de notre population à un instant « t ». En revanche, ils ont vocation à expliquer dans quelle mesure une grande majorité des Français n’est pas encline à revendiquer une position unilatérale abondant dans le sens d’Israël. Bien qu’il n’existe pas de statistiques officielles sur les accointances politiques des athées de France, nous pouvons également estimer qu’une partie non négligeable d’entre eux dispose d’une culture politique plutôt de gauche ou d’extrême gauche. Une culture politique qui, pour d’autres motifs que ceux invoqués par les musulmans ou les catholiques, n’est pas d’accord avec le choix israélien de mener une politique de territorialité arbitraire envers les Palestiniens. L’universalisme de gauche milite traditionnellement pour des politiques d’intégrations humaines et d’ouverture des frontières. Quant aux catholiques, peu d’entre eux adhèrent à la chimère du judéo-christianisme, considérant non seulement – au même titre que les juifs d’ailleurs – la chrétienté comme un schisme à part entière, mais aussi les racines de l’histoire de la construction culturelle de la France comme remontant concrètement aux helléno-chrétiens.

Ceci étant dit, nous avons ici une explication à fournir à Mme Sarah Saldmann lorsqu’elle s’étonnait du peu de « go… » (elle s’est censurée avant de prononcer l’intégralité du mot « goy ») présents à la manifestation du 9 octobre organisée en soutien à Israël. Le terme « goy » lâché ici « face caméras » étant, bien entendu, un mot en tout point compatible avec le vocable « égalité et fraternité » qui pavoise les bâtiments de nos mairies, de même qu’il est parfaitement en phase avec la politique actuelle de laïcité imposée par le gouvernement (je précise que c’est ironique, au cas où…).

Les statistiques précitées peuvent aussi partiellement expliquer pourquoi, malgré les interdictions légales formulées par le pouvoir, les manifestations de soutien à la Palestine ont connu un tel succès en nombre et en région. Enfin, ces statistiques nous montrent qu’il existe un écart inversement proportionnel entre la réalité du terrain et la représentativité de la sphère politico-médiatique qui prend parti, de manière quasi unilatérale, pour les intérêts d’Israël. Même quand le ministre de la Défense israélien, Yoav Gallant, a traité les « Palestiniens d’animaux humains », les médias ont fait mine de ne rien entendre ! Si Poutine, par exemple, avait qualifié de la sorte les Ukrainiens, il aurait été jeté en pâture et voué aux gémonies par les chantres de l’humanisme de nos médias !

Il semble évident dans ces circonstances que la prise de position en faveur d’Israël revendiquée à cor et à cri par le gouvernement français soit, pour le moins, délicate à tenir. Le peuple français, fort de son ancrage historique, a fait montre de lucidité, comparé à la clique de ses dirigeants, et n’a pas hésité, avant tout, à condamner toutes formes de violences issues d’un conflit, dont la complexité dépasse l’entendement.

Nous nous attarderons un peu plus loin dans cette analyse sur cette faction politico-médiatique qui s’acharne à vouloir importer ce conflit sur notre territoire.

Conscients de cette ambivalence régnante, nos dirigeants ont défini une stratégie d’intimidation consistant à inquiéter les gens dont le point de vue est aux antipodes du leur et, forcément, non pro-Israéliens. À ce titre, le joueur de foot, Karim Benzema, ou la députée Danièle Obono ont payé le prix de leur liberté d’opinion et ont vite été jetés au cœur d’une polémique médiatico-judiciaire. 

Le Hamas est une entité classée comme terroriste par une trentaine de pays à l’échelle du monde, quasi exclusivement occidentaux, dont la France. En revanche, la Chine, la Russie, la Norvège, le Brésil et aucun des pays arabo-musulmans ne le considèrent comme un groupe terroriste. Du point de vue exclusivement international, il est donc complexe d’établir un consensus autour de la nature terroriste du Hamas. En dehors de cette nature, qui ne fait pas l’unanimité internationale, force est de constater que le Hamas exerce aussi une activité politique en parallèle de ses recours à la force armée. En 2006, son programme électoral dénommé « Bloc pour le changement » traduisait une inflexion manifeste en rupture avec sa Charte de 1988, puisqu’il réorientait son projet vers la construction d’une société civile en lieu et place de son objectif initial, qui était la construction d’un État islamique. Il s’engage aux élections sous la dénomination « de la réforme et du changement » sans évoquer la notion de résistance, dont le mot « Hamas » est en partie l’acronyme. 

