L'adieu à Robert Badinter

Robert Badinter est mort ce vendredi 9 février 2024. Brillant avocat aux multiples spécialités, garde des Sceaux  pendant cinq ans, président du Conseil constitutionnel pendant neuf ans et sénateur des Hauts-de-Seine pendant seize ans, il sera toujours d’abord celui qui a obtenu l’abolition de la peine de mort en France, il y a 43 ans. Son discours à l'Assemblée nationale, le 17 septembre 1981, est entré dans l'Histoire .

Robert Badinter est décédé à l'âge de 95 ansEn cinq ans au ministère de la Justice, Robert Badinter supprime le délit d’homosexualité, annule la loi anticasseurs votée à la suite de Mai 68 et élimine la cour de Sûreté de l’État. Cette institution, créée en 1963 dans le contexte des attentats perpétrés par l’OAS, permettrait à l’exécutif de juger les personnes accusées de porter atteinte à l’État . En 1986, le président François Mitterrand lui confie la présidence du Conseil constitutionnel. Pendant ces années, il s’intéresse beaucoup à l’Europe de l’Est post-communiste et continue son combat contre la peine de mort dans le monde . À l’âge de 67 ans, il n’est pas encore prêt à prendre sa retraite et termine sa carrière comme sénateur (PS), entre 1995 et 2011

La peine de mort : abolie il y a 43 ans en France

« Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. […] Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées » : il y a quarante-trois ans, le 17 septembre 1981, Robert Badinter, garde des Sceaux, conclut devant les députés son vibrant plaidoyer en faveur de l’abolition de la peine de mort. Le combat de sa vie mêle ce jour-là le talent oratoire et les convictions profondes de l’avocat à la volonté politique du ministre. Le lendemain, le projet de loi est adopté à l’Assemblée nationale, par 363 voix contre 117. Le 9 octobre, François Mitterrand, président de la République, promulgue la loi portant abolition de la peine de mort. En trois semaines est mis fin à une controverse aussi récurrente que violente depuis plus de deux cents ans.

Faire sa loi : la justice dans le monde

La justice est d’abord un concept philosophique et universel qui implique le respect des droits d’autrui. En pratique, il est bien question de droit : la justice est aussi la fonction de l’État qui consiste à trancher les litiges entre individus, en se fondant sur les lois d’une société. La justice est donc propre à chaque État. Le monde, cependant, se divise principalement en deux grandes traditions juridiques : la common law et le droit civil (dit romano-civiliste).

La principale différence entre ces deux systèmes repose sur la source principale du droit : le droit civil s’appuie sur le droit codifié par des textes, alors que la common law considère les décisions judiciaires comme la source la plus importante de la loi – les règles sont principalement dictées par les tribunaux, puisque les juges s’appuient sur les décisions individuelles antérieures.

 

Date de dernière mise à jour : 10/02/2024

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