Si l’on s’en tient à la définition légaliste du terrorisme, il s’agit d’une manière d’opérer reposant sur l’emploi de la terreur à des fins idéologiques, politiques ou religieuses. Aussi, l’attaque commise le 07 octobre est-elle par définition terroriste au yeux du droit international : au delà de la nature de l’acte, cela s’explique par le fait que le Hamas ne soit pas internationalement reconnu comme une armée régulière, qu’il y ait une absence d’objectifs concrets en dehors de celui de rechercher à créer un impact majeur en matière de communication et de revendication, et que, en dehors des militaires tués ou pris en otages, des civils aient été délibérément pris pour cibles et tués.

Mais l’acter, c’est en même temps s’interroger sur le « pourquoi ? » En effet, une telle attaque, de par sa nature terroriste, de par la physionomie de ses victimes (quelques militaires, des « soft targets », des civils, femmes et enfants), était un suicide couru à l’avance qui ne pouvait se solder en retour que par le massacre du peuple palestinien, suivant la politique du « chien fou », telle qu’elle fut autrefois décrite par Moshe Dayan.[ Aussi faudra-t-il que les instances internationales enquêtent un jour sur les défaillances suspectes du Shabak, de l’AMAN (Agaf Ha-Modi’in) et du Mossad pour éclaircir des points encore restés obscurs, car l’hypothèse d’un « false flag » doit toujours être intégrée dans le champ des possibles quand on analyse une exaction.

Une chose est sûre, il existe au sein de la population palestinienne un ras-le-bol terrible qui fait réaction à la terreur et à l’oppression constante de l’État hébreu. Les palestiniens se sentent dupés et trahis par le Fatah qui « attend Godot », depuis les accords d’Oslo et avant, amer ressentiment auquel s’ajoute la frustration d’une « cause palestinienne » délaissée par le monde car noyée dans le printemps arabe (œuvre des Occidentaux), des conflits épars et de la guerre en Ukraine.

Le choix tactique entrepris par Israël de bombarder aveuglément et incessamment les 365 km2 de la bande de Gaza en représailles est cohérent avec la politique de sionisme révisionniste mise en œuvre par le Benjamin Netanyahou et son gouvernement. Le sionisme révisionniste est un mouvement fondé en 1925 par Vladimir Jabotinsky en réaction à la politique conciliante de Chaim Weizmann. Il prône la création d’un État juif sur les deux rives du Jourdain, et revendique une politique d’extrême droite nationaliste dure à l’égard des Arabes palestiniens. C’est du parti révisionniste que naît l’Organisation clandestine (également terroriste) dénommée Irgoun Zvaï Leoumi (Organisation militaire nationale) qui pratique un terrorisme anti-arabe et anti-britannique sur le territoire palestinien dès 1939.

L’Irgoun constitue par ailleurs la branche armée sur les fondements de laquelle s’est créé le Tsahal. Le père de Benjamin Netanyahou, Bension Netanyahou, était le secrétaire du fondateur du parti sioniste révisionniste, Vladimir Jabotinsky. On comprend alors mieux pourquoi Benjamin Netanyahou avait déclaré, en 2015, qu’Hitler ne voulait pas exterminer les juifs, mais que c’était les Arabes qui l’y avaient incité. 

Benjamin Netanyahou est un personnage très controversé en Israël, mais également sur la scène internationale. Si les tirs réguliers de roquettes du Hamas qui mettent en péril la population civile israélienne sont condamnables, les exactions commises ces dernières années par le gouvernement israélien le sont tout autant, sinon plus, vu la disproportionnalité dans les rapports de force.

En 2021, les tensions pilotées par le Hamas, et consécutives aux décisions rendues par la justice israélienne, favorable à l’annexion et à l’expulsion de familles palestiniennes à Jérusalem-Est (la partie orientale de la ville est occupée de façon illégale par les Israéliens au regard du droit international), se voient réprimées par le Tsahal